đź”´ Durant le Shabbat, un vĂ©hicule transportant une arme longue a Ă©tĂ© dĂ©couvert près d’une synagogue en France

C’est un samedi soir de Shabbat qui a virĂ© Ă  l’alerte maximale dans le Val-d’Oise. Vers 21h30, un vĂ©hicule stationnĂ© rue Henri-Dunant, Ă  Sarcelles, attire l’attention des services de renseignement. La voiture avait Ă©tĂ© signalĂ©e en amont par la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, qui redoutait qu’elle puisse servir Ă  une action violente contre la communautĂ© juive de la ville, l’une des plus importantes de France. Le vĂ©hicule se trouvait Ă  proximitĂ© de la grande synagogue de Sarcelles, sans pour autant en ĂŞtre immĂ©diatement voisin, comme l’a prĂ©cisĂ© dimanche le ministre de l’IntĂ©rieur Laurent Nuñez.

L’endroit n’a rien d’anodin : c’est un secteur très frĂ©quentĂ© de la ville, Ă  quelques pas d’un cinĂ©ma et de plusieurs restaurants. Les forces de l’ordre Ă©tablissent aussitĂ´t un pĂ©rimètre de sĂ©curitĂ©. En dĂ©but de soirĂ©e, cinĂ©ma et restaurants sont vidĂ©s de leurs occupants. Au total, environ 300 personnes sont mises Ă  l’abri, le temps que la situation soit clarifiĂ©e.

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Une arme de guerre dans le coffre, aucun explosif

Les dĂ©mineurs sont dĂ©pĂŞchĂ©s sur place pour lever le doute sur un Ă©ventuel engin explosif. Il faudra attendre les alentours de minuit pour que l’opĂ©ration s’achève. Verdict : aucun explosif n’est retrouvĂ© dans le vĂ©hicule. En revanche, le coffre recèle deux armes bien rĂ©elles. Un fusil, dĂ©crit comme une arme de guerre par le ministre de l’IntĂ©rieur, approvisionnĂ© de sept cartouches, ainsi qu’une arme de poing chargĂ©e de dix munitions. Le vĂ©hicule lui-mĂŞme s’avère volĂ©, une information confirmĂ©e par une source policière.

InterrogĂ© dimanche sur BFMTV, Laurent Nuñez a confirmĂ© suivre cette affaire depuis la veille au soir. « Un vĂ©hicule a Ă©tĂ© identifiĂ© Ă  proximitĂ© de la synagogue de Sarcelles. Une enquĂŞte judiciaire est ouverte. Il y avait une arme longue, de guerre, dans la voiture », a-t-il dĂ©clarĂ©. Le ministre s’est toutefois montrĂ© prudent sur les intentions rĂ©elles derrière cette dĂ©couverte. « Nous ne connaissons pas encore les motifs », a-t-il ajoutĂ©, prĂ©cisant que les personnes liĂ©es au vĂ©hicule ne sont pas encore identifiĂ©es. Selon lui, rien ne permet Ă  ce stade de qualifier cette affaire de terroriste, mĂŞme si les investigations judiciaires devront trancher. Un suspect aurait nĂ©anmoins Ă©tĂ© identifiĂ© et retrouvĂ© Ă  proximitĂ© des lieux, selon les Ă©lĂ©ments communiquĂ©s par le ministre.

Une enquĂŞte qui s’annonce sensible

SollicitĂ© par les journalistes, le parquet national antiterroriste n’avait pas indiquĂ©, au moment des premières rĂ©vĂ©lations, s’il comptait se saisir du dossier. L’enquĂŞte judiciaire ouverte après la dĂ©couverte des armes se poursuit ce dimanche, sans qu’aucune interpellation formelle n’ait Ă©tĂ© officiellement annoncĂ©e dans l’immĂ©diat.

Le ministre de l’IntĂ©rieur en a profitĂ© pour resituer cette affaire dans un contexte plus large. Il a rappelĂ© que trois attaques avaient Ă©tĂ© dĂ©jouĂ©es en France depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, citant notamment l’agression au couteau d’un gendarme survenue en fĂ©vrier sous l’Arc de Triomphe, lors de la cĂ©rĂ©monie du ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu. Une manière, pour Laurent Nuñez, de souligner que la vigilance des services de renseignement reste Ă  son plus haut niveau face Ă  des menaces qui continuent de peser sur le territoire.

Pour les habitants de Sarcelles, la scène a de quoi raviver de vieilles inquiĂ©tudes. La ville abrite une communautĂ© juive parmi les plus importantes de France, rĂ©gulièrement confrontĂ©e par le passĂ© Ă  des tensions et Ă  des incidents Ă  caractère antisĂ©mite. Ce samedi soir, c’est la rĂ©activitĂ© du renseignement intĂ©rieur qui a permis d’Ă©viter que la situation ne dĂ©gĂ©nère, avant mĂŞme que l’on sache si un projet prĂ©cis se cachait rĂ©ellement derrière ce vĂ©hicule suspect.

L’enquĂŞte, dĂ©sormais entre les mains de la justice, devra dĂ©terminer qui avait dĂ©posĂ© ces armes dans cette voiture volĂ©e, et surtout dans quel but. En attendant, le quartier a retrouvĂ© son calme dans la nuit de samedi Ă  dimanche, mais la question du mobile reste entière.

Sur des sujets proches, vous pouviez dĂ©jĂ  lire notre article sur l’Ă©vacuation d’un centre commercial de Sarcelles après la dĂ©couverte d’une voiture suspecte, ainsi que celui consacrĂ© Ă  un projet d’attaque terroriste visant un lieu de culte juif dĂ©jouĂ© par la DGSI.