Lors d’une émission spéciale de la plateforme médiatique turque GZT, diffusée le 10 juillet sous le titre « Pourquoi Trump a-t-il dit ‘Turquie-Israël’ ? », l’éditeur en chef Doğukan Gezer et l’amiral turc à la retraite, le professeur Cihat Yaycı, ont proposé une analyse détaillée des propos tenus récemment par les dirigeants américains sur les relations entre la Turquie, l’Iran et Israël.Selon Yaycı, la nouvelle carte des intérêts qui se dessine au Moyen-Orient à la suite du dernier sommet de l’OTAN placerait la République turque au centre d’une campagne de diabolisation internationale, selon lui savamment orchestrée.
Il affirme que l’Amérique ne peut pas se permettre de renoncer à Israël, et que c’est précisément ce postulat qui structure, à ses yeux, l’ensemble de la manœuvre en cours.L’amiral a développé une comparaison entre la Turquie et l’Iran, affirmant que les deux pays ne sont équivalents ni sur le plan de la perception, ni du régime, ni de la culture institutionnelle et nationale.
Il a posé la question suivante : si un pays quelconque venait à attaquer la Turquie, l’Iran entrerait-il en guerre pour la défendre ? Selon lui, la réponse est non — et c’est précisément pour cette raison qu’il juge absurde l’idée que la Turquie entrerait en guerre pour l’Iran.Yaycı est également allé plus loin en affirmant que le sommet de l’OTAN aurait servi, selon son interprétation, d’outil pour couvrir des actions menées par Israël dans le sud de la Syrie et au Liban, détournant ainsi l’attention internationale vers la Turquie.
🇹🇷 Cihat Yaycı:
“Trump’ın söylediği birkaç cümle gerçekten çok dikkat çekiciydi. Diyor ki; ‘Ben araya girmeseydim Türkiye, İsrail’e karşı savaşa girecekti.’ Hatta üstü kapalı olarak, ‘İran’la birlikte hareket edecekti.’ imasında bulunuyor.
Oysa Türkiye Cumhuriyeti, binlerce… pic.twitter.com/pbUTHi731V
— TÜRK DEGS / TURK MAGS (@turkdegs) July 10, 2026
La référence à un ancien responsable du Pentagone
L’amiral a cité les déclarations de l’ancien responsable du Pentagone Michael Rubin, présenté comme un ancien agent de la CIA ayant également occupé la fonction d’émissaire spécial américain. Selon Yaycı, Rubin aurait tenu des propos similaires à ceux du président américain, présentant officiellement la Turquie comme un pays s’apprêtant à attaquer Israël — un parallèle que Yaycı juge dangereux, car il assimile la Turquie à l’Iran dans le discours américain.
Yaycı a conclu son intervention par une mise en garde sur des pressions à venir, selon lui exercées sur cinq fronts parallèles — Israël, Chypre, la Grèce, la Syrie et l’Iran — dans le but de faire taire les critiques turques et de nuire aux relations d’Ankara avec Moscou. Il a évoqué, sans plus de détails, d’importants développements en cours à Chypre, avertissant que certains acteurs pourraient chercher à faire taire toute critique turque envers Israël, sous peine de représailles non précisées.
Sur les tensions turco-grecques et turco-chypriotes évoquées par l’amiral, notre article Erdogan a exigé aux commandants de couler un navire grec en réponse au renforcement des forces grecques sur l’île de Castellorizo revient sur un précédent accès de tension en Méditerranée orientale. Et sur le dossier F-35 qui cristallise également les relations israélo-turco-américaines, notre article Le Pentagone a lancé à la Turquie un ultimatum : ce sera les S-400 ou les F-35 ! détaille les origines de ce contentieux.






