Dans l’ombre du rapprochement des pourparlers autour d’Ormuz, IsraĂ«l et les États-Unis continuent de prĂ©parer une frappe

Les États-Unis et l’Iran se rapprochent d’un moment dĂ©cisif dans les pourparlers autour du dĂ©troit d’Ormuz : Ă  TĂ©hĂ©ran, on affirme que le cadre d’un accord avec Oman a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©laborĂ© et que le texte final ainsi que ses dĂ©tails seront bientĂ´t publiĂ©s, tandis que le vice-prĂ©sident amĂ©ricain J.D. Vance confirme que des avancĂ©es ont eu lieu ces derniers jours dans les nĂ©gociations.

L’option militaire toujours sur la table

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Parallèlement, la possibilitĂ© d’une reprise des frappes amĂ©ricaines reste posĂ©e, tout comme celle d’une frappe israĂ©lienne indĂ©pendante. Aux États-Unis, le dĂ©bat se poursuit sur la manière de frapper le site nuclĂ©aire souterrain de Har HaMachosh, si le prĂ©sident Donald Trump venait Ă  juger que les pourparlers ont Ă©chouĂ©.

« J’essaie de rappeler aux gens que nous sommes vraiment au milieu de la partie ici. Cette affaire n’est pas terminĂ©e », a dĂ©clarĂ© Vance ce samedi matin lors d’une interview accordĂ©e Ă  Fox News aux États-Unis. Selon lui, les États-Unis actionnent simultanĂ©ment « tout un Ă©ventail d’outils diplomatiques, Ă©conomiques et militaires » afin d’obtenir le meilleur rĂ©sultat possible pour les AmĂ©ricains.

Vance est revenu sur la situation de l’Iran après des mois de combats et de pression amĂ©ricaine, affirmant : « Ils souffrent Ă©normĂ©ment. Ils veulent que cette affaire se termine. La question est de savoir s’ils en sont capables — si leur système est capable de fournir ce qui est nĂ©cessaire pour que nous soyons satisfaits, pour que nous sentions que nous avons obtenu ce dont nous avons besoin de cette confrontation spĂ©cifique. Ce n’est pas encore tranchĂ©, mais je pense que nous avons rĂ©alisĂ© certains progrès ces derniers jours. »

Maximiser le flux de pétrole via le détroit

Selon le vice-prĂ©sident, les pourparlers actuels visent notamment Ă  crĂ©er les conditions permettant de maximiser le flux de pĂ©trole et de gaz Ă  travers le dĂ©troit d’Ormuz, dans le but de faire baisser les prix du carburant et de l’Ă©nergie aux États-Unis. Il a rejetĂ© l’idĂ©e selon laquelle l’Iran s’apprĂŞterait Ă  resserrer son contrĂ´le sur le dĂ©troit, affirmant que des discussions actives sont en cours, impliquant Ă©galement d’autres pays du Golfe, dans le but de permettre un passage sĂ©curisĂ© des navires.

Oman a Ă©galement exprimĂ© aujourd’hui un optimisme prudent, annonçant que les nĂ©gociations avec l’Iran se dĂ©roulent dans une « atmosphère positive et constructive ». Mascate a par ailleurs appelĂ© Ă  Ă©viter toute action susceptible de nuire aux pourparlers et aux avancĂ©es dĂ©jĂ  obtenues. Ces dĂ©clarations interviennent après que les Émirats arabes unis ont accusĂ© l’Iran d’avoir attaquĂ© un navire liĂ© Ă  la compagnie pĂ©trolière nationale d’Abou Dhabi dans le dĂ©troit d’Ormuz.

L’Ă©cart entre les pourparlers diplomatiques et la situation sur le terrain reste nĂ©anmoins important. Les Gardiens de la rĂ©volution continuent d’afficher une position plus rigide : le porte-parole de l’organisation, le gĂ©nĂ©ral Hossein Mohabi, a affirmĂ© que l’ouverture du dĂ©troit d’Ormuz est « totalement distincte » des nĂ©gociations entre l’Iran et Oman, et que la date et les modalitĂ©s de cette ouverture dĂ©pendent de l’acceptation des conditions posĂ©es par TĂ©hĂ©ran. Il a Ă©galement exigĂ© que les États-Unis n’interfèrent pas dans les pourparlers entre l’Iran et les autres pays de la rĂ©gion, qu’il a qualifiĂ©s d’ĂŞtre entrĂ©s dans leurs phases finales.

Har HaMachosh, la cible qui inquiète Washington

En toile de fond de cette diplomatie, Trump continue de maintenir l’option militaire au-dessus de la tĂŞte des Iraniens. L’un des sites au cĹ“ur des prĂ©occupations reste Har HaMachosh, l’installation souterraine situĂ©e près de Natanz, oĂą, selon des informations rapportĂ©es, IsraĂ«l disposerait de renseignements indiquant que l’Iran y aurait transfĂ©rĂ© des centrifugeuses. Trump lui-mĂŞme est revenu Ă  plusieurs reprises le mois dernier sur ce site, menaçant de le frapper si aucun accord n’Ă©tait trouvĂ©.

Le dĂ©fi opĂ©rationnel n’est pas simple. Le site est protĂ©gĂ© par une couche rocheuse dont la profondeur pourrait atteindre plusieurs centaines de mètres ; des images satellites montrent que certains tunnels ont Ă©tĂ© bloquĂ©s et renforcĂ©s avec de la terre et des roches, tandis que d’autres entrĂ©es sont restĂ©es ouvertes, oĂą une activitĂ© de camions et d’engins de chantier a mĂŞme Ă©tĂ© observĂ©e Ă  proximitĂ©. Selon des experts, les bombes anti-bunker pourraient avoir du mal Ă  pĂ©nĂ©trer plusieurs centaines de mètres de granit, tandis qu’une opĂ©ration au sol permettant d’atteindre la profondeur de l’installation pour y placer des explosifs serait particulièrement dangereuse. Une autre option envisagĂ©e consisterait Ă  frapper avec prĂ©cision les entrĂ©es mĂŞmes des tunnels — une action qui ne dĂ©truirait pas nĂ©cessairement tout ce qui se trouve en profondeur, mais qui pourrait bloquer l’accès Ă  l’installation et permettre aux États-Unis de continuer Ă  la surveiller depuis les airs.

Trump lui-mĂŞme a dĂ©jĂ  signalĂ© publiquement que Har HaMachosh pourrait devenir une cible si les nĂ©gociations venaient Ă  Ă©chouer. Dans une interview le mois dernier, il a dĂ©clarĂ© que les États-Unis « surveillent de très près » ce qui se passe sur ce site, avant de durcir le ton : « Nous allons Ă©liminer Har HaMachosh. Dites aux Iraniens de se tenir prĂŞts. » Le 28 juillet, il avait dĂ©clarĂ© que si aucun accord n’Ă©tait trouvĂ©, « nous devrons Ă©liminer Har HaMachosh ».

L’Ă©tat exact de l’installation demeure toutefois incertain. Une analyse de l’Institute for Science and International Security a Ă©tabli le mois dernier que les seules images satellites ne permettent pas de dĂ©terminer quand le site pourrait devenir opĂ©rationnel, ni mĂŞme si l’Iran prĂ©voit toujours d’y Ă©tablir une grande installation d’assemblage de centrifugeuses après les dĂ©gâts importants subis par son programme de centrifugeuses.

Ainsi, malgrĂ© les informations sur l’Ă©laboration du cadre de l’accord et l’optimisme prudent affichĂ© par Washington et Moscou, la question centrale reste ouverte : les conditions que l’Iran est prĂŞt Ă  accepter suffiront-elles Ă  convaincre Trump d’arrĂŞter la campagne, ou le prĂ©sident dĂ©cidera-t-il que le moment est venu de mettre Ă  exĂ©cution les menaces qu’il a profĂ©rĂ©es ces dernières semaines. Vance lui-mĂŞme a rĂ©sumĂ© la situation avec simplicitĂ© : « Ce n’est pas encore tranchĂ©. »

Sur ce sujet, retrouvez Ă©galement notre article sur la prĂ©paration d’une possible guerre entre les États-Unis et l’Iran et l’envoi de renforts militaires dans le Golfe, ainsi que notre couverture des dĂ©clarations de Netanyahou comparant les sites nuclĂ©aires iraniens Ă  de potentiels nouveaux Auschwitz.