Le maire de New York, Zohran Mamdani, a reporté aujourd’hui (mardi) la responsabilité d’un incident embarrassant sur son équipe, après une controverse publique et acerbe opposant la mairie de New York aux hauts responsables de la police de la ville, sur la question de savoir si des policiers seraient envoyés pour assurer la sécurité lors du prochain voyage de son épouse, Rama Duwaji, au Moyen-Orient.
Mamdani a semblé accuser son propre cabinet d’avoir commis une erreur, à la suite d’un différend largement médiatisé avec la police de New York. « Il y a eu un malentendu de communication. Elle n’est pas encore partie en voyage, et quand elle partira, ce sera sans aucune force de la police de New York », a déclaré Mamdani à la chaîne PIX11.
Cette clarification du maire est intervenue après que le New York Post a révélé, tard lundi soir, que Duwaji — artiste syro-américaine de 29 ans, décrite par Mamdani comme une « personne privée » — prévoyait de se rendre en Syrie et au Liban pour rendre visite à sa famille, accompagnée de son détail de sécurité policier.
À découvrir aussi :
« Sur recommandation ferme de la police de New York, l’équipe de sécurité de la Première dame l’accompagnera lorsqu’elle se rendra en Syrie et au Liban pour visiter sa famille », avait confirmé la porte-parole de Mamdani, Dora Pekec. Les deux pays figurent sur la liste des destinations « interdites aux voyageurs » établie par le département d’État américain en raison de risques sécuritaires.
La police dément publiquement la mairie
Mais cette déclaration de la mairie a suscité une réaction inhabituelle de la part de la police de New York — un corps de police dirigé par la commissaire Jessica Tisch, une modérée pro-israélienne qui n’a jamais caché ses désaccords avec Mamdani, connu pour ses critiques envers Israël.
« La police de New York n’envoie pas d’officiers dans des pays soumis à des avertissements de voyage de niveau quatre pour des raisons discrétionnaires sans lien avec un travail d’enquête », a insisté un porte-parole du département, tôt mardi matin. « Il ne s’agit pas d’un voyage lié à une enquête, et par conséquent, aucun membre de la police de New York ne s’y rendra dans ce cadre. » Cette déclaration n’a pas seulement contredit totalement les propos de Pekec — elle a en réalité abouti à une situation où de hauts responsables de la police de New York ont publiquement désavoué leur propre patron, Mamdani.
Interrogée sur cette contradiction, Pekec a renvoyé le New York Post vers les déclarations de Mamdani, qui a attribué l’affaire à une « erreur de communication » avec PIX11 lors d’un événement organisé mardi matin, fermé aux autres médias.
Un voyage sensible dans deux pays classés à haut risque
Selon des informations complémentaires publiées par plusieurs médias américains, le voyage de Duwaji devrait débuter le 20 septembre. La First Lady de New York, qui n’occupe aucune fonction officielle à la mairie, aurait elle-même sollicité une protection policière après avoir voyagé à l’étranger sans escorte de la police de New York le mois dernier. Une source proche du dossier a précisé qu’il s’agissait d’un déplacement personnel, sans lien avec les fonctions de son mari : « Ce n’est pas une mission officielle. Cela ne profite en rien à la ville. »
Le bureau du maire n’a pas communiqué le coût estimé d’un éventuel déploiement de personnel policier auprès de Duwaji, ni le nombre d’officiers qui l’auraient accompagnée. Le voyage prévu coïncide par ailleurs avec la 81e Assemblée générale des Nations unies, une période durant laquelle les ressources de la police de New York sont traditionnellement sollicitées en raison de la présence de nombreux dirigeants mondiaux dans la ville — un contexte d’autant plus sensible que Mamdani avait appelé le mois dernier les New-Yorkais à manifester contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de cette même Assemblée générale.
D’origine syro-américaine, Duwaji continue de se présenter comme « Syrienne » sur son site personnel. Comme son époux, elle est connue pour ses positions fermement pro-palestiniennes, et son activité passée sur les réseaux sociaux a déjà fait l’objet de vives critiques par le passé.
Cette affaire relance les interrogations sur la relation tendue entre la mairie de Mamdani et les forces de l’ordre new-yorkaises, dans un climat déjà marqué par de nombreuses divergences publiques entre l’édile progressiste et son propre service de police sur des questions de sécurité et de politique étrangère.
Sur les tensions entre le maire Zohran Mamdani et la communauté pro-israélienne à New York, notre rédaction avait déjà rapporté le malaise de Mamdani lors de l’enterrement d’une soldate américaine tuée dans une frappe iranienne, ainsi que la controverse suscitée par un geste de Mamdani sur scène, dénoncée par Elon Musk.






