Après 78 ans, Tsahal identifie la tombe d’un combattant tué en fuyant un camp britannique de Chypre pour rejoindre sa fille nouveau-née en Israël
Pendant près de 80 ans, sa tombe est restée sans nom. Une enquête minutieuse vient enfin de percer ce mystère vieux de plusieurs décennies.
Comment Tsahal est-il parvenu à retrouver la trace de ce combattant tombé en 1948 ?
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Pendant près de quatre-vingts ans, le lieu de repos final de Shlomo Haimson est resté inconnu. Une enquête extraordinaire menée par Tsahal vient d’identifier la tombe de ce jeune combattant juif, abattu alors qu’il tentait de s’échapper d’un camp de détention britannique à Chypre pour rejoindre Israël, après avoir appris que sa fille venait de naître.
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Haimson était né en Roumanie en 1930 et avait perdu son père durant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il s’était lancé, avec sa mère Ita et sa compagne Perla, dans un voyage vers la Terre d’Israël à bord du Pan York-Kibbutz Galuyot, l’un des navires clandestins de l’Alya Beth, cette opération d’immigration illégale organisée pour faire venir des Juifs en Palestine mandataire malgré les restrictions britanniques. Les autorités britanniques avaient intercepté le navire et déporté ses passagers vers des camps de détention à Chypre.
Un entraînement clandestin au sein des Rangs des défenseurs
Haimson était resté au camp de détention de Karaolos, où il avait rejoint Shurot HaMaguen, les « Rangs des défenseurs », une organisation clandestine opérant sous l’égide de la Haganah. Il s’y était entraîné dans l’espoir de rejoindre un jour Israël et de servir comme combattant au sein de la toute jeune armée israélienne.
Sa mère et Perla avaient fini par être libérées et avaient rejoint Israël avec un groupe destiné à fonder le kibboutz Magen, dans le nord-ouest du Néguev. Haimson, lui, était resté sur place.
C’est alors qu’arriva la nouvelle qui allait tout changer : sa fille, Myriam, venait de naître.
Une tentative d’évasion fatale
Déterminé à rejoindre sa famille, Haimson s’était joint à huit autres détenus pour une tentative d’évasion. Ils avaient réussi à franchir les clôtures du camp, mais avaient été repérés par les gardes, qui avaient ouvert le feu. Haimson avait été tué sur le coup. Les huit autres hommes avaient été capturés et ramenés au camp.
Il avait été inhumé le lendemain dans un cimetière juif près de Margo, à Chypre. Mais les personnes qui l’avaient enterré ne disposaient pas de suffisamment d’informations sur son identité pour marquer correctement sa tombe, et sa stèle était restée sans nom.
Plus de deux décennies plus tard, Israël avait lancé une opération visant à rapatrier les personnes inhumées dans ce cimetière chypriote vers l’État juif. En 1970, les dépouilles de 163 personnes avaient été transférées en Israël ; environ 120 d’entre elles n’avaient pu être identifiées et avaient été inhumées comme inconnues dans une section spéciale du cimetière de Kfar Samir, à Haïfa.
Une enquête de quatre ans, entre travail de renseignement et puzzle historique
Pendant plus de quatre ans, une équipe de la division des personnes disparues de Tsahal, du rabbinat militaire et du ministère de la Défense a travaillé pour déterminer le lieu d’inhumation exact de Shlomo Haimson. Selon un officier ayant coordonné les investigations sur les soldats tombés dont le lieu de sépulture restait inconnu, ce travail s’apparentait véritablement à une carte au trésor de film, mêlant renseignement, recherche historique et résolution méthodique d’un puzzle. L’enquête, menée conjointement avec l’Association des détenus de Chypre, a permis d’établir que Haimson repose dans la tombe numéro 11, deuxième rangée, de la section des immigrants chypriotes du cimetière de Haïfa.
La générale de brigade Edna Ilya, cheffe de la direction du personnel et des pertes de Tsahal, a souligné que soixante-dix-huit années s’étaient écoulées depuis que Shlomo Haimson était tombé dans ce camp de déportation, et que cette identification témoignait de l’engagement constant d’Israël envers ses soldats tombés et leurs familles.
La famille informée à Rio de Janeiro
L’attaché militaire de Tsahal au Brésil, le colonel Uri Ron, s’est rendu en personne, en uniforme, auprès de la famille de Shlomo Haimson pour lui annoncer la nouvelle : sa fille Myriam, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, qui vivent aujourd’hui à Rio de Janeiro, ont ainsi appris que le lieu de sépulture de leur père et grand-père avait enfin été retrouvé. La famille a exprimé sa gratitude envers l’ensemble des enquêteurs et professionnels impliqués dans cette mission, se disant profondément émue et reconnaissante pour le dévouement sans faille, la rigueur et la sensibilité dont chacun avait fait preuve.
Une cérémonie officielle, réunissant l’État et l’armée, doit se tenir prochainement en Israël, au cours de laquelle les descendants de Shlomo Haimson sont attendus et son nom sera enfin apposé sur sa tombe à Haïfa.






