Après qu’une visiteuse juive du mémorial du camp de concentration de Mauthausen s’est indignée face au t-shirt d’un autre visiteur, orné de l’image de Dalal Mughrabi, terroriste ayant mené une attaque en 1978 ayant coûté la vie à 38 Israéliens, le musée a défendu son personnel, affirmant que celui-ci avait géré l’incident de manière irréprochable. Le communiqué du mémorial ne dit pourtant rien de l’image figurant sur le t-shirt, et décrit la visiteuse comme ayant eu une réaction « véhémente », consacrant plusieurs paragraphes à des considérations générales sur le dialogue respectueux entre personnes aux opinions politiques différentes. Des critiques ont estimé que l’image d’une meurtrière de masse de Juifs n’avait pas sa place dans un mémorial dédié à des Juifs eux-mêmes victimes d’un massacre de masse.
Un t-shirt « Free Palestine » orné du portrait d’une terroriste
L’incident s’est produit le 7 août, lorsqu’une visiteuse juive du mémorial de Mauthausen a interpellé un homme portant un t-shirt arborant le slogan « Free Palestine » ainsi que le portrait de la terroriste palestinienne Dalal Mughrabi, dont l’attaque de la route côtière en 1978, en Israël, avait fait 38 morts, dont 13 enfants. Selon plusieurs médias ayant recueilli des images de la scène, l’homme faisait partie d’un groupe d’environ 600 participants venus d’un camp international de jeunesse antifasciste.
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Une jeune femme juive prénommée Jordana avait filmé et diffusé la confrontation sur les réseaux sociaux, accusant les enseignants encadrant le groupe de politiser un lieu de mémoire de la Shoah et d’induire les élèves en erreur en qualifiant la guerre à Gaza de « génocide ». Sur la vidéo, on peut l’entendre s’adresser au groupe : « Vous venez ici, dans un camp de concentration, et vous appelez ça un génocide alors que vous vous trouvez sur place ? Vos enseignants doivent faire mieux ! C’est ici qu’a eu lieu un véritable génocide, n’appelez pas d’autres choses ainsi. » Selon plusieurs témoignages, le personnel du mémorial avait fini par faire appel à la police en raison du comportement du groupe.
🚨3eme effet kisscool la réaction de la direction du Mémorial de Mathausen dirigé par Barbara Glück me dégoûte profondément
Puisque le Mémorial de Mauthausen a un compte Twitter inactif @MauthausenMem merci de votre aide pour relayer massivement cette réponse sur ses autres… https://t.co/vezxYRGoMc pic.twitter.com/LO7QOXQtFq
— Rebeccah Glazer (@Beccah2Fois) August 8, 2026
Un communiqué du mémorial critiqué pour son silence sur l’image
Dans un communiqué officiel publié à la suite de la controverse, le mémorial de Mauthausen a reconnu qu’un « incident » s’était produit lors de la visite du groupe, précisant que son personnel n’avait initialement pas remarqué le t-shirt en supervisant un groupe aussi nombreux, et qu’il n’avait pas non plus été en mesure de comprendre immédiatement la cause de ce que le communiqué a qualifié de « réaction véhémente d’une visiteuse ». Le texte ne mentionne à aucun moment l’image de Dalal Mughrabi figurant sur le vêtement, ni ne critique directement le port de ce t-shirt. Le mémorial y affirme au contraire qu’il est « souhaitable » que des débats politiques puissent avoir lieu sur un tel site, dans l’esprit d’une réflexion sur la portée du passé pour le présent, conformément selon lui aux principes de l’éducation historico-politique. Le communiqué ajoute que l’histoire et la « dignité » de Mauthausen exigent que de tels conflits soient résolus « objectivement et avec une empathie mutuelle », tout en précisant que tout comportement provocateur de la part d’autres visiteurs ne serait pas toléré, le mémorial se réservant le droit d’émettre des avertissements dans de tels cas.
A disgraceful update.
The Mauthausen Memorial has issued an official statement that did NOT condemn the visitor who wore a “Free Palestine” shirt featuring the face of a Palestinian terrorist who led a massacre that murdered 38 Israeli civilians, including 13 children.Instead,… https://t.co/W3FL3fubQy
— Trisha Posner (@trishaposner) August 11, 2026
L’ambassadeur d’Israël en Autriche dénonce la position du musée
L’ambassadeur d’Israël en Autriche, David Roet, a vivement critiqué la position du mémorial sur le réseau social X, rappelant que le mémorial de Mauthausen affirme lui-même que la liberté d’expression ne saurait porter atteinte à la dignité des victimes. Un analyste politique français très suivi sur les réseaux sociaux, Alain Paul Weber, a lui aussi qualifié la réaction du musée de « proprement choquante ».
Pour de nombreux critiques, certains lieux, symboles et souvenirs ne devraient tout simplement jamais pouvoir être détournés à des fins de propagande politique contemporaine, quelle qu’en soit la cause invoquée — et encore moins lorsque cette propagande met en scène l’image d’une auteure d’un massacre de civils juifs, en plein cœur d’un site dédié à la mémoire d’autres Juifs exterminés par le régime nazi.
Sur les précédents épisodes de banalisation ou de détournement mémoriel liés à la Shoah dans le contexte du conflit israélo-palestinien, notre rédaction avait déjà rapporté la comparaison controversée entre Gaza et l’Holocauste par plusieurs figures publiques, ainsi que les profanations répétées de mémoriaux et de lieux de commémoration juifs en Europe.






