La bataille autour de la physionomie des villes israéliennes le jour du Shabbat se poursuit : des maires membres du forum des collectivités libérales se sont rendus ce samedi dans une succursale de la chaîne « Pasta Basta » à Herzliya, à la suite des menaces et des actes de violence subis par l’établissement en raison de son activité durant le Shabbat.
Un établissement vandalisé, un maire présent sur place
La succursale de la chaîne avait été vandalisée il y a plusieurs semaines, s’ajoutant ainsi à une série d’incidents récents au cours desquels des commerçants ouvrant leur établissement le Shabbat sont devenus la cible de menaces, de violences et de tentatives d’intimidation, parmi lesquels le café « BaSimta » à Jérusalem et « Bandita » à Ramat Gan.
À découvrir aussi :
Les maires se sont rendus sur place accompagnés du maire de Herzliya, Yariv Fischer, afin de se tenir aux côtés des commerçants ouverts le Shabbat et de transmettre un message clair : « Le Shabbat appartient à tout le monde, et chacun a le droit de le vivre selon sa foi et sa manière : observer le Shabbat, passer du temps en famille, ou s’asseoir dans un café. »
« Vous n’êtes pas seuls »
Selon le communiqué diffusé par les élus, « les menaces et la violence ne sont pas un moyen de dicter aux autres la façon dont ils doivent vivre. Nous sommes venus aujourd’hui dire aux commerçants et aux habitants : vous n’êtes pas seuls. Les autorités locales se dresseront face aux tentatives de violence et d’intimidation, et défendront la liberté de choix ainsi que le droit des communautés à façonner leur mode de vie selon leurs convictions. Nous ne laisserons pas un groupe extrémiste et violent décider pour l’ensemble du public comment il doit vivre. »
L’incident survenu à Herzliya s’inscrit dans une série d’événements similaires enregistrés ces derniers mois à travers le pays. La vitrine de « Pasta Basta » avait été brisée dans la nuit de jeudi à vendredi ; la police avait alors ouvert une enquête, examinant notamment la piste d’un lien avec l’ouverture du commerce le jour du Shabbat, sans qu’aucune arrestation n’ait été annoncée à ce stade. Le président du parti Israël Beytenou, le député Avigdor Liberman, s’était lui aussi rendu sur les lieux au lendemain de l’incident, affirmant que l’établissement avait été vandalisé par des émeutiers agissant « au nom du Shabbat », et appelant, selon la formule qu’il a employée, à « vivre et laisser vivre ».
Ce même quartier commercial avait déjà connu, le même mois, une tentative d’incendie visant le café « Bandita », rapidement maîtrisée par les pompiers grâce à l’intervention d’un passant ayant alerté les secours, ainsi qu’un incendie visant une glacerie voisine, dont les propriétaires avaient publiquement dénoncé une série de trois actes de vandalisme successifs liés, selon eux, à leur décision d’ouvrir le Shabbat. À Jérusalem, des affrontements violents avaient également éclaté autour du café « BaSimta », des manifestants ultra-orthodoxes ayant forcé les barrières de sécurité installées par la police pour s’en prendre aux clients de l’établissement, accusés de « profaner le Shabbat ».
Malgré cette série d’incidents, les propriétaires des établissements concernés ont indiqué ne pas avoir fermé leurs portes, même un seul jour, à la suite de ces actes de vandalisme.






