« C’est exactement comme ça que ça a commencé avant le 7 octobre » : colère dans les localités frontalières de Gaza face aux cerfs-volants

Des réactions très vives se font entendre dans les localités entourant la bande de Gaza après un quatrième incident en l’espace de 24 heures impliquant des cerfs-volants lancés depuis Gaza et atterris sur leur territoire. Bien qu’aucun de ces engins n’ait transporté de matière explosive, les habitants y voient un signe inquiétant de retour à la politique de tolérance qui prévalait avant le massacre du 7 octobre.

« Nous avons alerté les autorités il y a six mois, sans réponse »

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Le directeur de la sécurité d’un conseil régional du Néguev occidental a appelé à cesser de traiter ces incidents comme des cas isolés. « Nous avons envoyé une lettre aux autorités sécuritaires il y a environ six mois et n’avons reçu aucune réponse. Tsahal poursuit sa politique, l’incident est sous contrôle, dit-on. Mais il faut comprendre qu’il existe des doutes, même chez de hauts responsables de Tsahal, concernant la dimension aérienne, qui inclut notamment les drones et les cerfs-volants. L’absurdité, c’est qu’on finance actuellement des technologies de caméras dans les kibboutzim adossés à la clôture, sans capacité de détection et de repérage de cette dimension aérienne des drones et cerfs-volants. Cela pourrait représenter un danger pour les habitants. »

Dans un communiqué, le kibboutz Nahal Oz a déclaré : « Nous considérons avec la plus grande gravité le phénomène des cerfs-volants qui revient nous frapper, exactement comme cela avait commencé avant le 7 octobre. Au début, des cerfs-volants apparemment innocents avaient été envoyés depuis la bande, portant des inscriptions en arabe. Puis, lorsque le Hamas a compris que ces cerfs-volants atterrissaient dans nos champs, il y a attaché des matières incendiaires, brûlant ainsi des milliers de dounams de champs de blé. La suite a été les ballons explosifs destinés à frapper les civils des localités, et nous avons vu comment cela s’est terminé. Nous exigeons des forces de sécurité qu’elles mettent fin au phénomène des cerfs-volants alors qu’il n’en est encore qu’à ses débuts. Nous ne nous résignerons pas à une politique de tolérance concernant notre sécurité. »

« Ce n’est plus un cerf-volant isolé »

Le président du conseil régional de Shaar HaNegev, Uri Epstein, a écrit : « Ce n’est plus un cerf-volant isolé ni un événement ponctuel. L’establishment sécuritaire doit relier les événements entre eux, comprendre qui se trouve derrière eux et quel en est le but, et agir en conséquence. Après le 7 octobre, l’époque où l’on disait aux habitants du Néguev occidental « ce n’est qu’un cerf-volant » est révolue. Nous exigeons des réponses, une action et une transparence totale. Sans transparence ni confiance, il est impossible de reconstruire la sécurité des habitants. »

Ces derniers mois, d’autres cas de cerfs-volants ont été repérés dans les zones du Néguev occidental, notamment dans la forêt de Kissufim et celle de Shokeda. L’ensemble des incidents examinés jusqu’à présent n’a révélé aucune matière explosive, mais les services de sécurité précisent qu’il s’agit d’un phénomène désormais placé sous surveillance.

Le contexte sécuritaire plus large dans la région demeure tendu : le Hamas poursuit ses efforts de reconstitution de ses capacités, notamment via l’usage croissant de cerfs-volants équipés de caméras miniatures, envoyés par des enfants pour recueillir des renseignements sur l’activité de Tsahal tout en compliquant toute riposte israélienne. Des sources militaires évaluent qu’environ vingt mille terroristes armés opèrent aujourd’hui dans la bande de Gaza, dans un contexte de reconstitution progressive des capacités de commandement et de contrôle de l’organisation.