Les incendies de forêt et les vagues de chaleur intenses qui frappent l’Europe cet été mettent au jour une menace mortelle restée enfouie sous terre pendant des décennies. Bombes, mines et munitions non explosées des deux guerres mondiales refont surface, la chaleur extrême dans les zones sinistrées provoquant même l’explosion active de certains de ces engins anciens. Des explosions de ce type ont été signalées en France, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, et des équipes de déminage ont été mobilisées vers des zones d’incendie proches d’anciens champs de bataille.
Bordeaux, les Ardennes belges, le Rhin allemand
En France, un incendie de forêt à proximité de Bordeaux a mis au jour un dépôt de munitions datant de la Seconde Guerre mondiale. Dans l’est de la Belgique, les autorités ont signalé des explosions ponctuelles dans la région des Ardennes, théâtre de combats acharnés entre les forces alliées et les nazis. Selon le gouverneur de la province de Liège, Hervé Jamar, « quelques détonations sporadiques » ont récemment été entendues, sans qu’aucune équipe de pompiers ne soit en danger, bien que des médias locaux aient publié des photos d’un pompier manipulant une bombe rouillée.
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Des experts en climat et en paix avertissent que la « chance climatique » de l’Europe s’épuise, et que le changement climatique agit désormais comme un déclencheur de phénomènes qui étaient restés stables et enfouis pendant des décennies. La menace ne provient pas uniquement des incendies eux-mêmes : elle est aggravée par la sécheresse et la baisse du niveau des rivières et des lacs du continent. En Slovaquie, deux mines marines ont été mises au jour dans le Danube en raison de la baisse des eaux ; en Hongrie, un pont de Budapest a dû être fermé après la découverte d’une bombe à sa base ; des événements similaires ont également été enregistrés sur le Rhin, en Allemagne.
Une routine dangereuse, désormais plus complexe encore
Dans de nombreux pays européens, il s’agit d’une routine déjà risquée, qui devient aujourd’hui encore plus complexe. En Belgique seule, le service de déminage traite plus de 3 000 appels par an et évacue plusieurs centaines de tonnes de munitions abandonnées. À Ypres, ville tristement célèbre pour les combats de tranchées de la Première Guerre mondiale, les agriculteurs surnomment le labour annuel des champs la « récolte de fer », tant les vestiges de guerre y sont fréquemment déterrés. Les chercheurs soulignent que les changements climatiques et la chaleur extrême ramènent directement dans la réalité moderne les conséquences des conflits historiques du siècle dernier.






