Dans un renversement spectaculaire de la politique américaine appliquée de longue date, le département d’État américain a retiré la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme et a annulé la désignation de l’ancien groupe terroriste dirigé par l’actuel président syrien, Hayat Tahrir al-Sham, en tant qu’organisation terroriste étrangère. Washington affirme que cette décision ouvre la voie à la paix et à la prospérité pour la Syrie, après que le pays a entrepris ce que le département d’État qualifie d’actions positives pour se distancer du terrorisme international.
Cette décision, annoncée lundi par le secrétaire d’État Marco Rubio, met fin à une désignation vieille de 47 ans : la Syrie figurait sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme depuis 1979, année où Washington avait accusé le régime de Hafez al-Assad de soutenir des groupes armés. Elle intervient au terme d’une période d’examen obligatoire de 45 jours par le Congrès américain, déclenchée en juillet dernier lorsque le président Donald Trump avait formellement notifié son intention aux parlementaires.
US FORMALLY DROPS SYRIA’S ‘STATE SPONSOR OF TERRORISM’ DESIGNATION — Rubio
À découvrir aussi :
Says move UNLOCKS NEW PATH FOR SYRIA’S ECONOMIC REVIVAL as Trump admin pushes for ‘PEACE, PROSPERITY & SECURITY’ in Middle East pic.twitter.com/kJT9qcssMZ
— RT (@RT_com) August 24, 2026
Une désignation devenue caduque après la chute d’Assad
Le président syrien actuel, Ahmed al-Sharaa, avait dirigé la coalition de rebelles emmenée par Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qui avait renversé le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, mettant fin à plus de treize années de guerre civile. HTS, qui avait officiellement rompu ses liens avec Al-Qaïda en 2016 avant de se transformer sous sa forme actuelle en 2017, avait déjà vu sa désignation d’organisation terroriste étrangère révoquée par le département d’État l’été dernier. La décision de lundi vient donc parachever ce processus en levant également le statut de terroriste mondial spécialement désigné pesant sur le groupe.
Selon Marco Rubio, ces mesures ont été prises « en reconnaissance des actions positives entreprises et des engagements supplémentaires pris par le gouvernement syrien sous la présidence d’Ahmed al-Sharaa pour distancer pleinement la Syrie des actes de terrorisme international », citant notamment la coopération syrienne contre l’État islamique et d’autres réseaux militants. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a de son côté indiqué que cette décision permettrait de favoriser des investissements supplémentaires en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique du pays.
Une Syrie désormais retirée d’une liste très restreinte
Avec le retrait de la Syrie, la liste américaine des États soutenant le terrorisme ne compte désormais plus que trois pays : Cuba, la Corée du Nord et l’Iran. Le président Ahmed al-Sharaa a salué la décision américaine sur les réseaux sociaux, remerciant chaleureusement le président Trump ainsi que l’ensemble des nations amies ayant soutenu son pays, et évoquant une page arrachée au passé douloureux de la Syrie afin de se lancer, selon ses mots, dans une ère de développement et de reconstruction.
The Trump administration on Monday formally removed Syria from the State Sponsor of Terrorism (SST) blacklist, in a landmark move that unlocks export restrictions and allows for the US to supply military aid to the country. pic.twitter.com/lS5fFsGdXo
— Middle East Eye (@MiddleEastEye) August 25, 2026
Ce rapprochement entre Washington et Damas s’inscrit dans une dynamique plus large de réchauffement des relations entre les deux pays depuis la chute d’Assad, marquée notamment par plusieurs rencontres entre Ahmed al-Sharaa et le président Trump, ainsi que par la visite historique du dirigeant syrien à la Maison Blanche en novembre dernier, une première depuis l’indépendance de la Syrie en 1946.
La levée de ces désignations terroristes intervient par ailleurs dans un contexte régional tendu, alors que le secrétaire au Trésor Scott Bessent a simultanément annoncé une nouvelle vague de sanctions visant l’Iran, Washington cherchant à intensifier la pression sur Téhéran dans le cadre du conflit qui l’oppose depuis plusieurs mois à Israël.
Sur les évolutions récentes de la Syrie post-Assad et ses relations avec Israël, nos lecteurs peuvent consulter la page d’accueil du site pour l’actualité en continu, ainsi que La colère en Allemagne : en Syrie, la ministre des Affaires étrangères a été floutée pour des raisons « religieuses ».






