« NOUS NE DICTONS PAS LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE » : La mairesse de Montréal s’oppose à une motion visant à rompre les liens avec Israël

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a exprimé lundi son profond désaccord face à une motion visant à rompre les liens de la ville avec Israël, expliquant que la définition de la politique étrangère ne relève pas des prérogatives du conseil municipal. La motion, initialement soumise au vote lundi soir, proposait de condamner Israël pour ce qu’elle qualifiait de pratique d’apartheid et de génocide, ainsi que de rompre l’ensemble des liens institutionnels avec l’État juif. Des organisations juives et leurs alliés avaient également dénoncé cette motion, parmi lesquelles B’nai Brith Canada ainsi que la Communauté hellénique du Grand Montréal, qui représente les personnes d’origine grecque dans la région.

Une mairesse fermement opposée dès le départ

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Présentée dès le mois de juin par le parti d’opposition Projet Montréal, la motion accusait initialement Israël de « pratiquer un régime d’apartheid en Palestine » et de perpétrer un « génocide », en s’appuyant sur des définitions employées par certaines organisations de défense des droits humains et certains chercheurs. S’exprimant avant le vote, Soraya Martinez Ferrada a martelé sa position : « Le rôle du conseil municipal n’est pas de dicter la politique étrangère. C’est le rôle du gouvernement du Canada. » Elle a ajouté que reconnaître les limites du mandat de l’institution municipale ne signifiait en rien fermer les yeux sur la situation à Gaza, ni nier les souffrances vécues par la population palestinienne.

B’nai Brith Canada avait pour sa part exhorté le conseil municipal à rejeter purement et simplement la motion, la qualifiant de « source de division », de « malhonnête » et de « unilatérale », et dénonçant les termes « apartheid » et « génocide » employés dans le texte comme des « mensonges calculés » et des « caractérisations extrêmes ». L’organisation avait également critiqué la comparaison établie entre Israël et le régime d’apartheid sud-africain, la qualifiant de « trompeuse et incendiaire ».

Un texte finalement vidé de ses éléments les plus polémiques

Après un débat particulièrement tendu, marqué par des interventions chargées d’émotion de la part de plusieurs conseillers de l’opposition, le conseil municipal a fini par voter, par 38 voix contre 22, en faveur d’amendements retirant du texte les termes « apartheid » et « génocide », ainsi que l’appel à la rupture des liens institutionnels et diplomatiques avec Israël, alors même que Montréal n’entretient aucun lien direct de cette nature avec l’État hébreu. Le texte amendé reconnaît par ailleurs le Hamas comme une organisation terroriste responsable de meurtres de masse.

La motion finale, adoptée par 54 voix contre 6, exprime désormais la solidarité de la ville envers le peuple palestinien ainsi qu’envers l’ensemble des victimes civiles des hostilités au Moyen-Orient, tout en conservant certains passages appelant à soutenir les enquêtes sur les allégations de génocide, les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale et les sanctions canadiennes. Une clause du texte initial précisait également que les communautés juives de Montréal, ainsi que les personnes d’origine israélienne, ne sauraient être tenues responsables des actions de l’État d’Israël.

La séance, tendue, s’est déroulée sous un accès restreint aux tribunes du public, la présidente du conseil ayant limité la jauge à une douzaine de personnes après des incidents survenus lors d’une précédente réunion municipale marquée par des perturbations. À l’extérieur de l’hôtel de ville, des militants pro-palestiniens ont exprimé leur déception face à l’issue du vote, tandis que d’autres manifestants scandaient des slogans hostiles à l’encontre des élus ayant quitté la séance.

Cet épisode illustre une nouvelle fois les tensions grandissantes au sein des conseils municipaux nord-américains autour du conflit au Proche-Orient, plusieurs villes canadiennes observant de près l’issue du vote montréalais, certains élus de l’opposition espérant que ce précédent encourage d’autres municipalités à adopter des positions similaires.

Sur l’actualité de la communauté juive de Montréal, nos lecteurs peuvent consulter Choquant : Un homme juif poignardé au visage devant une usine à Montréal, ainsi que la page d’accueil du site pour l’actualité internationale en continu.