Au sein de l’establishment sécuritaire israélien, l’évaluation est claire : l’Iran n’enrichit plus d’uranium depuis l’opération « Am Kelavi », un acquis jugé loin d’être négligeable. Mais le vrai problème réside ailleurs. Dans le cadre des tentatives de négociation entre Washington et Téhéran pour parvenir à un accord, aucun uranium enrichi n’est encore sorti du territoire sous contrôle du régime iranien. La matière reste enfouie dans les installations souterraines mêmes que les États-Unis et Israël ont frappées.
En conséquence, la communauté du renseignement a renforcé la surveillance de l’ensemble des sites nucléaires iraniens, y compris le mont Kuh-e Makhoush, afin de détecter et de préciser toute anomalie dans leur activité, sur fond de crainte que Téhéran ne cherche à reconstruire ses infrastructures ou à faire sortir clandestinement du matériel et des équipements du pays.
L’élimination des scientifiques, un frein durable
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Un point jugé crucial, tant par l’establishment sécuritaire que par le niveau politique, est l’élimination des scientifiques nucléaires de premier et de second cercle. Selon l’analyse israélienne, l’élimination de ces pôles de savoir dans le domaine nucléaire complique énormément la tâche des Iraniens, dans le présent comme dans un avenir prévisible, pour reconstruire leurs infrastructures et décider de la marche à suivre. Ils peuvent certes trouver des solutions de contournement, mais le processus s’annonce nettement plus complexe qu’auparavant.
Les industries militaires iraniennes ont elles aussi été durement touchées par Tsahal et l’armée américaine. Selon les estimations israéliennes, les Iraniens ont repris une production, mais de façon restreinte et « très éloignée » de ce qu’ils visaient avant l’opération, le processus de reconstruction se révélant extrêmement complexe sous le poids des sanctions américaines. Une source sécuritaire a confié à Walla : « Ce n’est pas un hasard si les Iraniens se contentent, ces derniers mois, de tirer des missiles et des roquettes à courte portée : leur arsenal à longue portée reste sous contrainte. »
Selon la définition employée par de hauts responsables de l’establishment sécuritaire, l’Iran et les États-Unis se trouvent aujourd’hui dans une véritable « guerre des horloges », où la question centrale est : qui craquera le premier ? À la Maison-Blanche, c’est le prix du baril de pétrole qui inquiète particulièrement, d’autant que des partis politiques ont par le passé perdu des élections sur ce seul enjeu. S’y ajoute la crainte d’une inflation et d’une crise économique provoquées par les dépenses exceptionnelles liées à la guerre, dans un contexte plus large, alors que les élections de mi-mandat approchent, fin novembre.
De son côté, l’Iran peine à fonctionner sous la pression économique américaine. Malgré les menaces répétées du président Trump, celui-ci n’a pas encore actionné, dans l’équation, les nouvelles sanctions les plus lourdes, celles qui accéléreraient réellement la crise dans l’ensemble du pays.
Un régime aux abois, une vigilance renforcée
Des responsables de l’establishment sécuritaire estiment qu’il n’est pas exclu que, pour échapper à la crise économique qui frappe le pays et à la crainte de troubles publics susceptibles de s’emballer de manière incontrôlable, les Iraniens choisissent d’ouvrir un front contre les pays du Golfe et les intérêts américains au Moyen-Orient. C’est pour cette raison, et afin d’éviter toute surprise sur le terrain, que le chef d’état-major a donné instruction de maintenir un niveau de vigilance élevé face à tous les scénarios possibles.
Six mois après le début des frappes, la situation reste donc suspendue entre deux issues : un affaiblissement progressif du régime iranien sous la pression cumulée des sanctions et des destructions militaires, ou une nouvelle explosion de violence, motivée par la nécessité pour Téhéran de détourner l’attention de sa population d’une crise intérieure de plus en plus difficile à contenir. Dans les deux cas, l’establishment sécuritaire israélien s’organise pour ne pas être pris de court, quelle que soit la direction que prendront les événements dans les semaines à venir.
Sur ce sujet, notre rédaction avait déjà suivi la traque du numéro deux du Hezbollah lors de l’opération contre l’Iran, ainsi que l’entrée en service du système laser « Or Eitan » pendant les combats de mars dernier.






