Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a annoncé que le Royaume-Uni préparait un « ensemble complet de mesures » en réaction aux projets israéliens de construction dans la zone E1, près de Maalé Adoumim, en Judée-Samarie. Devant les parlementaires britanniques mardi, le chef de la diplomatie a promis que Londres ne resterait pas sans réaction face à ce qu’il considère comme une menace pour la solution à deux États.
« Nous agirons », a déclaré Miliband devant la Chambre des communes. Le contenu précis des mesures n’a pas encore été dévoilé et doit être présenté dans les prochaines semaines. Le gouvernement britannique a cependant déjà indiqué qu’il souhaitait notamment viser par des sanctions les personnes participant à ce qu’il considère comme une expansion illégale des implantations israéliennes.
Au centre du bras de fer se trouve E1, une zone non construite située à proximité de Maalé Adoumim. Le projet fait depuis longtemps l’objet de pressions internationales et son développement est régulièrement présenté par plusieurs gouvernements étrangers comme susceptible de modifier profondément la continuité territoriale d’un futur État palestinien.
À découvrir aussi :
Pour Londres, cette question est désormais devenue une ligne rouge.
« Les implantations israéliennes sont illégales au regard du droit international », a déclaré Miliband aux députés britanniques. Le ministre a rappelé que des appels d’offres avaient été publiés le mois dernier concernant E1, une décision que Londres considère comme susceptible de couper la Judée-Samarie et de compromettre la viabilité d’un futur État palestinien.
Le gouvernement britannique avait déjà exprimé officiellement cette position le 19 août.
À cette date, Miliband avait qualifié la publication israélienne d’un appel d’offres pour E1 d’acte « inacceptable et destructeur ». Londres avait alors demandé au gouvernement israélien d’arrêter immédiatement le projet, de retirer l’appel d’offres et de mettre fin à l’expansion des implantations.
La réaction britannique ne s’était pas limitée à un communiqué.
Le chargé d’affaires israélien avait été convoqué au ministère britannique des Affaires étrangères afin que lui soit officiellement signifiée l’opposition de Londres à la décision du gouvernement Netanyahu. Ed Miliband avait également indiqué avoir directement transmis ses exigences au ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Sa’ar.
Deux semaines plus tard, le ton n’a donc pas diminué.
Devant les parlementaires, Miliband a réaffirmé que son gouvernement n’accepterait pas ce qu’il décrit comme la destruction de la solution à deux États.
Le Royaume-Uni considère celle-ci comme le seul moyen de garantir à long terme la sécurité et la paix aux Israéliens comme aux Palestiniens. C’est précisément à travers cette grille de lecture que Londres juge le projet E1.
La position britannique est partagée par plusieurs autres gouvernements.
Le 20 août, une déclaration internationale avait appelé Israël à revenir immédiatement sur les projets de construction à E1 et à mettre fin à l’expansion des implantations en Judée-Samarie. Au fil des jours, de nombreux pays européens ainsi que le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avaient rejoint cette initiative.
Le texte adressait également un avertissement aux entreprises susceptibles de participer aux appels d’offres israéliens. Elles étaient invitées à ne pas soumissionner et à prendre en considération les éventuelles conséquences juridiques et réputationnelles d’une participation aux constructions.
La pression exercée par Londres n’a cependant pas commencé avec E1.
Le gouvernement britannique avait déjà renforcé ses mesures concernant les implantations et les violences en Judée-Samarie. En juin, Londres avait annoncé avec plusieurs partenaires internationaux une nouvelle série de sanctions contre des personnes et des organisations accusées de financer ou de faciliter des violences de résidents israéliens contre des Palestiniens.
Les autorités britanniques avaient parallèlement durci leurs recommandations adressées aux entreprises.
Le gouvernement avait clairement conseillé aux citoyens et sociétés britanniques de ne pas mener d’activités économiques ou financières dans les implantations israéliennes qu’il considère comme illégales. Le ministère des Affaires étrangères avait également demandé à la Charity Commission d’examiner les liens éventuels entre certaines organisations caritatives britanniques et les implantations.
Le dossier E1 ouvre désormais la voie à une étape supplémentaire.
Dans son communiqué du 19 août, Miliband avait annoncé que le futur ensemble de mesures aurait plusieurs objectifs : répondre aux politiques du gouvernement israélien, protéger selon Londres la possibilité d’un futur État palestinien et sanctionner ceux qui participent à l’expansion des implantations.
Mardi, devant les députés, il a confirmé que cette promesse serait tenue.
Le gouvernement britannique associe également son opposition à E1 à la question des violences en Judée-Samarie. Miliband a dénoncé devant le Parlement ce qu’il qualifie de « terrorisme » commis par des résidents israéliens et a évoqué des Palestiniens chassés de leurs habitations.
Londres avait déjà adopté cette ligne devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Le 11 août, le représentant britannique avait affirmé que l’expansion des implantations nuisait à la viabilité d’une solution à deux États et alimentait l’insécurité aussi bien pour les Palestiniens que pour les Israéliens. Le Royaume-Uni s’était alors spécifiquement opposé au retour du projet E1.
Le 26 août, quelques jours après la publication de l’appel d’offres, Londres avait de nouveau demandé son retrait immédiat devant le Conseil de sécurité. Le représentant britannique avait déclaré que le projet risquait de créer une séparation à travers la Judée-Samarie et d’isoler Jérusalem-Est.
Israël rejette cette lecture juridique et politique.
Jérusalem conteste l’idée selon laquelle les implantations seraient illégales et soutient notamment que la Judée-Samarie constitue un territoire disputé plutôt qu’un territoire appartenant à un État souverain dont Israël aurait pris possession.
Le différend porte également sur les conséquences géographiques d’E1.
Les opposants au projet estiment que des constructions israéliennes dans cette zone rendraient impossible la continuité territoriale nécessaire à un futur État palestinien. C’est cet argument que reprend aujourd’hui le gouvernement britannique pour justifier sa volonté d’agir.
‘This government will not acquiesce in the destruction of the two-state solution’ – Miliband vows UK action over Israeli settlements
‘Last month we saw the issuing of tenders for the E1 settlement, long regarded as the crossing of a red line because it cuts through the heart of… https://t.co/AKZoY5MIfd pic.twitter.com/VlkQTIR3s3
— Viory Video (@vioryvideo) September 1, 2026
Israël, de son côté, revendique son droit à développer les localités israéliennes et rejette les pressions internationales destinées à déterminer où des Juifs peuvent ou non résider.
La confrontation avec Londres prend donc désormais deux dimensions.
La première est diplomatique. Le Royaume-Uni exige le retrait de l’appel d’offres et l’arrêt du projet E1. Israël refuse pour l’instant de céder à cette pression.
La seconde pourrait devenir concrète dans les prochaines semaines.
Miliband a promis des mesures et ne parle plus seulement d’un avertissement. Londres a déjà utilisé l’instrument des sanctions contre des individus et des organisations liés aux implantations. Le nouveau dispositif annoncé doit aller plus loin, même si son contenu exact n’a pas encore été rendu public.
Le ministre britannique n’a laissé que peu d’ambiguïté sur l’intention politique de son gouvernement.
Londres estime qu’il existe encore une possibilité de préserver la création future de deux États et affirme qu’il ne laissera pas les développements sur le terrain rendre cette option impossible.
Cette position explique la formule choisie mardi par Miliband : « Nous agirons. »
Mais cet avertissement britannique a déjà provoqué son équivalent à Jérusalem.
Gideon Sa’ar a prévenu que si Londres prenait effectivement des mesures contre Israël, Israël prendrait à son tour des mesures contre le Royaume-Uni. Le ministre israélien affirme disposer d’« outils » permettant de répondre et assure que Jérusalem prépare déjà cette éventualité.
Le dossier E1 se transforme ainsi en véritable épreuve de force diplomatique.
Londres promet un « ensemble complet de mesures ». Jérusalem promet une riposte si ces mesures sont appliquées.
Au milieu de cette confrontation demeure une parcelle située près de Maalé Adoumim dont le développement est débattu depuis des années, mais qui concentre aujourd’hui une question politique beaucoup plus vaste : celle de l’avenir de la Judée-Samarie et de la possibilité d’une solution à deux États.
Pour le gouvernement britannique, la réponse ne souffre aucune ambiguïté : E1 menace cette possibilité et justifie désormais une action contre la politique israélienne.
Le contenu précis de cette action reste à découvrir. Ed Miliband a simplement fixé le rendez-vous : les mesures seront dévoilées « dans les prochaines semaines ».
Retrouvez également sur Infos-Israel.News les précédents développements concernant les pressions internationales exercées sur Israël et la situation en Judée-Samarie sur la page d’accueil : https://infos-israel.news/






