URGENCE : Une rare prolifération d’algues venue d’Égypte paralyse cinq des six principales usines de dessalement d’Israël, provoquant coupures d’eau et restrictions d’urgence

Un événement marin rare a forcé cinq des six grandes usines de dessalement méditerranéennes d’Israël à interrompre leur production, mettant sous tension brutale le système qui alimente la majeure partie du pays en eau potable.

Les installations d’Ashkelon, d’Ashdod, de Palmachim, ainsi que Sorek A et Sorek B, ont suspendu leur activité après qu’une turbidité extrême a rendu l’eau de mer entrante impossible à filtrer normalement. Seule l’usine de Hadera est restée opérationnelle, tandis que l’installation distincte desservant Eilat n’a pas été affectée. Les arrêts ont débuté durant le week-end, mais leur impact est devenu pleinement visible lorsque la pression de l’eau a chuté, provoquant des coupures localisées jusqu’à Jérusalem et dans certaines zones du centre du pays.

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Les premières conclusions de l’Institut océanographique et limnologique d’Israël pointent vers une importante prolifération d’algues microscopiques, qui semble avoir pris naissance près du delta du Nil, en Égypte, avant d’être transportée vers le nord en direction d’Israël par les vagues et les courants. Des chercheurs ont prélevé des échantillons près d’Ashkelon et de Palmachim et travaillent actuellement à identifier les espèces en cause et à déterminer si certaines d’entre elles produisent des toxines.

Le directeur général de l’Autorité de l’eau, Yehezkel Lifshitz, a comparé le phénomène à « une piscine dont le fond est boueux » : une fois les sédiments remués, l’eau doit se stabiliser avant de pouvoir être filtrée efficacement.

Malgré des spéculations immédiates dans un contexte régional de tensions accrues, la Direction nationale de la cybersécurité israélienne a formellement écarté toute piste de cyberattaque. Les autorités ont précisé que les arrêts résultaient de conditions maritimes inhabituelles liées à des intempéries et à la présence d’algues, et non d’une activité hostile.

Les usines ont été mises à l’arrêt pour protéger leurs systèmes de filtration et empêcher une eau de mer brute compromise d’entrer dans le processus de production. L’Autorité de l’eau n’a émis aucune consigne généralisée modifiant la consommation domestique normale, bien que plusieurs municipalités aient appelé leurs habitants à économiser l’eau, les réservoirs locaux et les niveaux de pression ayant baissé.

Les autorités ont donné la priorité à l’eau potable pour les foyers en réduisant fortement les usages jugés moins essentiels. La société Mekorot a activé des puits supplémentaires et d’autres sources de production, tandis que l’approvisionnement en eau potable destiné à l’agriculture a été réduit dans certaines régions du sud du pays. Ramat HaNegev a temporairement suspendu ses livraisons agricoles, les agriculteurs d’Eshkol ont reçu l’ordre de réduire leur irrigation en eau douce, et plusieurs collectivités locales ont cessé d’arroser jardins publics et parcs.

Jérusalem a connu des coupures dans plusieurs quartiers et a ouvert des points d’eau publics, tandis que Guivataïm, Rishon LeZion et des localités de la région de Guézer ont été averties de possibles perturbations. Tel-Aviv a elle aussi réduit sa consommation municipale d’eau et fermé douches et robinets sur les plages de la ville.

Le rétablissement a commencé à mesure que la mer s’est éclaircie. En soirée, les usines Sorek A et Sorek B retrouvaient un fonctionnement complet, Palmachim et Ashdod devant suivre. Les responsables de l’eau ont indiqué que la production continuerait de s’étendre à mesure que la turbidité diminuerait, tandis que les restrictions sur l’irrigation publique resteraient en vigueur jusqu’à la stabilisation complète du réseau.

Cet incident revêt une importance particulière car les installations de dessalement fournissent jusqu’à 80% de l’eau potable d’Israël et produisent environ 800 millions de mètres cubes par an. Des événements de contamination de l’eau de mer avaient déjà provoqué par le passé des fermetures temporaires d’usines, mais la perte simultanée de cinq installations majeures a constitué une épreuve de résistance extraordinaire pour le système.

Un rapport du Contrôleur de l’État avait déjà recensé 14 incidents de contamination de l’eau de mer ayant interrompu la production de dessalement entre 2007 et 2023, avec des arrêts allant de quelques heures à cinq jours. Ce rapport avertissait également que les toxines algales et l’évolution des conditions en Méditerranée nécessitaient une surveillance plus étroite.

Les puits de secours, les réservoirs et le réseau national de distribution d’Israël ont empêché cette perturbation de se transformer en crise prolongée de l’eau pour les foyers. L’épisode a néanmoins démontré comment un seul événement naturel, survenu le long d’un littoral relativement étroit, peut affecter simultanément plusieurs installations stratégiques.

Cet avertissement survient juste après le lancement par Israël d’un appel d’offres pour une nouvelle usine de dessalement de grande envergure à Emek Hefer, près de Netanya. L’installation prévue produirait jusqu’à 400 millions de mètres cubes par an, soit l’équivalent d’environ 40% de l’eau actuellement consommée par les foyers et l’industrie israéliens. Ce dernier épisode devrait accélérer non seulement l’expansion des capacités, mais aussi la diversification géographique de la production et le renforcement des sources de secours.

Sur ce sujet, infos-israel.news avait déjà évoqué le rôle croissant du dessalement dans l’approvisionnement en eau potable d’Israël ainsi que les risques de pénuries d’eau auxquels le pays pourrait être confronté dans les années à venir.