Le « fils du Hamas » déchaîné : Mosab Hassan Yousef durcit encore son discours

Mosab Hassan Yousef, connu internationalement sous le surnom de « Prince vert » et souvent présenté comme le « fils du Hamas », a provoqué une nouvelle controverse aux États-Unis après des déclarations particulièrement virulentes contre les musulmans, le Coran et l’islam lors du troisième Jewish American Summit organisé à Los Angeles.

Le Hamas et l’islamisme radical occupent depuis des années une place centrale dans les interventions publiques de Yousef. Cette fois, cependant, ses propos ont dépassé la dénonciation d’une organisation terroriste ou d’une idéologie politique pour viser explicitement l’ensemble des musulmans présents aux États-Unis.

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Le sommet s’est tenu dimanche 30 août 2026 dans l’ouest de Los Angeles. Il réunissait des responsables communautaires, des militants, des personnalités politiques, des journalistes et plusieurs intervenants engagés dans les débats concernant Israël, l’antisémitisme et l’avenir de la communauté juive américaine.

Mosab Hassan Yousef figurait parmi les derniers intervenants de la journée.

Le programme officiel lui réservait une séquence intitulée « Dans l’esprit de l’ennemi », animée par Jonah Platt. Son intervention était programmée à 17 h 10, après une journée durant laquelle avaient notamment été abordés l’alliance entre les États-Unis et Israël, l’antisémitisme, la diplomatie israélienne, l’Iran et la mobilisation politique pro-israélienne.

Yousef n’est pas un intervenant ordinaire lorsqu’il s’agit du Hamas.

Il est le fils du cheikh Hassan Yousef, l’un des dirigeants historiques de l’organisation islamiste palestinienne. Après avoir grandi au sein de cet environnement, Mosab Hassan Yousef a rompu avec le mouvement et a secrètement collaboré pendant des années avec le Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure.

Son histoire est devenue mondialement connue sous le nom de « Green Prince », le « Prince vert ».

Depuis sa rupture avec le Hamas, Yousef s’est imposé comme l’un des critiques les plus radicaux du mouvement, mais aussi plus largement de l’islam politique et de certains fondements de l’islam.

À Los Angeles, une question sur la charia et le terrorisme aux États-Unis a déclenché une réponse d’une violence verbale exceptionnelle.

« Je ne veux pas de musulmans en Amérique », a déclaré Yousef.

Il a ensuite demandé, dans des termes explicitement injurieux, aux musulmans de quitter les États-Unis et de retourner dans leurs pays d’origine afin de les réformer.

Le passage, enregistré en vidéo puis largement diffusé sur les réseaux sociaux, a immédiatement attiré l’attention en raison de sa formulation générale : Yousef ne parlait plus uniquement des islamistes, du Hamas, des djihadistes ou des partisans de la charia politique, mais des « musulmans » sans distinction.

Il a poursuivi en utilisant à plusieurs reprises le même registre grossier pour dire qu’il ne se souciait ni du Coran, ni du prophète de l’islam, ni de l’ensemble du système de croyances musulman.

Ces déclarations ont suscité des applaudissements dans une partie de la salle.

La violence du propos était telle qu’à la fin de cette séquence, un autre participant a tenté de détendre l’atmosphère par une remarque ironique : « Dis-nous vraiment ce que tu penses. »

La phrase a provoqué une réaction amusée après plusieurs minutes d’un discours particulièrement tendu.

Mais une fois la vidéo sortie de la salle, le débat a changé de nature.

La question n’était plus seulement celle du message traditionnel de Mosab Hassan Yousef sur le Hamas et l’extrémisme islamiste. Ses déclarations ont relancé une discussion beaucoup plus sensible aux États-Unis : peut-on dénoncer radicalement une idéologie religieuse et politique sans transformer cette dénonciation en rejet collectif des personnes qui appartiennent à cette religion ?

C’est précisément cette frontière que ses détracteurs l’accusent d’avoir franchie.

Le Council on American-Islamic Relations et sa branche de Los Angeles ont publié dès le 31 août une condamnation des propos tenus lors du sommet.

L’organisation musulmane américaine a demandé aux organisateurs et aux organisations associées à l’événement de condamner les déclarations de Yousef et de présenter des excuses pour lui avoir offert une tribune.

Dans son communiqué, l’organisation a spécifiquement repris la phrase dans laquelle Mosab Hassan Yousef déclare ne pas vouloir de musulmans en Amérique et leur ordonne de quitter les États-Unis.

Elle a également dénoncé les applaudissements entendus dans la salle.

Pour ses responsables, il ne s’agissait pas d’une critique de l’islamisme mais d’un discours dirigé contre les musulmans en tant que groupe religieux.

L’organisation a donc demandé au Jewish American Summit de désavouer les propos et a également interpellé les personnalités ayant participé à l’événement.

La polémique est d’autant plus importante que le sommet accueillait plusieurs intervenants connus.

L’ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee était notamment annoncé pour une intervention consacrée à l’alliance entre les États-Unis et Israël. L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Yechiel Leiter figurait également au programme, tout comme Gad Saad et plusieurs responsables communautaires et militants.

Le Jewish American Summit présente son événement comme un rassemblement annuel consacré au leadership, à l’identité, à Israël et aux défis auxquels la vie juive américaine est confrontée.

L’édition 2026 était la troisième.

Selon les organisateurs, les deux premières éditions avaient affiché complet et rassemblé plusieurs centaines de participants. Le sommet de cette année s’inscrivait notamment dans un environnement marqué, selon sa présentation officielle, par les conséquences du 7 octobre, la progression de l’antisémitisme, la polarisation politique et les tensions sur les campus américains.

C’est dans ce cadre que Mosab Hassan Yousef avait été invité à apporter son expérience personnelle de l’univers du Hamas.

Son parcours explique en grande partie l’attention accordée à chacune de ses interventions.

Fils d’une figure du mouvement, il a vécu de l’intérieur un environnement auquel très peu de personnalités pro-israéliennes peuvent prétendre avoir été directement confrontées.

Après son arrestation par Israël dans les années 1990, il avait commencé à collaborer avec le Shin Bet.

Cette coopération s’est poursuivie pendant plusieurs années et lui a valu son surnom de « Prince vert » au sein des services israéliens. Son histoire a ensuite été racontée publiquement et a fait de lui une personnalité internationale.

Yousef s’est depuis exprimé à de nombreuses reprises contre le Hamas.

Après le massacre du 7 octobre 2023, il a multiplié les interventions dans lesquelles il défendait une ligne extrêmement dure contre l’organisation et rejetait les discours présentant le conflit uniquement sous l’angle territorial israélo-palestinien.

Pour lui, la dimension idéologique et religieuse de l’affrontement ne peut être écartée.

C’est également ce qui structure ses interventions sur l’islamisme politique.

Mais à Los Angeles, son discours a franchi une étape supplémentaire.

En disant « Je ne veux pas de musulmans en Amérique », il ne s’est pas limité à désigner les membres d’organisations islamistes ou les personnes favorables à l’application de la charia. Il a formulé une exclusion générale touchant une communauté religieuse entière.

Cette différence explique pourquoi la vidéo est devenue controversée au-delà des cercles habituels qui suivent les déclarations du « fils du Hamas ».

Même parmi ceux qui considèrent son expérience personnelle comme une source importante pour comprendre le Hamas et l’extrémisme islamiste, la formulation utilisée pose une question distincte : son vécu et sa connaissance de l’organisation justifient-ils une généralisation à l’ensemble des musulmans ?

La source ayant diffusé les images a elle-même accompagné la publication d’un avertissement indiquant qu’elle condamnait toute forme de violence, de haine, de harcèlement ou d’intimidation et que la diffusion de la séquence répondait à un objectif d’information.

Elle souligne également la réaction d’un observateur qui résume le dilemme suscité par Yousef : on peut rejeter la manière dont il s’exprime tout en estimant nécessaire de s’interroger sur l’origine de son avertissement.

C’est précisément cette tension qui accompagne depuis longtemps le personnage.

Mosab Hassan Yousef ne parle pas du Hamas comme un analyste extérieur. Son père appartient à l’histoire de l’organisation. Lui-même a grandi dans cet univers avant de le rejeter, de travailler pour le service de sécurité israélien et de devenir publiquement l’un de ses adversaires les plus déterminés.

Cette trajectoire donne à son témoignage une dimension particulière.

Elle ne place cependant pas ses déclarations au-dessus de la critique.

La polémique américaine actuelle ne porte donc pas sur la réalité du passé de Yousef ou sur son opposition au Hamas. Elle concerne les conclusions qu’il en tire lorsqu’il parle de millions de personnes qui ne sont pas membres du mouvement islamiste palestinien.

Les réactions à la vidéo illustrent deux lectures très différentes.

Pour ses défenseurs, la brutalité du langage ne doit pas détourner l’attention de son avertissement concernant l’islamisme, la charia politique et les mouvements terroristes. Ils considèrent que l’expérience personnelle de Yousef lui donne une connaissance particulière des mécanismes idéologiques qu’il dénonce.

Pour ses détracteurs, le problème se situe précisément dans l’effacement de la distinction entre l’islamisme radical et les musulmans dans leur ensemble.

Le Council on American-Islamic Relations considère ainsi que l’appel demandant aux musulmans de quitter les États-Unis relève d’un discours antimusulman et non d’une critique politique du Hamas ou de l’islamisme.

La controverse s’est donc déplacée du Moyen-Orient vers un débat profondément américain.

Aux États-Unis, la liberté d’expression permet des critiques extrêmement virulentes des religions et des idéologies. Mais l’appel à rejeter collectivement les membres d’une communauté en raison de leur religion soulève immédiatement des questions politiques et sociales beaucoup plus larges.

Mosab Hassan Yousef, lui, n’a jamais construit sa notoriété sur la prudence de ses formulations.

À Los Angeles, il a poussé cette logique beaucoup plus loin encore.

La séquence du Jewish American Summit restera ainsi moins marquée par ses critiques habituelles contre le Hamas que par une phrase qui a transformé son intervention en polémique nationale : « Je ne veux pas de musulmans en Amérique. »

Une déclaration qui, en quelques secondes, a déplacé le débat de la lutte contre l’extrémisme islamiste vers celui de la limite entre la critique d’une idéologie et la condamnation d’une population entière.

Pour approfondir les débats autour du Hamas, de l’islamisme et de leurs répercussions en Occident, Infos-Israel.News a notamment publié cette analyse consacrée à la place de l’islamisme dans le débat politique français : https://infos-israel.news/la-question-juive-dans-la-politique-francaise/

À relire également sur le Hamas et ses réseaux : https://infos-israel.news/il-a-grandi-a-gaza-et-son-pere-etait-dans-une-prison-israelienne-cest-lun-des-membres-de-la-cellule-qui-a-prevu-dassassiner-le-depute-ben-gvir/