Trump menace de frapper « très bientôt » Pickaxe Mountain, le site nucléaire souterrain iranien

Le président américain Donald Trump a de nouveau haussé le ton face à l’Iran, affirmant que les États-Unis pourraient frapper « très bientôt » le site de Pickaxe Mountain, un complexe nucléaire souterrain lourdement fortifié situé à proximité de l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz, déjà sévèrement endommagée par de précédentes frappes. S’exprimant devant des journalistes, le président a déclaré que le renseignement américain savait « tout le monde qui bouge » sur ce site ainsi qu’ailleurs en Iran, une formule destinée à souligner l’étendue de la surveillance américaine sur les activités iraniennes.

Connu en Iran sous le nom de Kūh-e Kolang, ou « Mont Kolang », Pickaxe Mountain se trouve à environ deux kilomètres de Natanz, dans la province d’Ispahan. Le site abrite deux réseaux de tunnels creusés profondément dans la roche, à une profondeur estimée à une centaine de mètres. Conçu pour remplacer une installation de surface capable d’assembler environ 6 000 centrifugeuses avancées par an avant sa destruction en 2020, Pickaxe Mountain est associé de longue date à l’infrastructure iranienne d’enrichissement d’uranium.

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Ce n’est pas la première fois que Trump vise ce site. Dès le mois de juillet, il avait averti que les États-Unis « prendraient Pickaxe » si l’Iran ne parvenait pas à un accord avec Washington, avant de répéter la menace à plusieurs reprises devant la presse, y compris lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec le président libanais Joseph Aoun. Selon des informations du Wall Street Journal, les services de renseignement israéliens auraient évalué que l’Iran avait transféré des centrifugeuses vers Pickaxe Mountain à l’automne dernier, sans qu’il soit établi si ce transfert visait à constituer un nouveau site d’enrichissement actif ou simplement à protéger le matériel des frappes.

Le site avait été épargné jusqu’ici, contrairement aux trois installations nucléaires majeures — dont Natanz — visées par les frappes conjointes américano-israéliennes de juin 2025, que Trump avait alors qualifiées d’avoir « complètement et totalement anéanti » les capacités nucléaires iraniennes. Des experts militaires restent toutefois divisés sur la capacité réelle des bombes anti-bunker américaines à atteindre les chambres profondes de Pickaxe Mountain, sa profondeur pouvant potentiellement la placer hors de portée des armements conventionnels les plus puissants dont dispose l’armée américaine.

La nouvelle menace de Trump intervient dans un contexte de tensions déjà vives entre Washington et Téhéran, marqué par onze nuits consécutives de frappes américaines contre des cibles militaires iraniennes, ainsi que par de nouvelles sanctions imposées par le Trésor américain à une banque turque soupçonnée de liens avec le régime iranien. Quelques heures après les nouvelles déclarations de Trump, un pétrolier iranien au large de l’île de Kharg — principal terminal d’exportation pétrolière du pays — aurait été touché par quatre missiles américains, selon le média iranien Khabar Fouri. L’île de Kharg concentre à elle seule environ 90 % des exportations pétrolières iraniennes.

Les négociations relatives au programme nucléaire iranien restent par ailleurs dans l’impasse depuis l’expiration mi-août d’une fenêtre de soixante jours dédiée aux discussions diplomatiques. Téhéran continue d’affirmer qu’aucune activité n’est en cours sur le site de Natanz, tandis que le commandement militaire iranien Khatam al-Anbiya a averti qu’une frappe sur Pickaxe Mountain constituerait « une explosion de guerre » dans la région.