Le commissaire européen à la Santé et au Bien-être animal, Olivér Várhelyi, a pris une position remarquée en faveur des droits religieux des juifs d’Europe, à l’occasion d’une réception organisée pour Roch Hachana par la Conférence des rabbins européens (CER) à Bruxelles, dans les locaux de la Représentation du Land de Bavière auprès de l’Union européenne. Le commissaire hongrois, membre du parti Fidesz de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán, a affirmé que l’Europe ne pouvait pas prétendre que la vie juive avait sa place sur le continent tout en rendant de plus en plus difficile, voire impossible, l’exercice plein et entier de cette vie juive. Il a ajouté que les traditions et pratiques religieuses juives devaient, en conséquence, être respectées et protégées.
Ces propos interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la communauté juive de Belgique et les autorités du pays autour de deux pratiques rituelles fondamentales. La première concerne l’abattage rituel casher, la shechita, interdit en Flandre depuis 2019 puis en Wallonie la même année, au nom du bien-être animal, cette méthode imposant que l’animal soit conscient au moment de la mise à mort. La seconde touche la brit milah, la circoncision rituelle pratiquée sur les nourrissons juifs huit jours après leur naissance. Si cette pratique n’a, à ce jour, fait l’objet d’aucune interdiction formelle en Belgique, deux mohels d’Anvers font actuellement l’objet de poursuites judiciaires, les autorités belges leur reprochant d’avoir exercé illégalement la médecine et d’avoir commis des coups et blessures volontaires avec préméditation sur des mineurs, la loi belge exigeant que toute intervention chirurgicale soit réalisée par un praticien certifié.
Cette procédure judiciaire, déclenchée par la plainte d’un membre de la communauté juive contestant une pratique rituelle spécifique, a suscité une vive inquiétude parmi les organisations juives européennes et internationales, qui craignent qu’une décision défavorable des tribunaux ne soit exploitée pour aboutir, dans les faits, à une interdiction pure et simple de la circoncision rituelle. Le président de la Conférence des rabbins européens, le rabbin Pinchas Goldschmidt, a qualifié la circoncision et l’abattage casher d’obligations religieuses fondamentales et non de simples coutumes optionnelles, dénonçant des procédures qu’il juge être des attaques directes contre les droits religieux des juifs plutôt que de véritables processus réglementaires équitables.
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L’affaire a également pris une tournure diplomatique, l’ambassadeur américain à Bruxelles ayant qualifié les poursuites de « ridicules et antisémites », tandis que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a évoqué une hausse continue des actes antisémites en Belgique depuis plusieurs années, citant notamment des juifs craignant de porter la kippa dans la rue, la profanation de cimetières juifs et une tentative d’incendie visant une synagogue à Anvers.
Certains observateurs rappellent que d’autres pays européens ayant connu des controverses similaires ont opté pour une voie différente : l’Allemagne, confrontée en 2012 à une décision judiciaire de Cologne suspendant temporairement la circoncision, avait finalement légiféré pour protéger explicitement ce droit religieux, en concertation avec les communautés juive et musulmane. La France et les Pays-Bas disposent quant à eux d’accords informels mais fonctionnels entre autorités sanitaires et circonciseurs religieux, évitant ainsi ce type de confrontation judiciaire.






