Depuis les attentats en France contre des cibles juives, un dĂ©bat approfondi sur l’immigration massive en provenance des Juifs de France a dĂ©butĂ© en IsraĂ«l. Les politiciens israĂ©liens demandent aux Juifs de quitter la France et de venir vivre dans ce nouveau foyer de l’État juif, mais les technocrates prudents avertissent l’indisponibilitĂ© du pays Ă recevoir une grande Alya.
Rappelons-nous de l’Alya massive soviĂ©tique entre 1989-90, des dizaines de milliers de Juifs soviĂ©tiques se tenaient dans les files d’attente pour un visa et pourtant aujourd’hui, ils sont enregistrĂ©s dans les postes les plus Ă©levĂ©s de la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne.Â
« Benjamin Netanyahu s’est trompĂ© quand il a appelĂ© les Juifs français Ă immigrer en IsraĂ«l – a dĂ©clarĂ© le chef du DĂ©partement de la gestion des terres de l’Ă©valuation immobilière  pour la simple raison qu’il n’y a pas appartements ». « …MĂŞme si le pays accueille 12 000 immigrĂ©s, ils auront besoin de 3000 appartements, et nous n’en avons pas » – met en garde Ehud Danos sur le site News 1.
Il suffit de conduire quelques minutes dans le Neguev, pour dĂ©couvrir ces terrains Ă pertes de vu qui pourraient faire habiter des familles de France et d’autres pays. De plus, leur venue ne pourrait qu’augmenter L’Ă©conomie du pays et l’emploi.
Ehud Danos a ajoutĂ© dans son pessimisme  : « les Français prĂ©fèrent vivrent près de la mer, et cette Alya massive entraĂ®nera une forte hausse de la demande de logements dans la zone cĂ´tière, et par consĂ©quent les prix de l’immobilier dans la rĂ©gion vont augmenter en flèche. « Aujourd’hui, sans cette Alya massive, la majoritĂ© des appartements en bord de mer ne sont pas habitĂ©s, car ils sont la propriĂ©tĂ© de ces Français, et les prix ont tout de mĂŞme augmentĂ© sans tenir compte de cette immigration.
Dans une rĂ©cent interview avec « Globes », les constructeurs et les agents immobiliers ont fait quelques ajustements: les derniers immigrants français achètent activement des appartements, par exemple, Ă Hadera et le Grand Tel Aviv et sa pĂ©riphĂ©rie, mais selon l’agence de nouvelles News1, les immigrants français sont Ă©galement intĂ©ressĂ©s par Afula, Hazor HaGelilit et d’autres villes de la pĂ©riphĂ©rie.
Le deuxième problème est l’emploi. Selon le site The Marker, la Alya  en provenance de l’ancienne Union soviĂ©tique a donnĂ© une puissante impulsion au dĂ©veloppement de la haute technologie en IsraĂ«l, et les immigrants «russes» sont des ingĂ©nieurs très prĂ©sent dans l’enseignement technique. Il y a un tel potentiel en France, et la plupart des ingĂ©nieurs d’origine juive prĂ©fèrent chercher un endroit en IsraĂ«l, que les Etats-Unis. Contrairement aux dĂ©but des annĂ©es 90, de nombreux Juifs français parlent l’hĂ©breu et ont une forte motivation religieuse et sioniste, ainsi que des parents en IsraĂ«l, oĂą ils se dĂ©placent souvent.
Cependant, comme le note The Marker, contrairement Ă la direction technologique « russe », la plupart des Juifs français essaient de se diriger dans les affaires. «Les immigrants en gĂ©nĂ©ral sont par nature sujettes Ă l’esprit d’entreprise, et les Français en particulier. Beaucoup d’entre eux sont intĂ©ressĂ©s par le libre-Ă©change, un milieu oĂą il est difficile de trouver un emploi, en concurrence avec leurs homologues locaux. Par consĂ©quent, ils doivent tout recommencer », dit Patricia Lai-Engel, directrice de la start-up de l’effet de serre The Hive. Selon elle, 25% des participants dans les domaines du programme de l’entreprise sont des immigrants venus de France.
« L’Alyah française est très instruite avec un grand potentiel pour renforcer l’Ă©conomie israĂ©lienne » – a ajouté Patricia.
Ce dimanche 18 Janvier, le ministre de l’Alya se rendra Ă une rĂ©union concernant des amendements et des propositions de projets nationaux gouvernementaux pour encourager le rapatriement, qui a Ă©tĂ© adoptĂ© par le gouvernement en Juin 2014. Pour la mise en Ĺ“uvre de ce projet qui vise également Ă amĂ©liorer l’intĂ©gration professionnelle des immigrants sur le marchĂ© du travail, d’autres institutions seront prĂ©sentes telles que le Ministère de l’IntĂ©gration, le ministère de l’Éducation, le Ministère de la SantĂ© et le ministère des Finances. Certains Ă©lĂ©ments du projet national aura une incidence, y compris les questions de soutien Ă l’Alya de France.
Ce 12 janvier, la Ministre de l’IntĂ©gration va rencontrer des reprĂ©sentants d’organisations non gouvernementales et des gestionnaires de projets pour les immigrants français pour discuter des principaux problèmes rencontrĂ©s dans l’Alyah française.
Selon le ministère de l’IntĂ©gration, ces derniers mois en France, l’Alya est de plus en plus dans la tĂŞte des personnes :
« Nous faisons tout le nĂ©cessaire pour faciliter le processus de recherche d’emploi des immigrants et accĂ©lĂ©rer leur intĂ©gration professionnel dans le pays. Ce sera certainement apporter des rĂ©sultats positifs, tant pour les immigrĂ©s que pour l’Ă©conomie israĂ©lienne dans son ensemble. Pour rĂ©ussir l’intĂ©gration, nous allons travailler dans des projets nationaux qui prendront compte des besoins des rapatriĂ©s, et tout faire pour s’assurer que les nouveaux citoyens se sentent comme Ă la maison »- dit Sofa Landwehr, lors de la rĂ©union.
Selon la ministre : « Pour Ă©liminer les obstacles et l’intĂ©gration des nouveaux immigrants dans le marchĂ© du travail, tous les ministères impliquĂ©s dans les projets nationaux doivent prendre les mesures nĂ©cessaires pour permettre aux rapatriĂ©s de recevoir une licence pour travailler en IsraĂ«l et dans le court terme pour confirmer les diplĂ´mes de l’enseignement supĂ©rieur. Ainsi, entre autres choses, le ministère de l’IntĂ©gration et le ministère de l’Éducation exige l’organisation d’un cours spĂ©cial pour les enseignants-rapatriĂ©s qui n’ont pas un diplĂ´me universitaire. Ce cours donnera aux enseignants la possibilitĂ© d’acquĂ©rir des connaissances pour examiner la discipline manquante et amĂ©liorer les compĂ©tences afin de poursuivre leurs Ă©tudes acadĂ©miques et leur permettre de commencer Ă travailler comme enseignants des Ă©coles primaires dans les Ă©coles israĂ©liennes. »
D’autres questions relatives Ă la mise en Ĺ“uvre du projet national visant Ă encourager le rapatriement, aura lieu lors d’une rĂ©union du cabinet Dimanche prochain.





