IsraĂ«l importe 77% de son pĂ©trole Ă  partir des Kurdes dans le nord de l’Irak

Au moins les trois quarts du pĂ©trole importĂ©s ces derniers mois en IsraĂ«l vient de l’Irak, un pays avec lequel il est techniquement ennemi depuis des dĂ©cennies selon un rapport publiĂ© dans le Financial Times.

Pour ĂŞtre plus prĂ©cis, le pĂ©trole provient de la rĂ©gion kurde semi-autonome de l’Irak. Avec cette action, IsraĂ«l fournit une source vitale de financement pour le Kurdistan qui a des problèmes de liquiditĂ© (trĂ©sorerie ) et fournit aux milices kurde « peshmergas » un financement indispensable pour lutter contre l’Etat islamique.

En fin de compte, l’Italie, la France et la Grèce sont aussi parmi les plus gros acheteurs, a indiquĂ© le journal. Le commerce se fait Ă  travers un système secret de mĂ©diation entre sociĂ©tĂ©s de marketing , y compris Vitol et Transfigura.

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Le rapport est basĂ© sur les donnĂ©es des expĂ©ditions, des sources commerciales et la surveillance par satellite des navires pĂ©troliers. Selon ces donnĂ©es, les raffineries de pĂ©trole et les compagnies israĂ©liennes ont importĂ© plus de 19 millions de barils de pĂ©trole kurde entre dĂ©but mai et le 11 aoĂ»t. Ce commerce Ă©quivaut Ă  près d’un milliard de dollars, selon les prix internationaux pendant cette pĂ©riode.

Cela Ă©quivaut Ă  environ 77 % de la demande israĂ©lienne moyenne, qui a atteint environ 240 mille barils par jour, selon le Financial Times. Plus d’un tiers des exportations de nord de l’Irak, qui ont Ă©tĂ© transportĂ©es Ă  travers un pipeline au port turc de Ceyhan, sur la MĂ©diterranĂ©e, ont Ă©té dirigĂ©es vers IsraĂ«l pendant cette pĂ©riode.

Une partie de ce pĂ©trole peut avoir Ă©tĂ© rĂ©exportĂ©e d’IsraĂ«l ou stockĂ©e dans des rĂ©servoirs, a notĂ© le journal britannique.

Les analystes du secteur pĂ©trolier suggèrent qu’IsraĂ«l peut avoir acquis le pĂ©trole  kurde avec un rabais ; mais les fonctionnaires du gouvernement rĂ©gional du Kurdistan (KRG) dĂ©mentent cette dernière information. D’autres suggèrent qu’il pourrait ĂŞtre la manière dont IsraĂ«l envoie un soutien financier aux Kurdes.

De toute façon, l’Ă©mergence d’IsraĂ«l comme l’un des plus grands acheteurs de pĂ©trole du nord de l’Irak illustre les divisions croissantes entre Erbil et le gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă  Bagdad. 

Bagdad ne reconnaĂ®t pas et ne maintient pas de relations officielles avec IsraĂ«l. Le gouvernement rĂ©gional du Kurdistan a prĂ©cisĂ© que lle pĂ©trole n’a pas Ă©tĂ© vendu Ă  IsraĂ«l « directement ou indirectement » ; mais le Financial Times souligne que les liens entre Erbil et JĂ©rusalem datent de plusieurs dĂ©cennies, alors que les deux parties trouvent un terrain d’entente, par les pays alliĂ©s de l’Occident et non par les pays arabes.« Nous ne nous soucions pas oĂą va le pĂ©trole, une fois que les commerçants l’ont livré », a dĂ©clarĂ© un conseiller du gouvernement kurde Ă  Erbil, ajoutant: « Notre prioritĂ© est de trouver l’argent pour financer nos forces » peshmergas « contre Daesh [ État islamique] et de payer les salaires des employĂ©s du secteur public « .

Le gouvernement d’IsraĂ«l ne se prononce pas sur la source de l’Ă©nergie, qu’elle considère comme une question de sĂ©curitĂ© nationale. Certaines sources dans le pays suggèrent que l’Etat juif continue Ă  importer du pĂ©trole de l’AzerbaĂŻdjan, le Kazakhstan et la Russie, les principaux fournisseurs de la majeure partie de la dernière dĂ©cennie.

Selon le Financial Times, IsraĂ«l est pas le seul pays Ă  avoir achetĂ© du pĂ©trole kurde. Depuis mai dernier, les raffineurs italiens importent environ 17 % de leurs approvisionnements en provenance du nord de l’Irak, avec une moyenne de plus de 450.000 barils par jour au cours de la pĂ©riode, tandis que la Grèce et la Turquie ont reprĂ©sentĂ© respectivement  8 et 9 %.

17% des exportations irakiennes du nord vont vers Chypre, pétrole qui est normalement transféré de navire à navire, une tactique parfois utilisée par les traders pour dissimuler la destination finale des ventes de pétrole, selon le journal.

Selon des sources de l’industrie Vitol, le plus grand nĂ©gociant en pĂ©trole indĂ©pendant dans le monde, ces initiatives servent à aider les Kurdes irakiens Ă  vendre leur pĂ©trole depuis le dĂ©but de cette annĂ©e.