Accusé de dizaines d’attentats : un terroriste planifiait de faire exploser une synagogue à Manhattan
Un commandant d’une milice terroriste irakienne inféodée à l’Iran a été arrêté et présenté vendredi devant un tribunal fédéral à New York, où il a été mis en examen pour avoir planifié et exécuté une vingtaine d’attentats en Europe et au Canada, ainsi que pour un projet d’attentat à la bombe visant une synagogue centrale de Manhattan.
Le suspect, Mohamed Baqer Saad Daoud Al-Saadi, 32 ans, est un cadre de la milice chiite Kataib Hezbollah — organisation désignée comme terroriste, directement liée aux Gardiens de la Révolution iraniens. Selon l’acte d’inculpation, il agissait pour « venger » les Américains et les Juifs en réponse à l’opération militaire américano-israélienne contre le programme nucléaire iranien.
Une bombe à Manhattan déjouée par un agent infiltré
Au cœur de l’acte d’accusation figure un projet d’attentat planifié pour le mois d’avril dernier : Al-Saadi avait préparé l’explosion d’une grande synagogue dans le quartier de Manhattan. Le complot a été déjoué après qu’il eut remis 3 000 dollars à un agent de police infiltré — qu’il croyait être un membre d’un cartel mexicain de la drogue. Cet argent devait financer l’exécution de l’opération.
Les faits reprochés ne s’arrêtent pas là. Il est également accusé d’avoir organisé l’incendie criminel d’une banque à Amsterdam, d’avoir commandité le poignardage de deux juifs à Londres, et d’avoir conduit d’autres opérations en Belgique et aux Pays-Bas. En outre, des enquêteurs ont trouvé en sa possession des cartes et des photographies de cibles juives à Los Angeles et à Scottsdale, en Arizona — preuve d’une planification avancée pour de futurs attentats sur le sol américain.
« Prisonnier de guerre » — et un sourire au tribunal
La comparution d’Al-Saadi devant le tribunal fédéral de Manhattan a offert une scène révélatrice. L’accusé est apparu souriant, tandis que son avocat plaidait qu’il convenait de le traiter comme un « prisonnier de guerre » — arguant de ses liens avec Qassem Soleimani, le général de la Force Quds éliminé par une frappe américaine en janvier 2020 à Bagdad.
Sur les réseaux sociaux, Al-Saadi avait appelé publiquement à « tuer tous ceux qui soutiennent l’Amérique et Israël ». Le procureur fédéral de Manhattan a résumé sobrement le dossier : « Al-Saadi a cherché à déstabiliser la société américaine par la violence et l’intimidation. »
La main longue de Téhéran
Ce dossier s’inscrit dans un tableau plus large que les services de renseignement occidentaux documentent depuis plusieurs années. L’Iran recourt à ses milices proxy — Kataib Hezbollah en Irak, Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen — pour externaliser ses opérations terroristes à l’étranger, en maintenant une distance suffisante pour nier toute implication directe. Le cas d’Al-Saadi illustre la progression de cette stratégie : des commandants de milices irakiennes opérant désormais sur le sol américain et européen, ciblant des institutions juives et des intérêts américains sous couverture de vengeance pour les frappes contre l’Iran.
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