L’atmosphère redevient électrique entre Israël, les États-Unis et l’Iran. Ce mercredi, le président américain Donald Trump a laissé tomber, à la surprise générale, une phrase qui résonne comme un coup de tonnerre diplomatique : interrogé sur le sort du protocole d’entente conclu avec Téhéran, il a lâché qu’à son avis, « c’est terminé ». Une déclaration prononcée aux côtés du secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, en marge du sommet des dirigeants de l’Alliance atlantique à Ankara.
Du côté israélien, la vigilance est immédiate. Un responsable militaire cité par nos confrères de Maariv confirme que les niveaux d’alerte et de préparation sont identiques à ceux observés la veille — traduction : Tsahal se tient prête à un retour rapide aux hostilités si la situation dégénère.
Une nuit de frappes et de représailles
Cette déclaration de Trump intervient au lendemain d’une nuit particulièrement tendue. L’armée américaine a frappé plus de quatre-vingts cibles à travers l’Iran, en représailles à des attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz. En réponse, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir visé 85 cibles militaires américaines au Bahreïn et au Koweït. Le commandement militaire conjoint iranien a averti que tout lieu soutenant les frappes américaines serait désormais considéré comme une cible légitime.
Selon les médias d’État iraniens, deux bases militaires situées dans la région de Bouchehr ont été touchées par les bombardements américains. L’agence de presse Fars a de son côté rapporté la mort d’un membre de la marine des Gardiens de la révolution, tué par un drone qu’elle attribue aux « forces ennemies ».
Du côté de l’OTAN, le secrétaire général Mark Rutte avait dès le matin qualifié les frappes de la nuit de « nécessaires ». Trump, lui, a exprimé son mécontentement quant au niveau de soutien apporté par l’Alliance aux États-Unis dans ce dossier — une remarque qui a surpris jusque dans les couloirs du sommet.
Un ministre américain qui annule son passage en Israël
Autre signe de la tension du moment : le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, présent lui aussi en Turquie, a annulé sa visite prévue ce jour en Israël, où il devait rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israël Katz. Cette rencontre devait notamment porter sur la vente controversée d’avions F-35 à la Turquie, ainsi que sur la situation avec l’Iran.
Sur ce dossier turc justement, Trump a tenu à ménager la chèvre et le chou. Interrogé sur les craintes israéliennes liées à une éventuelle vente de F-35 à Ankara, il a répondu avec sa verve habituelle : « J’aime Bibi, mais il a dit hier des choses très dures sur la Turquie. Erdogan est formidable — il n’a pas rejoint la guerre à cause de moi ».
Sur l’Iran, le ton a été nettement plus dur. Trump a qualifié le régime de Téhéran de « gens malades », évoquant « un cancer qu’il faut retirer ». Il a ajouté que les Iraniens avaient voulu l’éliminer et qu’au lieu de s’asseoir pour discuter, ils préféraient tirer sur des navires. Il a néanmoins précisé qu’il laisserait son équipe de négociateurs poursuivre les discussions avec Téhéran, tout en jugeant que cela relevait probablement d’une perte de temps.
Les marchés réagissent, l’Iran aussi
La déclaration présidentielle a immédiatement fait bondir les prix du pétrole : le Brent comme le brut américain WTI ont grimpé de plus de 4% dans la foulée. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a répliqué sur le réseau X, accusant l’administration américaine — hôte de la prochaine Coupe du monde — de poursuivre sa politique habituelle faite de contournement des règles, d’intimidation des rivaux et de tricherie.
Cette séquence intervient alors que le mémorandum d’entente conclu quelques semaines plus tôt entre Washington et Téhéran, censé geler les hostilités et rouvrir le détroit d’Ormuz, semblait déjà fragile. Le document prévoyait un délai de 60 jours pour parvenir à un accord définitif sur le dossier nucléaire — délai que Trump, à peine quelques heures avant sa déclaration d’aujourd’hui, semblait pourtant disposé à voir dépasser sans réagir militairement.
Pour Israël, qui avait mené l’essentiel des frappes contre les capacités balistiques et pétrochimiques du régime iranien lors des vagues précédentes, chaque site stratégique détruit en Iran reste un jalon dans cette confrontation qui semble loin d’être terminée. Le pays avait également vécu, il y a quelques mois, la confirmation américaine de la destruction du site nucléaire de Fordow, un épisode qui avait marqué un tournant dans cette guerre de l’ombre entre Jérusalem et Téhéran.






