Amnesty International poursuit IsraĂ«l pour l’affaire d’un logiciel espion NSO

Jeudi, Amnesty International a poursuivi le ministère israĂ©lien de la DĂ©fense, alors que le groupe de dĂ©fense des droits humains cherchait Ă  rĂ©voquer la licence d’exportation de la sociĂ©tĂ© de logiciels espions NSO Group pour des accusations de piratage.

La compagnie est poursuivie en justice dans les Etats – Unis pour le service de messagerie WhatsApp  prĂ©sumĂ©s espionner les militants des droits de     l’homme et d’autres.

NSO Group produit Pegasus, un outil hautement invasif qui serait en mesure d’allumer l’appareil photo du tĂ©lĂ©phone portable et le microphone d’une cible et d’accĂ©der aux donnĂ©es qu’il contient, transformant ainsi le tĂ©lĂ©phone en un espion de poche.

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Amnesty affirme que la technologie de l’entreprise a Ă©tĂ© utilisĂ©e contre l’un de ses employĂ©s lors d’une action «sismique», selon l’avocat de l’organisation Eitay Mack avant l’audience.

« En tentant d’attaquer un employĂ© d’Amnesty International, un message est envoyĂ© Ă  tous les militants des droits humains dans le monde : vous ĂŞtes Ă©galement une cible », a-t-il dĂ©clarĂ©.

Le ministère supervise toutes les exportations israĂ©liennes liĂ©es Ă  la dĂ©fense et Amnesty a l’intention de rĂ©voquer la licence d’exportation du groupe NSO et de promouvoir une plus grande supervision plus largement.

L’audience de jeudi a commencĂ© par un dĂ©bat sur la question de savoir si l’affaire serait entendue Ă  huis clos, comme l’a demandĂ© le ministère de la DĂ©fense.

La juge Rachel Barkai a soutenu les arguments du gouvernement selon lesquels une audience publique pourrait ĂŞtre prĂ©judiciable et que l’ONS pourrait, en prĂ©sentant ses arguments, divulguer des secrets d’État.

Barkai a dĂ©clarĂ© que le « risque rĂ©el » d’une audience publique « pour la sĂ©curitĂ© de l’Etat et ses relations extĂ©rieures » l’a amenĂ©e Ă  dĂ©cider que l’affaire doit ĂŞtre entendue en privĂ©.

Cependant, le juge a dĂ©clarĂ© que le tribunal peut divulguer certains dĂ©tails de l’audience une fois l’affaire close et qu’une dĂ©cision sur la licence d’exportation est attendue dans quelques jours.

Le porte-parole d’Amnesty, Gil Naveh, a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait « déçu » de la dĂ©cision du juge et a qualifiĂ© la porte fermĂ©e de « nuisible Ă  l’image de la dĂ©mocratie en IsraĂ«l ».

« Il y a une question qui doit ĂŞtre clarifiĂ©e : quel gouvernement hostile a attaquĂ© l’employĂ© d’Amnesty International », a-t-il ajoutĂ©.

« Nous avons besoin que le tribunal vérifie si le ministère de la Défense a fait tout son possible pour éviter cette attaque. »

Il n’y a eu aucun commentaire du porte-parole du ministère de la DĂ©fense ou des reprĂ©sentants du groupe NSO devant le tribunal.

Le groupe NSO a Ă©tĂ© catĂ©gorique en ce qu’il ne concède sous licence ses logiciels qu’aux gouvernements pour « lutter contre le crime et le terrorisme » et enquĂŞter sur les allĂ©gations crĂ©dibles d’utilisation abusive.

Cependant, la sociĂ©tĂ© fait la une des journaux depuis 2016, lorsque les enquĂŞteurs l’ont accusĂ©e d’avoir aidĂ© Ă  espionner une militante aux Émirats arabes unis.

Dans une affaire distincte dĂ©posĂ©e auprès d’un tribunal californien en octobre, WhatsApp a accusĂ© NSO Group d’avoir tentĂ© d’infecter environ 1 400 « appareils cibles » avec des logiciels malveillants afin de voler des informations prĂ©cieuses aux utilisateurs de l’application de messagerie.

FondĂ© en 2010 par les IsraĂ©liens Shalev Hulio et Omri Lavie, NSO Group a son siège social dans le centre de haute technologie cĂ´tier israĂ©lien Ă  Herzliya, près de Tel Aviv. Il dit qu’il emploie 600 personnes en IsraĂ«l et dans le monde.