Tomer Moskovitz, ancien directeur général de l’Autorité de la population et de l’immigration, a dévoilé dans un podcast de la Chaîne 7 le mécanisme clandestin qui permettrait à des clandestins de contourner les contrôles frontaliers à l’aéroport Ben Gourion, allant de la collaboration d’employés jusqu’à l’utilisation de badges d’identification dupliqués.
Le système mis au jour
Moskovitz a évoqué les failles préoccupantes observées dans le principal aéroport du pays et souligné l’ampleur du phénomène : « Aujourd’hui, on observe une très forte augmentation de l’infiltration depuis la frontière orientale, un grand nombre de personnes arrivent, et il existe aussi des clandestins de Ben Gourion, c’est-à-dire des personnes qui entrent par l’aéroport mais ne passent pas le contrôle frontalier, changent de vêtements dans les toilettes — un phénomène que l’on s’efforce de combattre. »
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Lorsque l’intervieweur lui a demandé de préciser les détails, Moskovitz a décrit le mécanisme criminel organisé opérant en coulisses : « Il existe un groupe d’employés de l’aéroport qui collabore avec des gangs criminels venus de Géorgie, et ils ont déjà été interpellés à de très nombreuses reprises. Ils sont alors arrêtés, puis remplacés par d’autres personnes, des clandestins venus de Géorgie. »
Le mécanisme de contrebande : le badge perdu et les portes protégées
Moskovitz est ensuite entré dans les détails techniques de cette contrebande et a expliqué pourquoi le système peine à l’arrêter complètement, évoquant un badge d’identification ayant circulé de main en main. « Ils se font arrêter dans le pays ou à l’aéroport même, avec des vêtements de compagnie aérienne, avec un badge d’identification d’une employée permanente d’Israir, qui avait un jour perdu son badge, et depuis, celui-ci a été dupliqué encore et encore. Ils savent exactement dans quelles toilettes entrer en descendant de l’avion, c’est là que les attendent des vêtements de rechange, puis ils patientent qu’un membre de l’équipe ouvre les portes protégées, et ils se faufilent dehors. C’est ainsi qu’ils entrent, mais il s’agit, disons, d’un phénomène anecdotique », a-t-il tempéré.
Un phénomène déjà documenté par le passé
Ce type de contournement des contrôles frontaliers à Ben Gourion n’est pas totalement inédit : dès 2022, Israel Hayom avait déjà rapporté des cas de clandestins se faisant passer pour des employés de l’aéroport afin de tenter de franchir le contrôle des passeports, munis de faux passeports israéliens grossièrement falsifiés et de badges professionnels contrefaits. Plus récemment, en novembre 2024, une juge du tribunal de contrôle de la détention avait vivement critiqué l’Autorité de la population et de l’immigration lors d’une audience, après la découverte du cas d’un ressortissant géorgien ayant admis s’être infiltré en Israël pour la quatrième fois depuis 2002, affirmant n’avoir eu besoin d’aucune assistance tant il maîtrisait déjà la méthode. Un responsable du Centre pour la politique migratoire en Israël avait alors dénoncé, à cette occasion, l’absence de sanction réelle pesant sur les clandestins récidivistes, qui ne paient même pas leur propre billet de retour lors de leur expulsion.
Moskovitz, qui avait dirigé l’Autorité de la population et de l’immigration entre août 2021 et janvier 2023 sous la tutelle de la ministre Ayelet Shaked, avant de démissionner de ses fonctions en raison de désaccords avec le ministère de l’Intérieur, a néanmoins tenu à relativiser la portée de ses révélations, insistant sur le caractère selon lui limité et « anecdotique » de ce phénomène de collusion interne à l’aéroport. Il a toutefois mis en garde contre l’expansion plus large de l’infiltration en provenance de la frontière orientale du pays, qu’il a qualifiée de tendance en forte croissance ces derniers temps.






