Un phĂ©nomène croissant place la police francaise comme reprĂ©sentante des «Juifs» qui doivent ĂŞtre attaquĂ©s, selon l’extrĂŞme droite • Selon eux, IsraĂ«l forme la police française contre eux…
Tihla, un musulman de 29 ans ayant des antĂ©cĂ©dents d’infractions mineures, n’a pas tentĂ© de nuire aux juifs. Selon ses aveux après avoir commis le crime et une lettre qu’il a laissĂ©e avant de quitter les lieux, il a dĂ©cidĂ© de frapper la police après qu’un policier ait Ă©crasĂ© deux policiers dans la banlieue de Comb avec sa voiture et a grièvement blessĂ© l’un d’entre eux.
La police française et les militants antisĂ©mites ont dĂ©clarĂ© que l’attaque Ă©tait le dernier exemple d’une tendance croissante en France, dans laquelle les antisĂ©mites considèrent la police et les services de sĂ©curitĂ© comme une branche de la «force juive» – une idĂ©e souvent Ă©voquĂ©e dans les thĂ©ories du complot derrière ces attaques.
Les allĂ©gations de conduite brutale de la police, inspirĂ©es par les manifestations aux États-Unis après la mort de George Floyd, n’ont fait que « alimenter l’incendie », a dĂ©clarĂ© Sami Gozlan, ancien chef de la police parisienne et fondateur du Bureau national antisĂ©mite, BNVCA.
«L’Ă©quation antisĂ©mite entre la police et les juifs est un nouveau dĂ©veloppement issu des thĂ©ories du complot, et elle incite dĂ©jĂ Ă la violence et Ă l’effusion de sang», dit Gozlan. « C’est dangereux non seulement pour les Juifs, mais aussi pour l’Etat de droit en France. »
Le 13 juin, dans le centre de Paris, lors d’une manifestation contre ce qui Ă©tait perçu comme du racisme par la police en France, un certain nombre de manifestants ont criĂ© « sales juifs  » aux manifestants de l’autre cĂ´tĂ© de la barricade, brandissant une banderole intitulĂ©e « Justice pour les victimes de crimes contre les Blancs ». Les manifestants de l’autre cĂ´tĂ© n’Ă©taient pas seulement des juifs, mais appartenaient au mouvement d’extrĂŞme droite GĂ©nĂ©ration Identitaire accusĂ© d’antisĂ©mitisme.
Lors du mĂŞme rassemblement, des affiches ont Ă©galement Ă©tĂ© hissĂ©es affirmant qu’IsraĂ«l apprenait Ă la police française comment rĂ©primer les minoritĂ©s. Gozlan dit que le phĂ©nomène consistant Ă comparer les Juifs aux forces de sĂ©curitĂ© et Ă nuire aux deux a Ă©tĂ© observĂ© pour la première fois « à grande Ă©chelle » lors d’une attaque Ă Toulouse en 2012 au cours de laquelle un djihadiste nommĂ© Mohamed Merah a abattu trois soldats près de Toulouse après avoir tuĂ© quatre Juifs dans une Ă©cole deux jours plus tard. Plus tĂ´t, MĂ©rah a Ă©galement dĂ©clarĂ© que son motif Ă©tait le conflit israĂ©lo-palestinien.
Amedi Coulibaly, un autre extrémiste musulman qui a assassiné quatre Juifs dans le supermarché « hyper casher » de la banlieue parisienne le 9 janvier 2015, a tué un policier noir la veille. Il a également déclaré que le motif de ses actions était le désir de « protéger les Palestiniens ».
En 2018 Ă Saint-Quentin, une ville situĂ©e Ă environ 110 km au nord-est de Paris, un homme a torturĂ© et tuĂ© Ilan Halimi près de Paris en 2006. L’homme a ensuite Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© et condamnĂ© Ă la prison.
Michel T., policier juif et militant du syndicat de la police du sud de la France, affirme Ă©galement que les agressions conjointes contre des policiers et des juifs sont « particulièrement courantes ». T. dit que bien qu’il n’ait jamais personnellement expĂ©rimentĂ© d’antisĂ©mite au cours de son travail Ă la police nationale, il a remarquĂ© que beaucoup de ses collègues non juifs en ont fait l’expĂ©rience.
« Le mot » Juif « est maintenant une insulte dans les quartiers d’immigrants, il est donc utilisĂ© comme une malĂ©diction », a dĂ©clarĂ© T., faisant rĂ©fĂ©rence aux banlieues oĂą il y a une grande population musulmane avec des problèmes de criminalitĂ© et d’extrĂ©misme. « Mais cela dĂ©coule Ă©galement d’une foule de thĂ©ories du complot selon lesquelles les Juifs et IsraĂ«l dirigent le monde et la France, et que la police est leur marionnette.





