Près de neuf jours après le tremblement de terre meurtrier qui a frappĂ© la Turquie, les sauveteurs ont secouru Fahaz et Sahar, 15 ans, qui Ă©taient coincĂ©s sous les dĂ©combres d’un immeuble dans la province de Tay. Outre eux, huit autres survivants ont Ă©tĂ© secourus hier, dont une femme de 77 ans – après pas moins de 212 heures. Le bilan des morts dans le pays s’Ă©lève Ă 35 418 personnes.
Les forces de secours du pays ont sauvĂ© hier soir (mardi) vivant – 209 heures plus tard – Fahaz et Saher Ganem, un père et sa fille de 15 ans qui ont Ă©tĂ© piĂ©gĂ©s sous les ruines de un immeuble dans le quartier de Tay au sud du pays. Le père a d’abord Ă©tĂ© sauvĂ© et immĂ©diatement après sa jeune fille – ils ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s allongĂ©s sur la civière, Ă©puisĂ©s et agitant leurs mains vers le ciel après de longues heures dans des conditions inimaginables.
Selon l’agence de presse Reuters, outre les deux, au cours de la dernière journĂ©e, huit autres survivants ont Ă©tĂ© secourus, piĂ©gĂ©s sous les bâtiments effondrĂ©s qui ont Ă©tĂ© endommagĂ©s par le bruit puissant qui a frappĂ© la Turquie. L’un d’eux est Muhammad Jafar, un garçon de 18 ans qui a durĂ© 198 heures parmi les restes de sa maison qui s’est effondrĂ©e lors du tremblement de terre. Par ailleurs, les deux frères Muhammad et Baki Yaninar, âgĂ©s de 17 et 21 ans, piĂ©gĂ©s dans un immeuble rĂ©sidentiel effondrĂ© du quartier de Kermanmarsh, ont Ă©tĂ© sauvĂ©s vivants.
Les histoires des survivants d’aujourd’hui sont bien sĂ»r l’exception : les Ă©quipes de secours trouvent maintenant principalement des corps, et pour l’instant le nombre officiel de morts a dĂ©passĂ© 41 000 personnes – en Turquie, 35 418 sont dĂ©jĂ dĂ©nombrĂ©s, et en Syrie plus de 5 800. On s’attend Ă ce que le nombre de morts augmente, car on pense toujours que beaucoup sont enterrĂ©s sous les dĂ©combres. C’est dĂ©jĂ l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire moderne.
Les Ă©quipes de secours en Turquie, qui comprennent que la fenĂŞtre d’opportunitĂ© pour retrouver des survivants se referme, concentrent progressivement leurs efforts sur l’aide aux habitants qui ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de chez eux et vivent maintenant dans des logements temporaires ou restent dans la rue malgrĂ© le froid intense.
Certaines des dĂ©lĂ©gations Ă©trangères qui ont aidĂ© au sauvetage la semaine dernière ont dĂ©jĂ quittĂ© la Turquie, y compris la dĂ©lĂ©gation militaire israĂ©lienne , mais la dĂ©tresse existe toujours au vu des destructions massives. Le tremblement de terre et les rĂ©pliques ont frappĂ© 10 provinces de Turquie oĂą vivent environ 13,5 millions de personnes et ont causĂ© d’importants dĂ©gâts Ă des dizaines de milliers de bâtiments, de routes et d’aĂ©roports. Selon les estimations, le coĂ»t de la restauration des destructions pourrait atteindre 84 milliards de dollars.
MĂŞme neuf jours après le tremblement, les plaintes continuent d’affluer de la zone sinistrĂ©e concernant le manque d’eau, de nourriture, de mĂ©dicaments, de sacs pour envelopper les corps et de grues. Beaucoup critiquent la lenteur apparente de l’aide apportĂ©e par l’AutoritĂ© turque de gestion des catastrophes : « Les gens ne sont pas morts Ă cause du tremblement de terre, mais parce que des prĂ©cautions n’ont pas Ă©tĂ© prises au prĂ©alable », a dĂ©clarĂ© Said Kudsi, un habitant d’Istanbul venu Ă Kermanmarsh pour enterrer son oncle, tante et leurs deux enfants. Leurs deux filles sont toujours portĂ©es disparues.