La Coupe du monde 2026 s’est achevĂ©e dans la nuit de dimanche Ă lundi aux États-Unis avec la victoire de l’Ă©quipe d’Espagne face Ă l’Argentine, en finale du MetLife Stadium dans le New Jersey. Le match, marquĂ© par une expulsion argentine juste avant les prolongations, s’est dĂ©cidĂ© sur un but tardif de Fran Torres Ă la 106e minute, offrant Ă la Roja son deuxième titre mondial, seize ans après le premier sacre de 2010. LĂ©o Messi, du haut de ses 39 ans, manque ainsi une deuxième victoire consĂ©cutive qui aurait fait entrer l’Argentine dans l’histoire.
Au-delĂ du terrain, la rencontre portait une charge politique que plusieurs observateurs n’ont pas manquĂ© de relever : d’un cĂ´tĂ©, une sĂ©lection espagnole rĂ©gulièrement qualifiĂ©e de pro-palestinienne ; de l’autre, l’Argentine, dont le prĂ©sident est l’un des alliĂ©s les plus fidèles d’IsraĂ«l, Javier Milei. C’est prĂ©cisĂ©ment cette dimension qu’a exploitĂ©e le dĂ©putĂ© de la Knesset Ayman Odeh (Hadash-Ta’al) peu après le coup de sifflet final, en tournant en dĂ©rision le ministre de la SĂ©curitĂ© nationale Itamar Ben Gvir Ă travers l’un des mèmes les plus rĂ©pandus et identifiĂ©s Ă ce Mondial : le « lavage du bĂ©bé ».
L’image originale montrait Lionel Messi « lavant » le jeune prodige Lamine Yamal, une scène reprise depuis dans d’innombrables variations, parodies et dĂ©tournements sur les rĂ©seaux sociaux. Le dernier Ă s’en emparer est justement Ayman Odeh, qui a publiĂ© une version oĂą Lamine Yamal apparaĂ®t « en train de laver un bĂ©bé » incarnĂ© par Itamar Ben Gvir.
Une pique qui répond à un pari politique affiché
La publication du dĂ©putĂ© arabe intervenait en rĂ©ponse directe Ă une vidĂ©o diffusĂ©e par Ben Gvir lui-mĂŞme avant le match. Le ministre y souhaitait bonne chance, selon ses propres mots, à « celui qui aime l’État d’IsraĂ«l – l’Argentine ». Sur son compte X, Ben Gvir avait affichĂ© son soutien sans ambiguĂŻtĂ© Ă la Albiceleste avec le message « ¡SĂ, Messi! ¡Vamos Argentina! », accompagnĂ© du hashtag associĂ© au surnom de la sĂ©lection entraĂ®nĂ©e par Lionel Scaloni, la « Scaloneta ».
Le match lui-mĂŞme restera dans les mĂ©moires comme l’un des plus disputĂ©s de ce Mondial 2026, qualifiĂ© par plusieurs mĂ©dias sportifs israĂ©liens de finale Ă la fois dramatique et Ă sens unique. Les deux Ă©quipes, invaincues jusque-lĂ dans le tournoi, sont arrivĂ©es Ă Ă©galitĂ© après quatre-vingt-dix minutes sans but. Mais l’expulsion d’Enzo Fernandez, sanctionnĂ© d’un second carton jaune Ă la 92e minute, a laissĂ© l’Argentine Ă dix joueurs pour la prolongation. L’Espagne en a profitĂ© dès la première minute de la seconde pĂ©riode supplĂ©mentaire : un centre repris de la tĂŞte par Nico Williams a trouvĂ© Fran Torres, auteur du seul but de la rencontre. MalgrĂ© une occasion de Messi Ă la 115e minute, repoussĂ©e par la dĂ©fense espagnole, l’Argentine n’est jamais parvenue Ă Ă©galiser.
C’est dans ce contexte que la publication d’Ayman Odeh a rapidement circulĂ© sur les rĂ©seaux sociaux israĂ©liens, s’inscrivant dans une longue sĂ©rie d’Ă©changes tendus entre le dĂ©putĂ© arabe et le ministre d’extrĂŞme droite, deux figures politiques que tout oppose depuis des annĂ©es sur la scène parlementaire israĂ©lienne.
Pour prolonger la lecture sur les relations tendues entre les deux hommes politiques, notre article sur l’arrestation d’une femme ayant jetĂ© du sable sur le ministre Ben Gvir sur une plage de Tel Aviv et notre reportage sur les rĂ©actions d’Ayman Odeh et des dĂ©putĂ©s arabes lors de prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes politiques offrent un Ă©clairage complĂ©mentaire sur ce climat politique.






