Israël s’apprête à construire l’une des plus grandes usines de dessalement au monde, produisant plus d’un milliard de litres d’eau par jour

Israël s’apprête à construire l’une des plus grandes usines de dessalement au monde, capable de produire plus d’un milliard de litres d’eau par jour, à proximité de Netanya. Le ministère israélien des Finances a franchi cette semaine une première étape décisive en publiant les documents de préqualification destinés aux groupes israéliens et étrangers souhaitant participer au futur appel d’offres.

Les candidats retenus pourront concourir pour la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de l’installation, dans le cadre d’un partenariat public-privé prévu pour une durée de 25 ans. L’usine sera implantée sur une surface d’environ 20 hectares, dans la zone industrielle d’Emek Hefer, dans le centre du pays.

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Une capacité colossale, un enjeu géopolitique

Avec une capacité prévue de 400 millions de mètres cubes d’eau dessalée par an, l’installation pourrait à elle seule couvrir environ 40 % de la consommation annuelle d’eau potable des ménages et de l’industrie en Israël. Le directeur de l’Autorité israélienne de l’eau, Yehezkel Lipshitz, a qualifié le projet de « grande nouvelle pour le secteur de l’eau et pour les citoyens d’Israël », soulignant qu’il apporterait « une réponse tournée vers l’avenir » face aux besoins d’une population, d’une agriculture et d’une industrie en croissance continue, tout en respectant des standards environnementaux et technologiques élevés.

Selon l’Autorité, alors que le changement climatique contribue à la baisse des précipitations tandis que la demande en eau continue d’augmenter, la construction de cette usine à Emek Hefer constitue un pilier central des efforts à long terme d’Israël pour garantir un approvisionnement fiable.

Le projet pourrait également soutenir l’initiative « Prosperity Blue », un accord proposé entre Israël, la Jordanie et les Émirats arabes unis, portant sur un échange d’eau contre de l’énergie. Dans le cadre de cette proposition, Israël fournirait à la Jordanie jusqu’à 200 millions de mètres cubes d’eau dessalée par an, en échange d’énergie renouvelable produite sur le sol jordanien.

Une opposition locale déjà bien réelle

Si le projet est présenté comme une avancée stratégique majeure, il se heurte déjà à une résistance sur le terrain. Dans la région de la vallée de Hefer, plusieurs initiatives concurrentes de construction de centrales électriques suscitent une vive inquiétude parmi les habitants et les conseils régionaux locaux. La compagnie des eaux Mekorot souhaite notamment ériger une petite centrale électrique dans la zone industrielle d’Emek Hefer afin d’accompagner l’expansion de l’installation de dessalement, un projet qui s’ajoute à d’autres propositions de centrales au gaz dans le secteur, provoquant des tensions autour de l’utilisation des terres agricoles et des infrastructures locales, notamment les futurs pipelines nécessaires à l’acheminement de l’eau.

Le plus grand site de dessalement au monde par sa capacité reste actuellement celui de Ras Al-Khair, en Arabie saoudite, capable de produire environ 1,036 million de mètres cubes d’eau par jour. Le projet israélien viendrait ainsi renforcer significativement la position du pays parmi les leaders mondiaux du secteur.


Sur les enjeux hydriques régionaux, notre rédaction avait déjà suivi la coopération entre Israël et ses voisins sur les questions d’eau et d’énergie. Retrouvez toute notre actualité économique sur la page d’accueil d’Infos-Israel.News.