L’armĂ©e israĂ©lienne a dĂ©clarĂ© que le dĂ©ploiement de troupes dans la zone tampon Ă la frontière avec la Syrie dans le Golan Ă©tait coordonnĂ© avec la force de surveillance du dĂ©sengagement des Nations Unies (FNUOD). L’armĂ©e israĂ©lienne a soulignĂ© qu’il s’agit d’une mesure temporaire, mais qu’en fonction de l’Ă©volution de la situation, la pĂ©riode de prĂ©sence de nos forces entre les deux lignes frontalières pourrait durer assez longtemps.
Tsahal a annoncĂ© dans la matinĂ©e une prĂ©paration au combat accrue en raison de l’arrivĂ©e des rebelles Ă la frontière : des chars sont entrĂ©s dans la zone tampon et une brigade aĂ©roportĂ©e a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e vers le Golan. Les combattants de l’armĂ©e rebelle ont Ă©tĂ© avertis de ne pas s’approcher de la frontière.
Tous les analystes israéliens soulignent le grand bénéfice pour notre pays de la chute du régime d’Assad, qui conduit à un affaiblissement de l’axe chiite de l’Iran et du Hezbollah. Dans le même temps, le chaos qui va régner dans le pays voisin et l’émergence d’islamistes armés aux abords du plateau du Golan suscitent certaines inquiétudes.
Cependant, certains appellent Ă ne pas exagĂ©rer le danger que reprĂ©sentent ces groupes. En particulier, Ehud Yaari Ă©crit sur le site Internet de la Douzième chaĂ®ne que Tsahal s’est occupĂ© de ces groupes rebelles au dĂ©but de la guerre civile en Syrie. IsraĂ«l leur a apportĂ© une aide humanitaire, a soignĂ© leurs blessĂ©s et de nombreux commandants sont venus Ă TibĂ©riade pour rencontrer des officiers israĂ©liens. « Ils Ă©taient dĂ©jĂ assis Ă la frontière près du Golan, y compris l’État islamique, et n’ont rien fait contre nous », Ă©crit Yaari. Yaari considère Ă©galement que les inquiĂ©tudes concernant les armes chimiques qui pourraient tomber entre leurs mains sont exagĂ©rĂ©es. «Il y a un long chemin Ă parcourir jusqu’Ă l’utilisation d’armes chimiques, d’autant plus que les chefs rebelles ont dĂ©jĂ promis de transfĂ©rer ces armes aux organisations internationales.Â
Le spĂ©cialiste de la Syrie et du Liban, Eyal Ziser, a dĂ©clarĂ© Ă Â la radio 103FM qu’il Ă©tait Ă©tonnĂ© que les dirigeants rebelles rassurent le monde en promettant de ne pas crĂ©er un État islamiste, mais plutĂ´t de remettre le pouvoir Ă un gouvernement de transition laĂŻc. « Puisque nous ne sommes pas Ă leur ordre du jour et que la population syrienne dĂ©teste l’Iran et le Liban, le Hezbollah est plus craint que les rebelles syriens. Nous devons atteindre les rebelles Ă travers les pays arabes ; les opposants au rĂ©gime d’Assad ont maintenant besoin d’aide pour restaurer la Syrie », estime l’arabiste.
Bien plus inquiĂ©tant est le rĂ´le croissant de la Turquie en Syrie plutĂ´t qu’en Iran. Eyal Ziser estime que les opposants au rĂ©gime d’Assad ne sont pas des instruments obĂ©issants entre les mains d’Erdogan : ils ont leurs propres intĂ©rĂŞts Ă poursuivre. Le fait que la Turquie y soit incluse Ă la place de l’Iran est alarmant : c’est un État hostile, mais nous entretenons toujours des relations diplomatiques avec la Turquie. L’Iran et le Hezbollah constituent une menace bien plus grande. Cet axe a reçu un coup dur aujourd’hui.Â
Contrairement Ă certains de ses collègues (par exemple Guy Bekhor, qui appelait au transfert immĂ©diat des armes israĂ©liennes aux rebelles), le professeur Ziser appelle Ă ne pas s’immiscer dans ce qui se passe. « L’essentiel maintenant est de ne rien dire et de ne pas intervenir. Le peuple syrien ne nous dĂ©teste pas. Ils ont beaucoup d’autres soucis maintenant.





