Dimanche, Beyrouth a été le théâtre des funérailles de Hassan Nasrallah et de son successeur, dans une mise en scène soigneusement orchestrée pour réaffirmer la puissance du Hezbollah. Cet événement, pensé comme un symbole de résilience face aux pertes subies, s’est pourtant révélé être une démonstration de fragilité et d’isolement croissant pour l’organisation.
Une Mobilisation en Demi-Teinte
Si des centaines de milliers de partisans, principalement issus de la communauté chiite libanaise, se sont rassemblés, le chiffre était bien inférieur au million annoncé par les organisateurs. La présence d’une délégation iranienne de haut rang a souligné le soutien indéfectible de Téhéran, mais l’absence notable de représentants du nouveau gouvernement libanais et de nombreux acteurs arabes et internationaux a terni l’image de force que le Hezbollah espérait projeter.
« Le Hezbollah voulait transformer cet événement en un moment historique, mais il a surtout mis en lumière son isolement croissant », analyse Orna Mizrahi, chercheuse senior à l’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS). Loin de l’unanimité escomptée, la cérémonie a révélé un malaise profond au sein du Liban, dont le président, Michel Aoun, a exprimé son exaspération face au prix que le pays paie pour les conflits régionaux : « Le Liban en a assez de mener les guerres des autres ».
Une Stratégie Défaillante
Le nouveau secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a tenté de rassurer ses partisans dans un discours enregistré, déclarant que l’organisation entrait dans une nouvelle phase où elle déléguerait à l’État libanais la responsabilité du combat contre Israël. Mais cette déclaration ambiguë trahit les incertitudes qui rongent l’organisation. « Le Hezbollah est à la croisée des chemins, affaibli par la disparition de Nasrallah et en proie à des divisions internes », estime Mizrahi.
Les dons sont la bienvenue en cette situation particulièrement difficile :