Bavière : une pizzeria classe mondiale bannit les Israéliens, scandale en Allemagne

Un nouvel épisode d’antisémitisme secoue l’Allemagne : la pizzeria « Pizza Zulu », située à Fürth, en Bavière, et classée parmi les six meilleures au monde hors d’Italie par le site leadersnet, a décidé d’interdire l’entrée aux clients israéliens. L’annonce a été faite via un panneau affiché à l’entrée de l’établissement, suscitant une vague d’indignation.

Sur l’affiche, on pouvait lire :

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Chers clients, nous aimons tous les ĂŞtres humains, d’oĂą qu’ils viennent. Nous croyons que les enfants de ce monde ne devraient en aucun cas ĂŞtre touchĂ©s. Nous sommes une Ă©quipe internationale. Nous faisons partie de la sociĂ©tĂ© civile et ne resterons donc pas les bras croisĂ©s comme le reste du monde. C’est pourquoi nous avons dĂ©cidĂ© de protester. Notre protestation n’a aucun caractère politique, et encore moins raciste. Les citoyens israĂ©liens ne sont pas les bienvenus dans cet Ă©tablissement. Bien sĂ»r, ils seront Ă  nouveau les bienvenus dès qu’ils dĂ©cideront d’ouvrir leurs yeux, leurs oreilles et leurs cĹ“urs.

Une ville marquée par l’histoire juive

Le choix de Fürth pour une telle provocation choque d’autant plus que la ville possède une riche histoire juive : depuis plus de mille ans, elle a accueilli une communauté active, avec une grande yeshiva, une synagogue et un cimetière réputé, et s’était distinguée par le fait de ne jamais limiter le nombre de Juifs autorisés à y résider, contrairement aux cités voisines. Aujourd’hui, Fürth abrite également un musée juif de renom.

Réactions et climat délétère

L’affaire a provoqué un tollé dans la presse allemande et sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes dénoncent une mesure « ouvertement discriminatoire » et en contradiction avec le droit allemand, qui interdit toute exclusion fondée sur l’origine nationale. Le cas de Pizza Zulu illustre un climat inquiétant en Europe, où la guerre à Gaza nourrit une recrudescence d’actes et de discours hostiles aux Israéliens et aux Juifs.

Quelques jours plus tôt, toujours en Bavière, un magasin de musique avait exigé d’un musicien classique israélien qu’il signe une déclaration contre la guerre à Gaza avant de pouvoir louer un amplificateur.

Une « protestation » qui camoufle mal l’antisémitisme

Si les gérants de la pizzeria affirment que leur démarche « n’est ni politique ni raciste », la justification est largement contestée : « Refuser des clients en fonction de leur nationalité, c’est une définition claire de la discrimination et, dans ce cas, de l’antisémitisme », a réagi un journaliste allemand.

Pour beaucoup, l’épisode de Fürth illustre le paradoxe de certaines initiatives prétendument « humanitaires » : « aimer tous les humains sauf les Israéliens ».

Un test pour les autorités locales

Reste à savoir si les autorités bavaroises et allemandes interviendront pour sanctionner ce type de comportements, qui fragilisent non seulement l’image d’une région historiquement liée au judaïsme, mais aussi l’État de droit.