Ce que le mĂ©dias ont appelĂ© du « gaz lacrymogène » pulvĂ©risĂ© sur des manifestations de gauche n’était en fait qu’un nettoyant pour vitres

Eliran Kambasis (34 ans), soupçonnĂ© d’avoir pulvĂ©risĂ© des gaz lacrymogènes sur des manifestants au carrefour Aluf Sadeh Ă  Ramat Gan, affirme qu’il a utilisĂ© du nettoyant pour les fenĂŞtres. Il a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© hier soir (dimanche) par la police qui a cherchĂ© ce matin Ă  prolonger sa dĂ©tention de trois jours. Le juge l’a envoyĂ© en rĂ©sidence surveillĂ©e dans des conditions restrictives.

Eliran Kambasis , mariĂ© et père de deux jeunes filles, a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© par des policiers de la rĂ©gion de Dan vers minuit après avoir Ă©tĂ© documentĂ© par des camĂ©ras de sĂ©curitĂ©, soupçonnĂ© d’avoir pulvĂ©risĂ© du « gaz poivré » selon les mĂ©dias israĂ©liens, sur les manifestants. Il a affirmĂ© qu’il n’avait pas vaporisĂ© de gaz lacrymogène ou de gaz poivrĂ© et qu’il s’agissait d’un nettoyant pour vitres. Il a dĂ©clarĂ© aux enquĂŞteurs que ces «manifestations de gauche» l’avait affectĂ©, qu’il avait dĂ©veloppĂ© des sentiments durs contre les manifestants des «drapeaux noirs» et que la manifestation de la semaine dernière au cours de laquelle une jeune femme torse nue Ă©tait montĂ©e sur la Menorah l’avait amenĂ© Ă  commettre l’acte. Il a regrettĂ© cet incident et a dit qu’il avait tort.

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La police a demandĂ© Ă  prolonger sa dĂ©tention de trois jours. Un porte-parole de la police a dĂ©clarĂ© lors d’une audience devant le tribunal d’instance de Tel Aviv que « le suspect est passĂ© devant les manifestants et les a pulvĂ©risĂ© avec un nettoyant pour pare-brise. Il a admis l’avoir fait ».

Son avocat de la dĂ©fense, l’avocat Dan Bauman du bureau du dĂ©fenseur public, a dĂ©clarĂ© que « le suspect pour autant que je sache n’a pas de casier judiciaire depuis au moins 15 ans. Il n’est pas politiquement actif, il a Ă©tĂ© influencĂ© par les rĂ©seaux sociaux et ce qui est important c’est qu’il a pris ses responsabilitĂ©s.  »

Eliran Kambasis a dĂ©clarĂ© au juge: « Je ne voulais pas les vaporiser, je l’ai fait en l’air et non sur les manifestants – c’Ă©tait par erreur. Je ne fais pas du tout de telles choses. Je ne le ferai plus. Je m’excuse auprès du tribunal. »

Le juge Anat Yahav l’a relâchĂ© Ă  son domicile dans des conditions restrictives et a dĂ©clarĂ© que « le suspect a admis Ă  l’enquĂŞte et a dit qu’il s’agissait d’une certaine substance savonneuse. C’est une personne sans casier judiciaire qui a immĂ©diatement avouĂ©. « . Il aurait Ă©tĂ© assignĂ© Ă  rĂ©sidence pendant trois jours sous pleine surveillance. Yahav a dĂ©clarĂ© au suspect Ă  la fin de l’audience: « Chacun a le droit de manifester mĂŞme si cela est contraire Ă  ce que vous pensez. C’est son droit fondamental. »

L’incident de Ramat Gan a eu lieu hier peu après 19h30, lorsque 50 personnes ont manifestĂ© contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Les manifestants portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire, entre autres, «Les corrompus sont fatiguĂ©s», «La corruption, la fraude et l’abus de confiance», «Les personnes isolĂ©es sont fatiguĂ©es» et plus encore.

Soudainement, ont dĂ©clarĂ© les manifestants, une voiture les a aspergĂ©e de gaz poivrĂ© et a fui les lieux. « Je me tenais Ă  l’intersection avec mes trois enfants âgĂ©s de 9, 6 et 4 ans et d’un autre enfant d’amis âgĂ© de 9 ans », a dĂ©clarĂ© A., « Il y avait beaucoup de vĂ©hicules qui ralentissaient et Ă©mettaient des bips pour s’identifier, donc je ne soupçonnais pas le vĂ©hicule qui tournait et venait lentement Ă  cĂ´tĂ© de nous. Il a abaissĂ© la vitre Ă  cĂ´tĂ© du conducteur et a soudainement pulvĂ©risĂ© du gaz poivrĂ©, et tout le monde a commencĂ© Ă  tousser, Ă  se gratter et Ă  pleurer. Il y avait 50 personnes et après l’incident, tout le monde s’est enfui. »

Il a dĂ©clarĂ© avoir portĂ© plainte auprès de la police: « Je suis sĂ»r qu’il y a des camĂ©ras de sĂ©curitĂ© lĂ -bas et vous ne pouvez pas le rater. Il a continuĂ© Ă  conduire et a disparu. Nous y retournerons la semaine prochaine Ă©galement. Personne n’a pu faire quoi que ce soit parce que tout le monde a toussĂ©. » A. s’est dit convaincu qu’il s’agissait d’un acte dĂ©libĂ©rĂ© contre les manifestants: « Nous ne sommes pas allĂ©s dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă  Balfour parce que j’Ă©tais avec des enfants et que je voulais quelque chose de plus petit pour Ă©duquer nos enfants et montrer qu’il est permis de protester en dĂ©mocratie contre ce qui se passe dans le pays. »

Un autre manifestant a dĂ©clarĂ©: «J’ai filmĂ© la manifestation qui a lieu tous les samedis soirs. Il y a eu des manifestations avec des pancartes. Soudain, j’ai ressenti une sensation de brĂ»lure dans nos yeux et nous avons rĂ©alisĂ© que quelqu’un pulvĂ©risait du matĂ©riel sur nous, je suis allĂ© voir la police et j’ai signalĂ© que quelqu’un vaporisait du gaz. »

Les manifestants ont menti car ce n’était pas du gaz poivrĂ© , mais dans la situation actuelle de pandĂ©mie, qui est le plus dangereux ? L’homme dans sa voiture avec du nettoyant pour vitre, ou toutes ces personnes qui se rassemblent sans respecter les consignes de sĂ©curitĂ© contre l’Ă©pidĂ©mie et de plus accompagner avec des jeunes enfants pouvant transmettre le virus encore et encore ?