C’est la seule option qu’IsraĂ«l n’a pas Ă  Gaza…

Tsahal - Les soldats reviennent du Liban - Wikimedia

Au dĂ©but de la deuxième Intifada en 2001, le Hamas et le Fatah avaient mis en place une puissante infrastructure terroriste en JudĂ©e Samarie. IsraĂ«l n’a rĂ©ussi Ă  mettre fin aux attaques palestiniennes qu’en rĂ©occupant le territoire. De mĂŞme, affirme Evelyn Gordon, le seul moyen de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas et Ă  d’autres attaques serait de rĂ©occuper la bande de Gaza – Ă  un prix que peu d’IsraĂ©liens sont aujourd’hui prĂŞts Ă  payer :

[RĂ©occuper] Gaza aurait des coĂ»ts très Ă©levĂ©s – dans la vie des soldats, dans l’opprobre international et peut-ĂŞtre aussi dans la dĂ©termination d’IsraĂ«l Ă  assumer la responsabilitĂ© des problèmes civils de Gaza… Aucune dĂ©mocratie ne pourrait entreprendre un plan aussi coĂ»teux sans un large soutien de la part du public, et en particulier d’IsraĂ«l, car toute opĂ©ration militaire majeure nĂ©cessite un appel massif de rĂ©servistes, et les rĂ©servistes israĂ©liens ont tendance Ă  voter avec leurs pieds. Ils se prĂ©senteront en masse pour une opĂ©ration bĂ©nĂ©ficiant d’un large soutien, mais une opĂ©ration largement considĂ©rĂ©e comme injustifiĂ©e suscitera des protestations majeures…

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Mais avec l’option non disponible de rĂ©occuper Gaza, les deux options principales restantes sont des solutions Ă  court terme. L’une est une opĂ©ration militaire Ă  plus petite Ă©chelle. La dernière opĂ©ration de ce type, en 2014, a procurĂ© au sud d’IsraĂ«l trois ans et demi de calme quasi total, mais au prix (pour IsraĂ«l) de 72 morts. Une autre opĂ©ration de ce type pourrait entraĂ®ner une pĂ©riode de calme similaire, mais Ă  un coĂ»t similaire, voire supĂ©rieur. Et cela devrait ĂŞtre rĂ©pĂ©tĂ© dans quelques annĂ©es, Ă  ce moment-lĂ , le Hamas sera peut-ĂŞtre mieux armĂ© et capable d’exiger un prix encore plus Ă©levĂ©.

La deuxième option, que le premier ministre Netanyahou prĂ©fère Ă©videmment, consiste Ă  nĂ©gocier un cessez-le-feu Ă  long terme. Cela pourrait permettre d’acheter une pĂ©riode de calme similaire, mais comme elle n’a pas encore Ă©tĂ© essayĂ©e, il n’y a aucune garantie. Et cela prĂ©sente plusieurs avantages Ă©vidents : pas de mort, pas d’opprobre international et, vraisemblablement, un soutien accru en IsraĂ«l (bien que, Ă  en juger par le passĂ©, pas Ă  l’Ă©tranger) en faveur d’une rĂ©ponse plus Ă©nergique une fois le cessez-le-feu effondrĂ©, comme ce sera le cas Ă  un moment donnĂ©.

Mais cette option prĂ©sente Ă©galement des inconvĂ©nients Ă©vidents. Tout d’abord, c’est dĂ©vastateur pour la dissuasion israĂ©lienne, car cela montre que le lancement de roquettes est un bon moyen d’amener IsraĂ«l Ă  capituler face aux demandes. Deuxièmement, cela garantit que lorsque l’inĂ©vitable prochain round arrivera, le Hamas sera en mesure d’infliger beaucoup plus de dĂ©gâts qu’il ne le pourrait aujourd’hui… L’une ou l’autre de ces options ne ferait que retarder l’inĂ©vitable : sauf miracle, le Hamas deviendra trop confiant et suscitera suffisamment d’angoisse pour l’inciter Ă  rĂ©occuper Gaza.

Par Evelyn Gordon