C’est une des victimes Ă©gorgĂ©e en France : « Vincent, un homme dont tout le monde apprĂ©ciait »

Alors que la ville touristique de Nice dans le sud-ouest de la France subit toujours le traumatisme de l’attentat, le journal Le Parisien a publiĂ© une photo d’un des morts prĂ©nommĂ© Vincent.

Selon le journal, Vincent, 55 ans, massacrĂ© par l’attaquant, Ă©tait chargĂ© d’accueillir des fidèles dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption depuis 10 ans.

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Le journal de la libĂ©ration a citĂ© des tĂ©moins oculaires du quartier Notre-Dame qui ont dĂ©clarĂ©: «Il a ouvert les portes et a allumĂ© les bougies. C’Ă©tait un homme d’Église et tout le monde l’apprĂ©ciait. Il a ajoutĂ©: « Vincent Ă©tait Ă  l’Ă©glise, il n’a rien fait. »

Les tĂ©moins ont Ă©galement exprimĂ© leur tristesse et leur choc face Ă  ce qui s’est passĂ©.

Le procureur français chargĂ© de la lutte contre le terrorisme a dĂ©clarĂ© que l’homme qui avait tuĂ© trois personnes dans une Ă©glise de Nice Ă©tait un Tunisien entrĂ© en France en provenance d’Italie et portant une copie du livre saint de l’islam, le Coran, au moment de l’attaque. Les autoritĂ©s françaises l’ont nommĂ© Brahim Aouissaoui, 21 ans.

Jean-François Ricard a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse jeudi soir que l’homme Ă©tait arrivĂ© en Italie via l’Ă®le mĂ©diterranĂ©enne de Lampedusa le 20 septembre et s’Ă©tait rendu Ă  Paris le 9 octobre.

Les informations sur le voyage proviennent d’un document de la Croix-Rouge italienne sur l’homme, a dĂ©clarĂ© Ricard. L’agresseur a Ă©tĂ© grièvement blessĂ© par la police et est soignĂ© dans un hĂ´pital.

L’attaque dans la ville mĂ©diterranĂ©enne de Nice Ă©tait la troisième en deux mois en France que les autoritĂ©s ont imputĂ© aux extrĂ©mistes musulmans, y compris la dĂ©capitation d’un enseignant .

Elle intervient au cours d’une fureur croissante sur les caricatures du prophète Mahomet qui ont Ă©tĂ© republiĂ©es ces derniers mois par le journal satirique Charlie Hebdo, renouant ainsi un dĂ©bat bruyant en France et dans le monde musulman sur des reprĂ©sentations que les musulmans jugent offensantes mais sont protĂ©gĂ©es par les lois françaises sur la libertĂ© d’expression.

Ricard a dĂ©taillĂ© la scène horrible trouvĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de la basilique de Nice oĂą un homme et une femme ont Ă©tĂ© tuĂ©s par l’attaquant. La troisième victime, une femme de 44 ans qui a rĂ©ussi Ă  fuir, est dĂ©cĂ©dĂ©e dans un restaurant voisin.

Une femme de 60 ans dont le corps a Ă©tĂ© retrouvĂ© Ă  l’extĂ©rieur de l’Ă©glise a subi « un Ă©gorgement très profond, comme une dĂ©capitation », a dĂ©clarĂ© Ricard. L’homme de 55 ans est Ă©galement dĂ©cĂ©dĂ© des suites de profondes coupures Ă  la gorge, a ajoutĂ© le procureur.

Une enquĂŞte pour meurtre et tentative de meurtre a Ă©tĂ© ouverte en rapport avec une entreprise terroriste, terme courant pour dĂ©signer de tels crimes. Le procureur a dĂ©clarĂ© que l’attaquant, nĂ© en 1999, n’Ă©tait pas sur le radar des agences de renseignement en tant que menace potentielle.

Un Coran et deux tĂ©lĂ©phones figuraient parmi les objets trouvĂ©s sur l’attaquant. Le couteau utilisĂ© pour le meurtre a Ă©galement Ă©tĂ© retrouvĂ©, avec une lame de 17 centimètres, a dĂ©clarĂ© Ricard. Un sac contenant ses effets personnels a Ă©galement Ă©tĂ© retrouvĂ© contenant deux couteaux non utilisĂ©s.

Les mĂ©dias italiens ont rapportĂ© jeudi, sans nommer les sources, que le suspect niçois est arrivĂ© Ă  Lampedusa en septembre, a passĂ© deux semaines sur un navire de quarantaine Ă  Bari, puis a reçu l’avis d’expulsion et s’est faufilĂ© Ă  travers la frontière avec France.

Le consulat français de la ville saoudienne de Jiddah a Ă©galement Ă©tĂ© visĂ© jeudi, un homme se disant fidèle Ă  un groupe anti-immigrĂ©s a Ă©tĂ© abattu par la police dans la ville d’Avignon, dans le sud de la France, et des affrontements ont Ă©tĂ© signalĂ©s. dispersĂ©s ailleurs, mais on ne sait pas s’ils Ă©taient liĂ©s au bombardement de Nice.

Le procureur français chargĂ© de la lutte contre le terrorisme a ouvert une enquĂŞte et le prĂ©sident Emmanuel Macron a dĂ©clarĂ© qu’il augmenterait immĂ©diatement le nombre de soldats dĂ©ployĂ©s pour protĂ©ger les Ă©coles et les sites religieux de 3000 Ă  7000 actuellement.

Le chef de la police nationale française avait dĂ©jĂ  ordonnĂ© une sĂ©curitĂ© accrue dans les Ă©glises et les mosquĂ©es plus tĂ´t cette semaine, mais il ne semblait pas que la police gardait l’Ă©glise de Nice lorsqu’elle a Ă©tĂ© attaquĂ©e, et les journalistes d’Associated Press n’ont vu aucune force de sĂ©curitĂ© visible sur plusieurs sites religieux de premier plan Ă  Paris jeudi. Les Ă©glises françaises ont Ă©tĂ© violemment attaquĂ©es par des extrĂ©mistes ces dernières annĂ©es, les meurtres de jeudi prĂ©cĂ©dant la fĂŞte catholique de la Toussaint.

L’agresseur a Ă©tĂ© blessĂ© par la police et hospitalisĂ© après les meurtres de la basilique Notre-Dame, Ă  moins d’un kilomètre d’un endroit oĂą un autre agresseur musulman a percutĂ© un camion dans une foule le 14 juillet 2016, tuant des dizaines de personnes. L’attaquant de jeudi aurait agi seul et la police ne recherche pas d’autres agresseurs, ont dĂ©clarĂ© deux responsables de la police qui se sont exprimĂ©s sous couvert d’anonymat car ils n’Ă©taient pas autorisĂ©s Ă  ĂŞtre nommĂ©s publiquement.

«Il a criĂ© ‘Allah Akbar!’ maintes et maintes fois, mĂŞme après avoir Ă©tĂ© blessĂ© », a dĂ©clarĂ© le maire de Nice Christian Estrosi, qui a confirmĂ© qu’une femme et un homme sont morts Ă  l’intĂ©rieur de l’Ă©glise, tandis qu’une deuxième femme s’est enfuie vers un bar voisin, mais a Ă©tĂ© blessĂ©e de la mort. « Le sens de son geste ne laisse aucun doute. »

Des coups de feu ont Ă©clatĂ© dans les airs et des tĂ©moins ont criĂ© alors que la police stationnĂ©e aux portes de l’Ă©glise grandiose semblait tirer sur l’attaquant Ă  l’intĂ©rieur, selon une vidĂ©o obtenue par l’Associated Press . Pendant un certain temps après l’attaque, des explosions ont pu ĂŞtre entendues alors que des sapeurs faisaient exploser des objets suspects.

Il s’agissait de la troisième attaque depuis que Charlie Hebdo avait republiĂ© les caricatures en septembre, lorsque le procès a Ă©tĂ© ouvert pour les attentats de 2015 dans les bureaux du journal et dans un supermarchĂ© casher. Les islamistes dans cette attaque ont affirmĂ© leur fidĂ©litĂ© au groupe État islamique et Ă  Al-QaĂŻda, qui a rĂ©cemment appelĂ© Ă  nouveau une attaque contre la France.

Les rĂ©centes attaques surviennent dans un contexte de protestations renouvelĂ©es contre les reprĂ©sentations de Muhammad – dont l’anniversaire a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© jeudi dans plusieurs pays – et la dĂ©fense fĂ©roce du gouvernement français du droit de les publier et de les afficher. Les musulmans ont organisĂ© des manifestations dans diffĂ©rents pays et ont appelĂ© au boycott des produits français.

Des dizaines d’Ă©tudiants pakistanais se sont rassemblĂ©s jeudi dans la capitale pour dĂ©noncer Macron.

« Avec l’attaque contre Samual Paty, ce qui a Ă©tĂ© attaquĂ©, c’est la libertĂ© d’expression », a dĂ©clarĂ© jeudi le Premier ministre Jean Castex aux lĂ©gislateurs, faisant rĂ©fĂ©rence au professeur dĂ©capitĂ© après avoir montrĂ© ses dessins de classe sur Muhammad lors d’une leçon de civilitĂ©. « Avec cette attaque sur Nice, c’est la libertĂ© de religion. »

Auparavant, la chambre basse du parlement avait suspendu un dĂ©bat sur les restrictions aux coronavirus en France et observĂ© une minute de silence pour les victimes. Castex s’est prĂ©cipitĂ© vers un centre de crise surveillant les suites de l’attaque de Nice, puis est revenu pour annoncer l’augmentation du niveau d’alerte. Macron est parti pour Nice presque immĂ©diatement.

« Très clairement, c’est la France qui est attaquĂ©e  » , a dĂ©clarĂ© Macron alors qu’il se tenait devant l’Ă©glise. Il a ajoutĂ© que toute la France offrait son soutien aux catholiques «pour que leur religion puisse s’exercer librement dans notre pays. Pour que chaque religion puisse ĂŞtre pratiquĂ©e ».

Jeudi matin Ă  Avignon, un homme avec une arme Ă  feu a Ă©tĂ© tuĂ© par la police après avoir refusĂ© de laisser tomber son arme et un coup de semonce ne l’a pas arrĂŞtĂ©, a dĂ©clarĂ© un policier. Et une agence de presse d’État saoudienne a dĂ©clarĂ© qu’un homme avait poignardĂ© un garde au consulat de France Ă  Jiddah, le blessant avant d’ĂŞtre arrĂŞtĂ©.

Bien que de nombreux groupes et nations aient été irrités ou frustrés par la position de la France dans les caricatures, plusieurs ont exprimé leurs condoléances jeudi, tout comme les alliés traditionnels de la France.

Le Conseil français de la foi musulmane a condamnĂ© l’attentat de Nice et a appelĂ© les musulmans français Ă  s’abstenir des festivitĂ©s marquant la naissance de Muhammad « en signe de deuil et de solidaritĂ© avec les familles des victimes et des catholiques de France ». .

Le ministère turc des Affaires Ă©trangères a fermement condamnĂ© l’attaque. « Nous sommes solidaires du peuple français contre la terreur et la violence », indique le communiquĂ©.

Les relations entre la Turquie et la France se sont effondrĂ©es après que le prĂ©sident turc ait accusĂ© Macron d’islamophobie Ă  cause des caricatures et mis en doute sa santĂ© mentale, ce qui a incitĂ© Paris Ă  appeler son ambassadeur en Turquie pour des consultations.

L’attaque de Nice est survenue moins de deux semaines après la dĂ©capitation de Paty, le professeur. En septembre, un homme qui avait demandĂ© l’asile en France a attaquĂ© des passants devant les anciens bureaux de Charlie Hebdo avec un couteau de boucher.

Des sites juifs et catholiques français ont Ă©galement Ă©tĂ© frĂ©quemment visĂ©s, notamment le meurtre du rĂ©vĂ©rend Jaqcues Hamel, qui s’est fait trancher la gorge alors qu’il cĂ©lĂ©brait la messe dans son Ă©glise de Normandie par des terroristes islamiques et un complot visant Ă  bombarder Notre-Dame de Paris. Ces attaques ont Ă©tĂ© revendiquĂ©es par le groupe État islamique, qui aurait Ă©galement recrutĂ© un homme qui est actuellement jugĂ© pour un complot infructueux visant Ă  attaquer une Ă©glise.

La basilique de Nice du XIXe siècle, Notre Dame de l’Assomption, est la plus grande Ă©glise de la ville, mais plus petite et plus rĂ©cente que la cathĂ©drale situĂ©e Ă  2 kilomètres. Les tours jumelles nĂ©o-gothiques de la basilique sont un point de repère au cĹ“ur de la ville.