Les 4 choses juives que vous devez savoir sur la Catalogne

Depuis des dĂ©cennies, les aspirations nationales n’ont pas cessĂ© dans la rĂ©gion de la Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne, qui rĂ©cemment a plongĂ© ce pays dans une crise majeure aux implications internationales de grande portĂ©e.

La crise actuelle a dĂ©butĂ© ce mois-ci lorsque la police fĂ©dĂ©rale a affrontĂ© les Ă©lecteurs lors d’un rĂ©fĂ©rendum illĂ©gal sur l’indĂ©pendance. Mais il a atteint son paroxysme vendredi, lorsque le parlement de la rĂ©gion de Barcelone a adoptĂ© une motion dĂ©clarant l’indĂ©pendance de l’Espagne malgrĂ© l’avertissement du gouvernement fĂ©dĂ©ral de se dĂ©sister.

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Madrid a dissous le gouvernement rĂ©gional dans le but de bloquer la sĂ©cession. Mais le projet d’indĂ©pendance semble ĂŞtre plus populaire que jamais parmi les Catalans – un groupe ethnique et culturel distinct dont la langue est plus proche du portugais que de l’espagnol – maintenant que les sĂ©paratistes se rapprochent de l’indĂ©pendance depuis des siècles.

Alors que l’Europe Ă©tudie nerveusement ce scĂ©nario potentiel pour des projets nationalistes et sĂ©paratistes Ă  travers le continent, les dĂ©veloppements en Catalogne divisent les Espagnols – y compris les Juifs. Et Ă  cause de l’approche d’IsraĂ«l, la crise souligne Ă©galement la volontĂ© croissante de l’État juif de diverger avec les autres pays occidentaux sur les questions clĂ©s de politique Ă©trangère.

Voici quatre points à retenir de la crise qui se déroule en Catalogne.

La Catalogne a une (relativement) grande communauté juive.

Avec environ 15 000 membres, la communautĂ© juive de Barcelone correspond Ă  celle de Madrid en taille et en importance. L’Espagne compte au total environ 45 000 Juifs dans les deux grandes villes rĂ©parties dans les 15 autres rĂ©gions semi-autonomes du pays.

Ă€ Barcelone, la question de l’indĂ©pendance divise en gĂ©nĂ©ral et dans les milieux juifs, amenant la communautĂ© juive Ă  adhĂ©rer Ă  une politique de neutralitĂ©.

« C’est une question de ‘shalom bayit' », a dĂ©clarĂ© Victor Sorenssen, le prĂ©sident de la communautĂ©, au dĂ©but de ce mois, en utilisant l’expression hĂ©braĂŻque qui signifie maintenir la paix chez soi.

L’organisation qui reprĂ©sente les communautĂ©s juives d’Espagne, dont Barcelone est membre, a Ă©galement eu une politique de neutralitĂ©, qui s’est stoppĂ©e ce vendredi en soutenant une Espagne unifiĂ©e et contre l’indĂ©pendance catalane.

Historiquement, la Catalogne Ă©tait un important centre de peuplement juif avant l’Inquisition de 1492. Avant les expulsions qui ont suivi cette campagne de persĂ©cution religieuse menĂ©e par l’Église, une prĂ©sence juive en Catalogne a Ă©tĂ© documentĂ©e pour la première fois en 890 CE. documentĂ©e en Grande-Bretagne. Mais on pense gĂ©nĂ©ralement que la Catalogne a vu certains des premiers colons juifs en Espagne, qui sont venus après que les Romains aient dĂ©truit le Second Temple Ă  JĂ©rusalem, il y a 2000 ans.

La ville de GĂ©rone, situĂ©e Ă  50 miles au nord de Barcelone, Ă©tait la capitale incontestĂ©e de la vie juive en Catalogne et une plaque tournante de l’enseignement juif sĂ©pharade. MoĂŻse ben Nahman, le philosophe juif du 13ème siècle connu sous le nom de Nachmanides, est nĂ© et a grandi lĂ -bas.

Israël est sur la clôture.

IsraĂ«l est parmi une poignĂ©e de nations occidentales qui sont restĂ©es silencieuses sur le diffĂ©rend. Madrid a reçu un soutien public contre Barcelone de l’Union europĂ©enne, des États-Unis, du Canada, du Japon et du Mexique, entre autres acteurs internationaux.

Cette divergence fait partie d’une politique de non-alignement sous le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est restĂ© neutre sur le conflit Ukraine-Russie, la guerre civile en Syrie et le vote en Grande-Bretagne pour quitter l’Union europĂ©enne. Les pays ont pris des positions claires.

Les observateurs disent que la politique est conçue pour rĂ©duire les frictions avec les alliĂ©s potentiels Ă  un moment oĂą les Etats-Unis – sous le prĂ©sident Donald Trump et son prĂ©dĂ©cesseur, Barack Obama – paraissent moins insistants que par le passĂ© sur ses alliĂ©s.

Mais IsraĂ«l a des dividendes potentiels Ă  gagner – et des risques Ă  courir – en fonction de qui il soutient dans le conflit catalan.

L’Espagne est un financier gĂ©nĂ©reux de certaines organisations jugĂ©es anti-israĂ©liennes et d’autres qui ne font que critiquer les politiques de Netanyahu dans le conflit avec les Palestiniens. Tant que Netanyahu reste sans engagement sur la Catalogne, il peut tirer parti de la position d’IsraĂ«l sur la question pour influencer les politiques espagnoles sur IsraĂ«l.

Les États-Unis, qui ont une très grande base navale dans la ville de Rota, au sud de l’Espagne, sont tenus de soutenir l’Espagne, tout comme l’Union europĂ©enne, dans laquelle l’Espagne est un grand État membre. Mais IsraĂ«l n’est pas liĂ© par de telles considĂ©rations et sa neutralitĂ© pourrait ĂŞtre un bon dĂ©but pour une relation avec ce qui pourrait très bien devenir le nouveau pays de l’Europe dans un avenir prĂ©visible.

L’Espagne soutient la Palestine – mais pas inconditionnellement.

Dans la foulĂ©e de la crise catalane, certains partisans d’IsraĂ«l ont suggĂ©rĂ© que l’Espagne n’Ă©tait pas en mesure de s’opposer Ă  l’unilatĂ©ralisme catalan en raison de ses propres incohĂ©rences sur cette question Ă  l’Ă©tranger – par exemple, lorsque son congrès fĂ©dĂ©ral a votĂ© Ă  l’unanimitĂ© en 2014 l’Etat palestinien.

Ou, comme l’a Ă©crit Michael Rubin, chroniqueur de Washington Post dans une tribune publiĂ©e la semaine dernière, « l’Espagne obtient ce qu’elle mĂ©rite sur le sĂ©paratisme de la Catalogne ».

Pourtant, comme la JTA l’a rapportĂ© Ă  l’Ă©poque, contrairement aux motions similaires qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es cette annĂ©e en France et en Grande-Bretagne, la motion espagnole stipule que l’Espagne ne reconnaĂ®tra un État palestinien indĂ©pendant que si sa crĂ©ation est convenue dans des nĂ©gociations avec IsraĂ«l. C’est essentiellement la politique d’IsraĂ«l sur la question, aussi.

L’Espagne est Ă©galement restĂ©e sans engagement sur le Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole actuellement sous contrĂ´le marocain contestĂ©, que certains groupes locaux cherchent Ă  remplacer par un Sahara occidental indĂ©pendant. En mars, le ministre espagnol des Affaires Ă©trangères, Alfonso Dastis, s’est tenu Ă  l’Ă©cart de l’indĂ©pendance sahraouie, appelant Ă  une « solution politique juste » pour y mettre un terme.

La Catalogne soutient IsraĂ«l jusqu’Ă  un certain point.

Les partisans juifs et pro-israĂ©liens de l’indĂ©pendance catalane suggèrent parfois qu’IsraĂ«l est plus populaire dans la rĂ©gion qu’ailleurs en Espagne. Les opposants soulignent les propres ouvertures de l’Espagne envers IsraĂ«l et son partenariat avec elle, y compris une rĂ©cente lutte judiciaire contre l’antisĂ©mitisme et les boycotts discriminatoires d’IsraĂ«l.

Mais aucun argument n’est clair, selon Yigal Palmor, un ancien porte-parole du ministère israĂ©lien des Affaires Ă©trangères qui a servi en Espagne.

Les Catalans ont traditionnellement Ă©tĂ© plus « ouverts Ă  l’Europe » que le reste de l’Espagne, a-t-il dit. On peut soutenir que cette affinitĂ© europĂ©enne a inoculĂ© certains Catalans Ă  l’antisĂ©mitisme mĂ©diĂ©val qui persiste Ă  ce jour dans certaines parties du pays. Dans le nord du pays, par exemple, certaines personnes disent «tuez un juif» en portant un toast aux fĂŞtes traditionnelles.

« Ces phĂ©nomènes ont disparu en Europe mais pas en Espagne, qui n’a pas eu une grande prĂ©sence juive depuis l’expulsion », a dĂ©clarĂ© Palmor.

Mais les Catalans Ă©taient moins isolĂ©s du reste du continent que d’autres rĂ©gions d’Espagne, qui ont passĂ© une grande partie du 20ème siècle sous la dictature isolationniste de Francisco Franco.

Les aspirations nationales catalanes de longue date ont créé une affinité avec le sionisme et le judaïsme en Catalogne, a déclaré M. Palmor, « où le respect du mouvement kibboutz traditionnel, la renaissance de la langue hébraïque et du sionisme en général à travers le spectre politique « 

Mais dans les annĂ©es 1990, a-t-il ajoutĂ©, l’aile gauche catalane s’est rapprochĂ©e de ses homologues « anti-mondialistes, orientĂ©s vers le tiers monde » Ă  Madrid, en introduisant la campagne pour boycotter IsraĂ«l en Catalogne, a indiquĂ© Palmor. Au moins cinq des quelques 50 municipalitĂ©s espagnoles qui ont dĂ©clarĂ© leur soutien au boycott d’IsraĂ«l se trouvent en Catalogne.

L’annĂ©e dernière, un dirigeant d’un parti politique catalan de gauche a appelĂ© un dirigeant de la communautĂ© juive, qui n’est pas israĂ©lien et n’a pas de nationalitĂ© Ă©trangère, «un agent Ă©tranger». Et plus tĂ´t cette annĂ©e, le maire de Barcelone a ignorĂ© les protestations  dans sa ville de l »accueil d’une terroriste palestinienne, Leila Khaled.

Par Cnaan Liphshiz.

4 Commentaires

  1. Encore la gauche….. pas surprenant. La France aussi donne des millions aux terroristes…. J’ai lu dernièrement dans un groupe, que l’ONU continue aussi de donner des millions aux terroristes……. Partout dans le monde l’antisĂ©mitisme renaĂ®t Ă  une vitesse incroyable, lĂ  encore, rien de nouveau…. Dès que le monde a des problèmes Ă  rĂ©soudre, cela tombe immĂ©diatement sur le renouveau de l’antisĂ©mitisme…. Cela prouve l’Ă©volution des gens !!!!!!!!

  2. Très très intĂ©ressant et complexe mais Israel reste le facteur numĂ©ro au centre des tentatives pour l’utiliser comment faire valoir ou bouc Ă©missaire, selon la stratĂ©gie et les ambitions lĂ©gitimes ou pas de certaines nations… restons très prudent !??