Le 30 mars, le diplomate allemand Sven Kuhn von Burgsdorff a envoyé une lettre à une organisation de coordination représentant des groupes civils palestiniens, annonçant la poursuite du financement de ses activités, même si ses membres comprenaient des personnes liées à des groupes terroristes.
Le point principal de cette contradiction est le suivant : «Il est entendu qu’une personne physique affiliĂ©e Ă l’un des groupes ou entitĂ©s mentionnĂ©s dans la liste restrictive de l’Union europĂ©enne, qui sympathise avec eux ou les soutient, n’est pas exclue du bĂ©nĂ©fice des activitĂ©s financĂ© par l’Union europĂ©enne, Ă moins que leurs nom et prĂ©nom exacts (confirmant leur identitĂ©) ne correspondent Ă l’une des personnes physiques figurant sur les listes restrictives de l’Union  europĂ©enne ».
Ă€ la suite de la publication de la lettre, les dĂ©putĂ©s ont demandĂ© que des reprĂ©sentants de l’UE au sein de l’ AutoritĂ© palestinienne fassent l’objet d’une enquĂŞte pour violation prĂ©sumĂ©e des politiques de l’UE. Le Parlement souhaite dĂ©terminer si la Commission europĂ©enne Ă©tait au courant des mesures qu’elle a prises.
L’Institut transatlantique du ComitĂ© juif amĂ©ricain Ă Bruxelles a rĂ©vĂ©lĂ© que la lettre de Von Burgsdorff avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e de deux autres engagements similaires de hauts responsables de l’UE envers les Palestiniens, suggĂ©rant une politique cohĂ©rente de contournement de l’interdiction de financer des organisations liĂ©es le terrorisme, plutĂ´t que la dĂ©cision d’un responsable.
Selon le ComitĂ© juif amĂ©ricain, quelques jours après l’adoption par l’UE de l’interdiction de financer des groupes dont les membres et / ou les activitĂ©s sont liĂ©s au terrorisme, Thomas Nicholson, le prĂ©dĂ©cesseur de Von Burgsdorff, a promis aux groupes palestiniens que les nouvelles règles ne seraient pas appliquĂ©es.
Lors d’une rĂ©union avec des reprĂ©sentants de l’organisation de coordination reprĂ©sentant les groupes civils palestiniens le 19 dĂ©cembre, Nicholson a indiquĂ© que, puisque la liste de l’Union europĂ©enne sur le « terrorisme » ne comprenait pas les noms du peuple palestinien, il n’y avait pas de nouvelles conditions ou des engagements de ne financer aucune des sept organisations figurant sur la liste, et il n’y avait « aucun engagement ni aucune attente » de la part de l’UE de « discriminer » toute personne en raison de ses affiliations politiques.
Les organisations palestiniennes affirment que les organisations du Hamas, le Ezzedine al-Qassam, la Brigade des martyrs d’ Al-Aqsa, le Jihad islamique et le Front populaire pour la libĂ©ration de la Palestine ( FPLP) – sont des partis politiques et ne devraient pas faire partie de la liste noire.
Un mois plus tard, des reprĂ©sentants de groupes palestiniens ont rencontrĂ© Joseph Borrell, chef du dĂ©partement de la politique Ă©trangère de l’UE, et d’autres hauts fonctionnaires du dĂ©partement de la coopĂ©ration internationale de la Commission europĂ©enne, qui ont assurĂ© aux Palestiniens que le nouveau règlement interdit l’UE qui finance des activitĂ©s terroristes n’impose aucune obligation nouvelle ou diffĂ©rente aux groupes qui reçoivent de l’argent de l’UE.
Ana Pisonero-Hernández, porte-parole de la coopĂ©ration internationale et du dĂ©veloppement, a fait une dĂ©claration gĂ©nĂ©rale sur la politique de l’UE, s’opposant aux allĂ©gations de soutien Ă l’incitation ou au terrorisme.
« La lettre envoyĂ©e par l’ambassadeur Kuhn von Burgsdorff se rĂ©fère exclusivement Ă l’application de nos mesures restrictives et explique aux bĂ©nĂ©ficiaires palestiniens (= organisations de la sociĂ©tĂ© civile) leurs propres obligations contractuelles liĂ©es au respect des listes de sanctions de l’UE.
Il n’Ă©tait pas destinĂ© Ă reflĂ©ter l’ensemble des garanties en vigueur. Ces garanties rendent la participation d’entitĂ©s, d’individus ou de groupes affiliĂ©s / liĂ©s / soutenant des organisations terroristes catĂ©goriquement incompatibles avec tout financement de l’UE.
Des suggestions trompeuses ont Ă©tĂ© avancĂ©es selon lesquelles le respect des mesures restrictives de l’Union europĂ©enne est une nouvelle obligation ou est spĂ©cifique Ă la Palestine. Ce n’est pas comme ça. Nous prenons les mesures nĂ©cessaires pour rendre cette position très claire pour toutes les parties concernĂ©es », a-t-il dĂ©clarĂ©.





