Conclusions du colloque au SĂ©nat pour un dialogue judĂ©o-musulman : IsraĂ«l et le statut privilĂ©giĂ© des Juifs de France sont les causes de l’antisĂ©mitisme

Un colloque organisé ce jeudi 12 mars au Sénat sous le patronage de la sénatrice (EELV) Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias, animateurs de l’association Pari(s) du vivre ensemble avait soi-disant pour objectif de reprendre un dialogue entre juif et musulman, mais il semble que la véritable motivation était de trouver des excuses aux terroristes qui tuent des juifs dans les écoles et les sites juifs en France et en Europe.

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La question de ce rassemblement fut celle-ci :  » Quelles causes à la rupture de liens entre juifs et musulmans en France, pour quels remèdes ? »

Une trentaine d’interventions ont Ă©maillĂ© une longue journĂ©e de dĂ©bats, composé d’imams, de rabbins, d’intellectuels et de responsables associatifs invitĂ©s au colloque qui a Ă©tĂ© organisĂ© aussi en 2004, « dans le sillage de la seconde Intifada » toujours par l’association Pari(s) du vivre-ensemble.

Les chrétiens sont les (vrais) ennemis des juifs

Esther Benbassa  rappelle que les juifs ont eu des meilleurs relations avec les musulmans qu’avec les chrĂ©tiens, (est-ce vraiment une excuse pour justifier des attentats ?) :  « Si on fait le bilan historique des relations entre juifs et musulmans en terres musulmanes, elles furent meilleures – mais pas sans ombres – que celles entre juifs et chrĂ©tiens en terres chrĂ©tiennes ».

Le peuple palestinien est soutenu par les terroristes en France 

Ensuite la raison Ă  cet antisĂ©mitisme selon un Imam, est le fait d’attaquer les pauvres palestiniens  :  » le conflit israĂ©lo-palestinien cristallise les tensions entre juifs et musulmans en France…Tant qu’il n’y a pas de paix juste et l’émergence d’un État palestinien, la haine va encore ĂŞtre entretenue dans nos communautĂ©s en France » selon Tareq Oubrou, recteur de la mosquĂ©e de Bordeaux, et ajoutant : « il faut mettre du bon sens dans le rapport de l’Autre »

Les institutions juives devraient condamner Israël 

Il semble que nous sommes dans un monologue, qui s’intensifie par la nouvelle intervention de Esther Benbassa qui accusĂ© les institutions juives reprĂ©sentatives des juifs de France d’un manque de neutralitĂ© envers IsraĂ«l (Peut ĂŞtre faudrait-t-il que le CRIF applaudisse à chaque fois qu’un attentat tue des civils israĂ©liens ?) : « il faut opter pour plus de neutralitĂ© dans la politique israĂ©lienne et insuffler plus de sĂ©rĂ©nitĂ© dans les relations judĂ©o-musulmanes », estime Esther Benbassa.

La communauté juive de France privilégiée par rapport à la communauté musulmane 

C’est ensuite la comparaison abusive entre les deux communautĂ©s en France, oĂą il est dit que les juifs sont mieux lotis que les musulmans (et ensuite on accuse les juifs de parler de la Shoah et de rester dans cette position victimaire) suite Ă  l’intervention de Sihame Assbague : « un traitement politique et institutionnel diffĂ©renciĂ© entre les deux communautĂ©s » et un deux poids-deux mesures dans la lutte contre l’antisĂ©mitisme et l’islamophobie qui crĂ©ent des « rancĹ“urs ». Il n’y a « pas d’égalitĂ© et de justice pour tous les Français, et c’est cela qu’il faut combattre. »

La jalousie envers la réussite des juifs 

Puis arrive la jalousie (on s’y attendait) après que le porte-parole du collectif Stop le contrĂ´le au faciès, Mehdi Belabass, et maire adjoint d’Ivry (Val-de-Marne), affirme que c’est une « jalousie qui se manifeste du cĂ´tĂ© musulman, avec une « envie de s’organiser » de la mĂŞme façon que des instances juives, avec des structures qui leur permettent d’intervenir efficacement dans le dĂ©bat public …C’est insupportable d’être Ă  la porte de tout », dit-il.

Le sujet de la Shoah et ses dérives antisémites 

On arrive au sujet de la Shoah, sujet préféré des musulmans qui soit la renie, soit la critique comme le recteur Tareq Oubrou :
 » Il y a  des efforts Ă  faire des deux cĂ´tĂ©s. (…) On sous-estime l’importance de la Shoah pour les juifs, mais on sous-estime aussi les consĂ©quences du colonialisme et des discriminations… »

L’enseignement de la Shoah fait toujours aussi peur …avec  Sihame Assbague :  » Enseigner moins la Shoah ne règlera pas la question …Le but n’est pas de donner moins aux juifs, mais il ne faut pas lĂ©ser les autres communautĂ©s… « 

Esther Benbassa n’hĂ©site pas Ă  dire que la communautĂ© juive est privilĂ©giĂ©e par rapport aux musulman grâce Ă  la Shoah :  » Sous Vichy, la France a dĂ©portĂ© 73 000 juifs vers les camps d’extermination… la culpabilitĂ© que l’État porte envers les juifs explique aussi le traitement « privilĂ©giĂ© » de cette population dans la RĂ©publique. »

Un peu de vĂ©ritĂ© : Pas d’amalgame et complot juif…

C’est ensuite Martine Cohen, sociologue au CNRS, qui prend la parole et va remettre les pendules Ă  l’heure ;  » l’antisĂ©mitisme et l’islamophobie ne peuvent ĂŞtre mis « sur le mĂŞme plan d’égalitĂ© » car le premier, « actif des populations musulmanes », est source de violences sans pareilles avec le second. »

C’est ensuite au complot juif qu’elle s’attaque :

 » Le complot juif fondĂ© sur 100 % de fantasmes et zĂ©ro rĂ©alitĂ© ..alors que le mythe d’Eurabia est, lui fondĂ© sur le fait qu’il existe des groupes musulmans qui veulent islamiser l’Europe »…

Le mensonge qui persiste : « Le mythe de l’islamisation »

La vérité fait mal, Samia Hathroubi invite la chercheuse à lire l’ouvrage de Raphael Liogier sur « Le mythe de l’islamisation »:

« Ce qui peut aussi aider à retisser les liens, c’est de travailler sur l’égalité et la justice sociale » ainsi que la citoyenneté pour la représentante de FFEU (Foundation For Ethnic Understanding). Même son de cloche pour Samy Debah, président du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), pour qui la question centrale est aussi celle de la citoyenneté, qui pose la question des discriminations, elles-mêmes génératrices d’exclusion. »

Il semble que les personnalitĂ©s juives à ce dĂ©bat ont Ă©tĂ© plus que discrètes. En conclusion, ce colloque n’a Ă©tĂ© qu’un amas de reproches Ă  la limite de l’antisĂ©mitisme contre les Juifs de France et contre IsraĂ«l, le dialogue semble impossible avec un manque si Ă©vident d’objectivitĂ© et de vrai dĂ©sir de paix.