Au cimetière militaire de Be’er Sheva, des prĂ©paratifs sont en cours (lundi) pour l’arrivĂ©e du ministre de la SĂ©curitĂ© nationale Itamar Ben Gvir. La prĂ©paration comprend, entre autres, un tampon Ă©tanche Ă une hauteur de deux mètres entre le cimetière civil et militaire, pour empĂŞcher l’arrivĂ©e de manifestants. De plus, la scène du discours a Ă©tĂ© complètement bloquĂ©e pour Ă©viter tout prĂ©judice potentiel aux politiciens.
En attendant, des familles sont dĂ©jĂ venues hier soir pour dĂ©poser des gerbes et organiser une cĂ©rĂ©monie privĂ©e en signe de protestation contre l’arrivĂ©e de Ben Gvir et sont déçues du comportement.
« Cher Dodi, nous sommes dĂ©solĂ©s, nous sommes sortis pour nous battre pour l’image de la terre pour l’existence de laquelle tu as donnĂ© ta vie! », a Ă©crit la famille de David (Dodi) Yoel, tombĂ© dans la guerre du Yom Kippour – sur une pancarte qui a Ă©tĂ© placĂ© sur sa tombe en signe de protestation.
Nous en avons rencontrĂ© quelques-uns lorsqu’ils sont venus dĂ©poser une gerbe la veille. Deux sĹ“urs venues rendre visite Ă la part de leurs deux frères ont prĂ©fĂ©rĂ© rester anonymes. « Ils l’amènent comme un prisonnier », expliquent-ils Ă propos de la grande sĂ©paration qui s’est créée entre le cimetière militaire et civil de Beer Sheva. Des clĂ´tures recouvertes de tissu, hautes de deux mètres et plus, afin non seulement d’empĂŞcher le passage mais aussi pour que les Ă©ventuels manifestants ne puissent pas voir le ministre. Avant cela, le ministre sera amenĂ© de cĂ´tĂ© et passera par une sorte de canal en tissu semblable aux stades sportifs.
« Nous ne viendrons pas », disent les sĹ“urs avec insistance, « nous avons deux frères ici et nous ne viendrons pas demain Ă cause de lui. Ce sont tous nos enfants, mais peu importe, il lui suffit de dire quelque chose et ça va contrarier quelqu’un, ça va tout gâcher. S’il ne venait pas, je viendrais. Ça devrait ĂŞtre vraiment calme ici – pas de bruit du tout et j’ai des frissons en en parlant. J’ai l’intention de venir Ă la soirĂ©e commĂ©morative tenue Ă la municipalitĂ©. » Un cousin de l’un des morts a demandĂ©: « Laissez-le passer tranquillement, c’est tout ce que je demande. »
Le ministre de la SĂ©curitĂ© nationale Itamar Ben Gvir a dĂ©clarĂ© ce soir : « Si je ne peux pas me rendre Ă la cĂ©rĂ©monie d’État cette annĂ©e, alors malheureusement, les politiciens ne pourront plus se rendre aux cĂ©rĂ©monies du Memorial Day chaque annĂ©e. Ils prĂ©tendront que l’un est de droite, l’autre de gauche, l’autre est ultra-orthodoxe et l’autre laĂŻc, et tout le monde aura une excuse. Pourquoi protester contre tel ou tel politicien ? Je viens et j’embrasserai aussi ceux qui m’ont acclamĂ©. Je donnerai un discours en reprĂ©sentant l’Etat d’IsraĂ«l. »