Le ministre bulgare de la Défense, Dimitar Stoyanov, a annoncé samedi que deux avions-citernes de l’armée américaine avaient quitté dans la nuit la base aérienne de Bezmer, en Bulgarie. Ce départ intervient environ un mois après l’autorisation de leur déploiement, une décision qui avait suscité des manifestations locales et des menaces sévères de la part de l’Iran contre cette installation.
Un déploiement approuvé fin juillet, sur fond de vives protestations
Le déploiement de ces appareils, des KC-135, avait été approuvé par le Parlement bulgare le 22 juillet dernier, dans le cadre d’un accord d’usage partagé d’installations militaires entre la Bulgarie et les États-Unis. Cette décision avait provoqué des manifestations de la part des habitants de la région, inquiets d’une possible attaque iranienne par missiles ou drones. Téhéran avait, de son côté, publié un communiqué officiel qualifiant l’activité militaire américaine sur le sol bulgare de participation à une « agression » et à des « crimes de guerre », des accusations rejetées par le gouvernement de Sofia.
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Un rapport du Financial Times avait relancé les craintes
La tension autour de cette base avait atteint son point culminant cette semaine. Mercredi, le Financial Times avait rapporté, en s’appuyant sur des sources proches du régime de Téhéran, que les forces iraniennes avaient examiné la possibilité de frapper des installations américaines dans le sud-est de l’Europe — l’installation bulgare figurant parmi les cibles centrales évoquées dans ces plans, un dossier que nous avions déjà traité en détail dans nos précédents articles sur les menaces iraniennes contre l’Europe et sur les réactions occidentales qui avaient suivi, entre démenti chypriote et mise au point de l’OTAN.
Sofia cherche à apaiser les tensions
Malgré ces informations sur des intentions de frappe, le gouvernement bulgare s’est efforcé de faire retomber la pression. Le ministre de la Défense Stoyanov a affirmé qu’au cours du mois passé en Bulgarie, les avions américains n’avaient effectué que des vols d’entraînement au-dessus de pays alliés uniquement. « Nous n’avons aucune information faisant état de menaces directes contre notre sécurité nationale », a-t-il déclaré, précisant que son gouvernement avait agi en pleine coordination avec Washington et sur la base d’informations préalables, de sorte que l’ensemble des décisions avaient été prises de manière étayée.
Ce retrait, survenant après plusieurs semaines de vive tension locale et régionale, s’inscrit dans le climat plus large de confrontation entre Washington et Téhéran, alors que le président américain Donald Trump a lui-même annoncé cette semaine le lancement d’une opération économique d’une ampleur inédite contre la République islamique, qualifiée de véritable « Jour J économique ».






