Ă peine libĂ©rĂ© aprĂšs plus de 500 jours de captivitĂ© dans les tunnels du Hamas, Elia Cohen livre un tĂ©moignage glaçant sur les conditions inhumaines quâil a endurĂ©es et sur la sĂ©paration douloureuse dâavec son compagnon de dĂ©tention, Alon Ahel, toujours otage.
DĂšs son retour sur le sol israĂ©lien, Elia Cohen a contactĂ© les parents d’Alon Ahel, son compagnon dâinfortune, pour leur faire part de la situation critique dans laquelle se trouve encore leur fils. EnlevĂ©s ensemble depuis le 7 octobre, les deux hommes ont partagĂ© des mois de souffrance avant dâĂȘtre brutalement sĂ©parĂ©s lors de la rĂ©cente libĂ©ration partielle des otages.
Une captivité marquée par la torture et la privation
BlessĂ© par balle lors de son enlĂšvement, Elia Cohen a Ă©tĂ© soumis Ă un traitement dâune cruautĂ© inimaginable. Il raconte avoir subi une extraction de projectiles sans anesthĂ©sie, dans un silence forcĂ©, une simple Ă©toffe enfoncĂ©e dans la bouche pour Ă©touffer ses cris.
TransfĂ©rĂ© Ă plusieurs reprises entre diffĂ©rents lieux de dĂ©tention, il a Ă©tĂ© contraint de revĂȘtir des habits fĂ©minins musulmans ou de se dĂ©guiser en homme d’affaires pour tromper dâĂ©ventuels observateurs. Dans l’un des tunnels oĂč il Ă©tait dĂ©tenu, une frappe israĂ©lienne a provoquĂ© lâeffondrement de la structure, et lui ainsi que d’autres otages n’ont survĂ©cu que de justesse.
Lâhorreur ne sâarrĂȘte pas lĂ . Cohen rĂ©vĂšle avoir Ă©tĂ© dĂ©tenu enchaĂźnĂ© aux poignets et aux chevilles aux cĂŽtĂ©s dâAlon Ahel, Eli Sharabi et Or Levy. Tous dormaient Ă mĂȘme le sol, partageant une seule couverture pour deux. Ils Ă©taient nourris dâune simple galette de pain par jour, soumis Ă une privation constante et Ă une interdiction absolue dâexercer toute activitĂ© physique ou mĂȘme de fredonner une mĂ©lodie. Dans les jours prĂ©cĂ©dant leur libĂ©ration, les geĂŽliers les ont suralimentĂ©s afin qu’ils paraissent en meilleure condition physique aux yeux du monde.
Une séparation déchirante et une incertitude insoutenable
Lorsque la libĂ©ration dâElia Cohen a Ă©tĂ© actĂ©e, les geĂŽliers du Hamas ont brutalement sĂ©parĂ© les deux hommes. Alon Ahel est restĂ© seul dans les profondeurs des tunnels, dans un Ă©tat physique et psychologique prĂ©occupant. Ses parents, anĂ©antis, redoutent que lâabsence dâaccord global prolonge indĂ©finiment son supplice.
Lors du transfert des otages libĂ©rĂ©s, Cohen a aperçu deux autres captifs assis dans un vĂ©hicule, entourĂ©s de gardes armĂ©s. Lorsquâil a demandĂ© qui ils Ă©taient, un geĂŽlier lui a rĂ©pondu cyniquement : « Ce sont deux otages que nous avons amenĂ©s pour quâils voient que vous partez et quâeux restent. »
Aujourdâhui, alors quâIsraĂ«l reprend ses opĂ©rations militaires, les familles des otages redoutent que les nĂ©gociations repartent de zĂ©ro et que leurs proches soient condamnĂ©s Ă un destin tragique. « Reprendre la guerre signifie sacrifier nos enfants, » confie le pĂšre dâAlon, tandis que sa mĂšre, en mission aux Ătats-Unis, tente dĂ©sespĂ©rĂ©ment de mobiliser la communautĂ© internationale en faveur d’un nouvel accord.







