La police recommande des accusations de corruption et d’abus de confiance contre le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu. Quant au ministre, il dit que le rapport des accusations de la police est « plein de trous, comme le fromage suisse ».
La police allègue que Netanyahu a reçu des cadeaux coĂ»teux de la part de ses partisans en Ă©change de leurs intĂ©rĂŞts, y compris des cigares et du champagne chers du producteur hollywoodien d’origine israĂ©lienne Arnon Milchan. Le Premier ministre aurait Ă©galement conspirĂ© avec Arnon Mozes, le propriĂ©taire du quotidien israĂ©lien Yediot Acharonot, pour faire adopter une loi qui contrecarrerait le tabloĂŻd pro-Netanyahu, IsraĂ«l Hayom, financĂ© par le milliardaire amĂ©ricain Sheldon Adelson.
En 2009, le ministre des affaires Ă©trangères d’alors, Avigdor Lieberman, a Ă©tĂ© accusĂ© de corruption, de fraude, de blanchiment d’argent, de harcèlement de tĂ©moin et d’obstruction Ă la justice, mais il a Ă©tĂ© acquittĂ© en première instance.
Les Israéliens se plaignent depuis longtemps que des enquêtes approfondies, souvent divulguées aux médias, ont porté atteinte aux politiciens et à leur droit à une procédure régulière.
L’histoire n’est peut-ĂŞtre pas bonne pour la mĂ©taphore du fromage de Netanyahou : Il y a en IsraĂ«l une douzaine de personnalitĂ©s au niveau du Cabinet qui ont Ă©galement rejetĂ© les accusations portĂ©es contre eux, pour se retrouver dans un trou diffĂ©rent. Beaucoup ont reçu des peines avec sursis ; voici cinq qui ont eu du mal.

Ehud Olmert, premier ministre
Olmert a dĂ©missionnĂ© de son poste en septembre 2008 après que les enquĂŞteurs de la police eurent recommandĂ© qu’il soit inculpĂ© de multiples scandales de corruption.
Ce qu’il a dit : « Toute personne intelligente sait que les choses sont totalement hors de proportion. »
Ce qu’il a servi : 16 mois d’une peine de 27 mois pour avoir reçu des pots-de-vin dans ce qu’on a appelĂ© le plus grand scandale de corruption en IsraĂ«l. Il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© l’annĂ©e dernière. L’affaire Holyland impliquait le versement de pots-de-vin Ă des reprĂ©sentants du gouvernement par les promoteurs d’un complexe d’appartements de luxe de grande taille Ă JĂ©rusalem. Olmert a Ă©galement Ă©tĂ© reconnu coupable d’avoir acceptĂ© des enveloppes en espèces d’un homme d’affaires juif amĂ©ricain, Morris Talansky, et de l’avoir utilisĂ© Ă des fins personnelles et non politiques.
L’ancien prĂ©sident israĂ©lien Moshe Katsav est arrivĂ© Ă la Cour suprĂŞme d’IsraĂ«l pour entendre le verdict de son appel sur le viol et d’autres dĂ©lits sexuels Ă JĂ©rusalem, le 10 novembre 2011. (Uriel Sinai / Getty Images)
Moshe Katsav, président
Katsav, accusĂ© d’avoir violĂ© une femme et harcelĂ© sexuellement deux autres membres du personnel, a dĂ©missionnĂ© en 2007 après avoir conclu un accord de plaidoyer. Les accusations de viol ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es. Il plaiderait coupable de harcèlement sexuel et d’entrave Ă la justice, entre autres accusations, et serait condamnĂ© avec sursis.
Ce qu’il a dit , en 2006 : « La presse mène la pression publique. Parfois, leurs actions se limitent mĂŞme au criminel, quand un faux tĂ©moignage est donnĂ© Ă cause de la pression [mĂ©diatique]. Des sources mĂ©diatiques hostiles ont tendu la main Ă de nombreuses jeunes femmes. «Â
Ce qu’il a servi : Cinq ans d’une peine de sept ans pour le viol et les autres accusations. Qu’est-il arrivĂ© ? Katzav n’a pas aimĂ© la façon dont se dĂ©roulaient les pourparlers de plaidoyer et a optĂ© pour un procès en 2010. Un panel de trois juges a Ă©tĂ© unanime dans son verdict de culpabilitĂ©. Il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en 2016.
L’ancien ministre israĂ©lien de l’Ă©nergie Gonen Segev, au centre, devant un tribunal du district de Tel Aviv, le 22 avril 2004. (Yariv Katz / AFP / Getty Images)
Gonen Segev, ministre de l’Ă©nergie
Segev, un mĂ©decin, est un membre du parti d’opposition Tzomet qui a Ă©tĂ© attirĂ© de l’autre cĂ´tĂ© en 1994 pour rejoindre le gouvernement d’Yitzhak Rabin en tant que ministre de l’Ă©nergie et pour prononcer le vote crucial qui a approuvĂ© les Accords d’Oslo avec les Palestiniens.
En 2004, il a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© pour trafic de drogue et fraude par carte de crĂ©dit. Il avait tentĂ© de faire passer clandestinement 25 000 comprimĂ©s d’ecstasy en provenance des Pays-Bas.
Ce qu’il a dit : Il pensait qu’ils Ă©taient M & Ms.
Ce qu’il a servi : Plus de deux ans d’une peine de cinq ans. Il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en 2007. Segev a Ă©tĂ© entendu pour la dernière fois en mĂ©decine au Nigeria.
Shlomo Benizri vu lors d’une interview Ă JĂ©rusalem, le 10 septembre 2014. (Yonatan Sindel / Flash90)
Shlomo Benizri, ministre de la santĂ© et de l’Ă©nergie
Benizri, du parti des SĂ©pharades orthodoxes, a Ă©tĂ© ministre de la SantĂ© sous un gouvernement travailliste de 1999 Ă 2001 puis ministre du travail sous les gouvernements du Likoud de 2001 Ă 2003. Il a Ă©tĂ© accusĂ© en 2008 d’avoir acceptĂ© des pots-de-vin, violĂ© la confiance publique et obstruction Ă la justice pour des actions durant son mandat de ministre du Travail. Il avait fourni des informations privilĂ©giĂ©es Ă un ami entrepreneur.
Ce que son frère a dit : C’Ă©tait la faute des gays. « L’ensemble du système a adaptĂ© Shlomo Benizri Ă sa cible », a dĂ©clarĂ© David Benizri lorsque son frère a Ă©tĂ© reconnu coupable. « C’Ă©tait un homme qui n’avait pas peur de dire ce que nous, Juifs religieux, n’osions pas dire. Il y a beaucoup de gays dans les tribunaux, la Knesset, la police et le ministère public, et je suppose que beaucoup de Juifs dans le système d’application de la loi n’aimaient pas entendre la vĂ©ritĂ©. «Â
Ce qu’il a servi : Benizri a interjetĂ© appel d’une peine de 18 mois en 2008 ; La Haute Cour a portĂ© le dĂ©lai Ă quatre ans en 2009. Il a purgĂ© deux ans et demi et a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en mars 2012 en partie Ă cause du surpeuplement dans les prisons israĂ©liennes. Pendant un certain temps, lui et Katsav Ă©taient des compagnons de cellule.
Aryeh Deri menant une réunion à la Knesset à Jérusalem, le 26 juin 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)
Aryeh Deri, ministre de l’IntĂ©rieur
Deri, le leader des Shas, a Ă©tĂ© ministre de l’IntĂ©rieur de 1988 Ă 1993, sous l’Ă©gide de l’unitĂ© nationale, du Likoud et des gouvernements dirigĂ©s par le Parti travailliste. Il a Ă©tĂ© accusĂ© de plusieurs chefs de corruption liĂ©s Ă l’utilisation de son poste Ă la tĂŞte du ministère de l’IntĂ©rieur, qui supervise les conseils locaux, pour obtenir des villes et des villes de dispenser des faveurs Ă leurs amis et associĂ©s.
Ce que Rav Yossef a dit : Dieu le protégeait. Le rabbin Ovadia Yossef, ancien rabbin séfarade et chef spirituel de Shas, a appelé Deri à son appartement en 1993 et ​​lui a ordonné de ne pas démissionner. Rav Yossef avait aussi déclaré que Deri « tombera devant ses ennemis ».
Ce qu’il a servi : Deri a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă trois ans en 2000 ; Il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© après 22 mois en 2002.
Le Rav Ovadia Yossef avait raison : Deri fut de retour au gouvernement et en tant que ministre de l’IntĂ©rieur.









