L’Iran a annoncĂ© un premier cas de coronavirus sur son territoire le 19 fĂ©vrier et s’est depuis propagĂ©. Les patients incluent Ă©galement le vice-prĂ©sident et conseiller principal du chef suprĂŞme Ali Khamenei. Au total, 10 000 cas sont confirmĂ©s en Iran, bien que beaucoup pensent que le nombre rĂ©el est plus Ă©levĂ©.
L’Iran, une nation d’environ 80 millions d’habitants, a connu une augmentation particulièrement meurtrière des infections au coronavirus, mĂŞme parmi ses principaux dirigeants. Le ministère de la Santé de l’Iran a dĂ©clarĂ© que 429 personnes sont mortes du virus qui cause la maladie connue sous le nom Covid-19, et plus de 10 000 ont Ă©tĂ© rendus malades. Parmi les morts figurent des parlementaires, un ancien diplomate et mĂŞme un conseiller principal du Guide suprĂŞme. Au moins deux douzaines d’autres fonctionnaires, dont un vice-prĂ©sident, ont Ă©tĂ© infectĂ©s.
Ă€ Qom, le centre religieux des religieux chiites au pouvoir en Iran, plus de 846 personnes ont contractĂ© le virus, selon des responsables. Cependant, le gouvernement iranien n’a pas publiĂ© de bilan officiel des dĂ©cès Ă Qom, oĂą vivent environ 1,2 million de personnes. Mais des vidĂ©os, des images satellite et d’autres donnĂ©es open source du cimetière – un vaste complexe situĂ© Ă six miles au nord du centre-ville – suggèrent que le nombre de personnes touchĂ©es par le virus y est considĂ©rablement plus Ă©levĂ© que le chiffre officiel.
Un analyste d’image chez Maxar Technologies dans le Colorado a dĂ©clarĂ© que la taille des tranchĂ©es et la vitesse Ă laquelle elles ont Ă©tĂ© creusĂ©es ensemble font une diffĂ©rence claire par rapport aux pratiques d’inhumation antĂ©rieures impliquant des parcelles individuelles et familiales sur le site. En plus de l’imagerie satellite, des vidĂ©os publiĂ©es sur les mĂ©dias sociaux du cimetière montrent les longues rangĂ©es de tombes Ă Behesht-e Masoumeh et disent qu’elles sont destinĂ©es aux victimes du coronavirus.
L’analyste d’images, qui a demandĂ© l’anonymat en raison de la sensibilitĂ© de son travail, a Ă©galement soulignĂ© une image qui montre ce qui semble ĂŞtre un gros tas de chaux blanche, qui peut ĂŞtre utilisĂ© pour contrĂ´ler la dĂ©composition et les odeurs dans les fosses communes. Les autoritĂ©s sanitaires iraniennes ont confirmĂ© ces dernières semaines l’utilisation de chaux pour enterrer les victimes du coronavirus.
Dans la vidĂ©o suivante, partagĂ©e par le service persan de la BBC le 3 mars, le narrateur dĂ©crit la scène dans le cimetière de Behesht-e Masoumeh alors que les hommes transportent un cercueil dans une tranchĂ©e avec plusieurs tombes. Qom, comme d’autres rĂ©gions de l’Iran, est aux prises avec l’Ă©pidĂ©mie de coronavirus qui a rendu malades des milliers de personnes et submergĂ© l’infrastructure de santĂ© publique.
« C’est la section rĂ©servĂ©e aux victimes de coronavirus », explique le narrateur, alors que la camĂ©ra fait dĂ©filer une petite partie du fossĂ©, montrant des tas de terre et de petits marqueurs simples. Des personnes en tenue de protection bleue sont vues Ă proximitĂ©. « Jusqu’Ă prĂ©sent, plus de 80 [personnes] ont Ă©tĂ© enterrĂ©es dans cette section, et ils ne disent que 34 morts », dit-il, citant le bilan officiel du 28 fĂ©vrier.
Fabian Hinz de l’Institut Middlebury d’Ă©tudes internationales, qui a examinĂ© la vidĂ©o prĂ©cĂ©dente et suivante, a dĂ©clarĂ© que les marqueurs gĂ©ographiques uniques des vidĂ©os correspondent aux points de repère trouvĂ©s près du cimetière.
Dans la vidĂ©o suivante, un autre narrateur dit qu’il est au cimetière Behesht-e Masoumeh le 3 mars, environ deux semaines après que l’Iran a signalĂ© ses premiers cas. D’ici lĂ , au moins 77 personnes Ă©taient mortes du virus, selon les chiffres officiels, et plus de 2000 personnes Ă©taient infectĂ©es, bien que les informations provenant des hĂ´pitaux de TĂ©hĂ©ran examinĂ©es par le Washington Post suggèrent fortement que l’Ă©pidĂ©mie est beaucoup plus importante.
« Un travailleur m’a dit qu’ils devaient avoir enterrĂ© plus de 250 victimes du coronavirus jusqu’Ă prĂ©sent », explique la lĂ©gende. Alors que le narrateur parcourt le cimetière, il pointe la camĂ©ra vers le bas pour mettre en Ă©vidence ce qu’il dit ĂŞtre de nouvelles sĂ©pultures. « Ce sont toutes des tombes », dit-il, Ă un moment donnĂ© en utilisant un index gantĂ© pour diriger le spectateur vers les parcelles Ă l’horizon. « Ce sont celles de ces derniers jours », poursuit-il. « Et comme vous pouvez le voir, cela continue sans fin. »




