Des officiers supérieurs de réserve : « Les accords d’Oslo sont morts — il est temps d’envisager un autre plan »

Ce n’est pas dans une salle de conférence de Tel Aviv qu’ils ont choisi d’enregistrer leur podcast, mais dans la ferme agricole « Shouva Israël » en Samarie. Le brigadier-général (res.) Erez Weiner, président du mouvement Bitkhonanistim, et le colonel (res.) Prof. Gabi Siboni, ancien commandant de la brigade Golani et expert en sécurité et cyberdéfense, ont rencontré sur place les membres du Forum « Habaïta », fondé par Libi Eliav qui a perdu son fils David Eliav, tombé à Gaza, et par Yehoshua Sherman, dont le fils a été tué lors d’un attentat meurtrier à proximité de la ferme. Les deux officiers ont enregistré leur podcast populaire « Ha-Winner ve-Ha-Professeur » et ont passé au crible les accords d’Oslo et les défaillances que l’accord a générées.

Le colonel Siboni, qui était en activité dans le secteur au moment de la signature des accords d’Oslo et durant l’opération « Rempart », a décrit comment la découpe originelle du territoire en zones A, B et C a créé une distorsion sécuritaire. Selon lui, la définition de ces zones a engendré des aberrations géographiques qui ont empêché toute continuité territoriale israélienne. Il a pointé une faute persistante dans la gestion des terres : les Arabes ont grignoté depuis des années les zones C avec des financements étrangers, principalement européens, en perçant des routes et en construisant des infrastructures, pendant qu’Israël s’occupait d’empêcher la colonisation juive.

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Le brigadier-général Weiner a quant à lui développé la signification militaire de la colonisation et du maintien des espaces ouverts. Sa thèse : une doctrine de sécurité qui repose uniquement sur la technologie, les clôtures et le renseignement est insuffisante. Les événements passés ont démontré, selon lui, que seule une présence physique et une emprise solide sur le terrain créent une dissuasion et une sécurité réelles. Les habitants des fermes et les bergers ne sont pas de simples agriculteurs — ils constituent en pratique une première ligne de défense et des yeux sécuritaires essentiels qui protègent les intérêts stratégiques de l’État d’Israël dans la région.

Les deux officiers sont tombés d’accord sans équivoque sur un point : l’Autorité palestinienne dans sa configuration actuelle n’est pas en mesure de survivre par ses propres moyens. Elle repose intégralement sur un soutien financier et politique américano-européen, ainsi que sur l’activité militaire continue de Tsahal qui la protège de l’intérieur. Sans cette béquille, le Hamas l’aurait depuis longtemps éjectée, selon la formule d’Erez Weiner.

Face à la critique, Siboni a présenté une solution concrète inspirée du « modèle des Émirats » du professeur Moti Kedar : définir les grandes villes arabes comme Naplouse, Jénine et Tulkarem comme des entités autonomes séparées, et dans le même temps imposer un contrôle israélien total sur tous les espaces ouverts qui les entourent. Les données présentées dans cet épisode illustrent la dynamique à l’œuvre : si la colonisation institutionnalisée n’occupe actuellement qu’environ 200 000 dounams sur les 5,5 millions de la zone C, les fermes agricoles ont réussi ces dernières années à ancrer et maintenir environ 1,1 million de dounams supplémentaires. L’épisode s’est conclu par un parallèle biblique avec l’épisode des espions : dix sur douze ont cédé à la peur, deux ont choisi autrement — et c’est ce choix que les habitants des fermes revendiquent aujourd’hui.

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