Documenté à Berlin : des Israéliens portant le drapeau ont été expulsés d’un café et hués par une foule agressive

L’antisémitisme en Allemagne s’exprime de façon de plus en plus décomplexée. En plein cœur de Berlin, des touristes israéliens qui souhaitaient simplement s’asseoir en terrasse d’un café ont été expulsés du lieu — uniquement parce qu’ils portaient le drapeau israélien enroulé autour d’eux. L’incident s’est produit en plein apogée d’une manifestation pro-palestinienne, et a contraint la police à intervenir pour extraire les touristes sous escorte renforcée.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont documenté la scène. On y voit les trois touristes assis dans l’espace extérieur du café, tandis que la police érige une barrière de séparation autour d’eux pour tenir à distance les manifestants déchaînés qui tentent de les atteindre. La description accompagnant les vidéos indique que « le propriétaire du café a expulsé les touristes à cause du drapeau israélien ». Lors de la sortie des lieux, la situation a dégénéré : sous escorte policière rapprochée, les trois personnes ont dû traverser la foule au milieu de huées et d’insultes.

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L’étoile de David interdite au tribunal

L’incident du café n’est pas un fait isolé. Quelques jours plus tôt, dans une salle d’audience berlinoise, une femme juive a été contrainte de retirer son pendentif étoile de David pour avoir accès à un procès — précisément celui d’un prévenu accusé d’incitation à la haine pour avoir affiché des panneaux « Interdiction d’entrée aux Juifs » dans son magasin. Le paradoxe est cinglant : une victime potentielle de la haine antisémite doit effacer son identité juive pour assister au procès de celui qui l’incite.

La femme a témoigné de son vécu : « J’ai dû retirer toute ma chaîne étoile de David et la remettre. Je n’ai même pas eu le droit de la porter en dessous de ma chemise ou de la mettre dans ma poche. Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai retiré cette chaîne de ma vie. Elle fait partie de mon identité. »

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Interrogé sur les raisons de cette interdiction, le porte-parole du tribunal, Stephan Wolff, a invoqué une ordonnance de sécurité existante. « Il existait déjà une ordonnance de sécurité du tribunal stipulant qu’il n’est pas permis d’introduire quoi que ce soit susceptible de perturber l’ordre lors des audiences. Lors du contrôle, le texte a été interprété de manière extensive par les policiers et étendu aux symboles religieux. » Un avocat local a réagi avec netteté : porter ouvertement un pendentif étoile de David « n’est pas couvert par l’ordonnance de sécurité de la salle d’audience ». Selon lui, la règle n’a pas été interprétée « de manière extensive » mais « simplement interprétée de manière erronée ». Les agents « ont excédé de manière significative leurs attributions. »

Une progression qui ne se cache plus

Les deux incidents, survenus à quelques jours d’intervalle dans la même ville, dessinent une réalité qui s’installe : en Allemagne, pays qui a érigé le devoir de mémoire en pilier de son identité nationale, la haine antijuive et antisioniste progresse au point que porter un drapeau ou un symbole religieux juif dans l’espace public devient un acte risqué. L’image de touristes israéliens escortés par la police hors d’une terrasse de café berlinois, sous les huées d’une foule, résonne comme un symbole fort de cette dérive.


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