La vie du Dr Yeela Raanan au Kibboutz Kissufim est constituée de réunions du Comité de l’éducation, de conférences pour les étudiants de la ville voisine et de confrontations sans fin avec les voisins. C’est le cas lorsque l’on essaie de justifier les missiles de Gaza même lorsque les champs sont en feu.
« Faites une faveur, ne l’associez pas au kibboutz, ne lui donnez pas de poids, elle ne nous reprĂ©sente pas, elle contribue, mais ses opinions font transpirer certaines personnes ici » selon un habitant en bordure de Gaza.
La docteure Yaela Raanan, qui se disputera la troisième place de la liste du parti arabe Hadash ce week-end , agace ses voisins du kibboutz Kissufim et la plupart des habitants en bordure de Gaza en gĂ©nĂ©ral. Pour eux, elle est une « traĂ®tre », « pathĂ©tique », « naĂŻve » et une « cinquième colonne ». Au fil des ans6, elle a fait une sĂ©rie de dĂ©clarations provocantes contre les actions de l’armĂ©e dans la bande de Gaza.
Les partis de droite et du centre de la rĂ©gion l’ignorent complètement, certainement en termes de positions politiques, et cela est considĂ©rĂ© comme trop extrĂŞme, mĂŞme parmi les gauchistes des kibboutzim en bordure de Gaza, car en effet, il y en a beaucoup.
« Je suis une assistante sociale qui croit en la pleine Ă©galitĂ© pour tous les rĂ©sidents d’IsraĂ«l », a t-elle expliquĂ© : « Je ne suis pas sioniste, le sionisme a créé IsraĂ«l et j’en suis heureuse. Je viens d’une famille dont très peu ont survĂ©cu après l’Holocauste. Je suis la fille d’un agriculteur, je suis la femme d’un agriculteur, mais j’aimerais, par exemple, que l’agriculture bĂ©douine soit florissante et qu’elle reçoive les mĂŞmes ressources que nous. »
Raanan, une figure bien connue de la région, manifeste souvent pour que ses villages bédouins méconnus soient reconnus et contre le siège de Gaza.
« Elle n’est pas connectĂ©e au sol, elle ne comprend pas Ă qui nous avons affaire et il est triste que quelqu’un d’entre nous pense de cette façon lorsque des roquettes sont tirĂ©es et nos champs sont en feu », a dĂ©clarĂ© un habitant du kibboutz. « Je ne suis pas Ă droite, mais elle traverse toutes les lignes rouges. »
Raanan ne bouge pas de ses positions : « Il y a ceux qui me voient comme une traĂ®tre, je n’ai pas peur, ils ne voient pas les valeurs humaines, je suis dĂ©rangĂ©e ou naĂŻve pour eux, mais l’innocence est dans ceux qui pensent que la solution est le pouvoir. »
Outre les arguments politiques, Raanan est très active dans cette rĂ©gion et prĂ©side le ComitĂ© de l’Ă©ducation de la Knesset. Les visages dĂ©formĂ©s sur le kibboutz, comme elle le dit, ne sont pas vraiment un problème qui affecte le niveau quotidien, mais la gĂŞne grandit pendant les affrontements dans le secteur ou lors de rĂ©unions tendues. « Lorsque nous sommes attaquĂ©s, chaque opinion est vue par nous, Ă juste titre, comme une question de vie ou de mort. Ce n’est pas comme Ă Tel Aviv, oĂą c’est une question thĂ©orique. Mais selon moi, il faut faire preuve de beaucoup plus de conduite politique et de conduite agressive.
Certaines personnes pensent que c’est pathĂ©tique, et au sein de la communautĂ©, il y a des gens qui ont une opinion opposĂ©e Ă la mienne. Ils pensent que vous devez rentrer très fort chez les Gazaouis et en tant que rĂ©sidente de Kissufim, pour moi, la colère s’exprime ailleurs, mĂŞme si l’inconfort monte. «Â
Il y a quelques semaines à peine, personne ne semblait vouloir renverser la formule électorale « gagnante » de Hadash : le parti de gauche vétéran avait rejoint les extrémistes, y compris Balad et le Mouvement islamique, et avait été légitimé par le public juif, du Droits des femmes, de Avoda et Hayot. La réputation, peut-être plus que celle de ses électeurs actuels, qui lui a valu quatre des 13 sièges de la liste et la présidence de la faction parlementaire à la 20e Knesset, nommée par Ayman Odeh.
Uda, le Dr Shukri Awada et Jafar Farah sont en compĂ©tition contre Hadash, tandis que Raanan se bat pour la sixième place, une place auparavant rĂ©servĂ©e Ă Dov Khenin. Ses adversaires : Efraim Davidi, Noa Levy, Ofer Kassif, Raja Zaatara et Farah lui-mĂŞme, tous deux activistes connus de HaĂŻfa, chrĂ©tiens arabes, ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă une large couverture mĂ©diatique au cours de la dernière annĂ©e. « J’ai l’intention de porter mes actions sur le terrain – contre l’occupation et pour la paix, contre les brutalitĂ©s policières, pour les droits de l’homme, pour les droits des travailleurs, pour l’Ă©galitĂ© et pour le partenariat judĂ©o-arabe – Ă la Knesset », a dĂ©clarĂ© Levy.
Raanan comprend les positions de ses amis dans le kibboutz, mais travaille en mĂŞme temps pour les modifier, mĂŞme lĂ©gèrement. « Nous sommes attaquĂ©s, et quand une personne est attaquĂ©e, sa rĂ©action naturelle est de rĂ©agir, et dans ces circonstances, il est difficile de penser autrement et Ă long terme quel type de relations que nous souhaitons avec nos voisins. » « J’insiste, ce n’est pas Gaza qui nous attaque, c’est une organisation militante, et nous n’avons d’autre choix que de leur parler, une personne qui a des valeurs doit la protĂ©ger mĂŞme lorsqu’elle est attaquĂ©e. »
Elle enseigne depuis des annĂ©es dans le cadre du Collège Sapir et ses opinions surprennent mĂŞme ses Ă©tudiants. « Avant d’entrer dans la salle de classe, ils utilisent dĂ©jĂ Google et voient les vidĂ©os des manifestations », a-t-elle dĂ©clarĂ©. Et très bientĂ´t, ils annoncent Ă leurs interlocuteurs que j’ai un amour humain et un dĂ©sir d’amĂ©liorer la situation Ă la pĂ©riphĂ©rie. «Â
Le parti de Raanan ne devrait pas recevoir beaucoup de voix, mĂŞme s’il est finalement Ă©lu aux primaires. « Les gens qui pensent comme moi sont rĂ©duits au silence dans tout le pays et ici aussi », a-t-elle expliquĂ©. « Certaines personnes viennent Ă moi doucement et me disent » bravo « , peut-ĂŞtre qu’ils ne voteront pas Hadash, mais qu’ils voteront pour Meretz. Je ne peux pas ĂŞtre rĂ©duite au silence. «Â






