Drame à Bat Yam ce Shabath (vidéo) : Un policier a tué un jeune israélien de 24 ans : « Pourquoi la gùchette est plus facile pour nous, et pas les terroristes ? « 

Yehouda Baidaga, 24 ans, de Bat Yam, a Ă©tĂ© abattu vendredi par un policier. Selon la police, le jeune homme a menacĂ© avec un couteau et a Ă©tĂ© tuĂ©. Yehouda avait apparemment subi un choc psychologique pour d’autres raisons, et se dĂ©chaĂźnait chez lui et dans la rue avant de courir avec un couteau vers la police.

Le DĂ©partement des enquĂȘtes sur la police du ministĂšre de la Justice n’a pas encore dĂ©cidĂ© d’enquĂȘter sur l’agent de police de la rĂ©gion d’Ayalon qui a abattu le jeune homme Ă  Bat Yam. Cependant, une enquĂȘte interne prĂ©liminaire sur l’incident grave a Ă©tĂ© ouverte et, selon des sources policiĂšres, il semblerait que le policier ait agi conformĂ©ment aux procĂ©dures de tir.

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Comme indiquĂ©, l’incident s’est produit hier vers 15h30. Un scooter de police s’est dirigĂ© jusqu’Ă  la maison de la famille Baidaga, rue Balfour, aprĂšs que sa famille eut signalĂ© qu’il Ă©tait devenu fou dans la maison puis Ă©tait sorti en agitant un couteau Ă  la main.

Les deux policiers se sont sĂ©parĂ©s et ont fait des recherches. L’un d’entre eux, armĂ© d’un pistolet Teaser (une arme Ă  dĂ©charge Ă©lectrique), est descendu du scooter et a commencĂ© Ă  rechercher le jeune homme Ă  pied. L’autre policier, a contournĂ© le domicile du dĂ©funt pour le retrouver.

Au cours de la fuite du jeune homme, le policier a remarquĂ© Baidaga avec le couteau Ă  la main. Il a arrĂȘtĂ© le scooter au croisement des rues Jabotinsky et Herzl, Ă  quelques centaines de mĂštres de la maison , et lui a demandĂ© de jeter le couteau immĂ©diatement. Selon le policier, le suspect a commencĂ© Ă  courir vers lui avec le couteau et il a donc tirĂ© sur lui au milieu du corps. Les tĂ©moins oculaires ont estimĂ© la distance entre les deux Ă  quelques mĂštres.

L’avocat Sagi Blumenfeld, du bureau de Bartal-Cohen, qui reprĂ©sente le tireur, a dĂ©clarĂ© : « Le policier a Ă©tĂ© contraint de tirer en dernier recours car il Ă©tait menacĂ© de mort. Dans ces circonstances, il a agi lĂ©galement, et nous sommes certains que ce sera le cas. Nous partageons le chagrin de la famille. « 

La famille a exprimĂ© son ressentiment Ă  l’Ă©gard de la conduite des policiers, qui, selon eux, avaient la main facile sur la gĂąchette. Son frĂšre, David Baidaga, a dĂ©clarĂ© : « Lorsqu’un terroriste vient mener une attaque, on nous dit : » Ne tirez pas « , et mĂȘme s’il tire, ils le feront sur les jambes, il s’agit ici d’un civil et le policier a choisi de tirer sur le haut du corps. « Yehouda Ă©tait une personne complĂštement normative, il a Ă©tudiĂ© et a Ă©tĂ© remarquable dans ses Ă©tudes, ses professeurs en tĂ©moignent, il Ă©tait dans une yeshiva avant l’armĂ©e. »

« J’ai grandi avec lui, il a eu un problĂšme et il est tombĂ© malade, il prenait des mĂ©dicaments et il s’est arrĂȘtĂ©. Hier, il a pris un couteau et est devenu fou Ă  la maison », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Ils lui ont tirĂ© dans la tĂȘte et l’homme ne s’est pas sauvĂ© dehors, ils l’ont abattu dans un passage pour piĂ©tons, j’ai demandĂ© au policier ce qui s’Ă©tait passĂ©, ils m’ont dit d’aller Ă  l’unitĂ© de soins intensifs et ils ne m’ont pas laissĂ© le voir. »

Le beau-frĂšre, qui fait du bĂ©nĂ©volat depuis quatre ans au sein de la police, a ajoutĂ© avec colĂšre : « Chaque week-end, je fais du bĂ©nĂ©volat et demain, je jette l’uniforme… Je ne peux plus les voir. »

Selon la famille, les problĂšmes mĂ©dicaux de Baidaga ont commencĂ© pendant son service militaire lorsqu’il a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  la base : « Je veux que tout le peuple d’IsraĂ«l assiste Ă  l’enterrement », a dĂ©clarĂ© le beau-frĂšre. « Pourquoi n’ont-ils pas tirĂ© une balle en l’air, plus tĂŽt que la tĂȘte pour le tuer ? »

La dĂ©putĂ© Pnina Tamano Shata (« Yesh Atid ») a rĂ©pondu Ă  l’incident : « Il s’agit d’un incident grave dans lequel un jeune homme, blessĂ© mentalement et apparemment victime de combats en raison de son service dans l’armĂ©e, a Ă©tĂ© abattu par la police. Les points d’interrogation sont nombreux et surtout la raison pour laquelle le jeune homme a reçu une balle dans la partie supĂ©rieure du corps et n’a pas Ă©tĂ© neutralisĂ© par un tir au bas du corps ? OĂč se trouvaient les autoritĂ©s de protection sociale et de santĂ© avant l’incident et comment nous en sommes arrivĂ©s Ă  cette situation  » ?

« Le DĂ©partement des enquĂȘtes sur la police doit immĂ©diatement intervenir et enquĂȘter sur l’affaire afin de fournir des explications sur cette affaire grave. Ce n’est qu’en 2015 que les immigrants Ă©thiopiens ont quittĂ© la ville pour participer Ă  de grandes manifestations contre la violence policiĂšre et leur comportement envers les jeunes immigrants Ă©thiopiens. « 

Cette personnalitĂ© politique et avocat Tamano-Shata qui s’est employĂ© ces derniĂšres annĂ©es Ă  lutter contre la discrimination et le racisme dans notre sociĂ©tĂ© et Ă  promouvoir les femmes et les minoritĂ©s a rĂ©agi Ă  ce drame :

 » Yehouda Baidaga n’est pas mort au combat en dĂ©pit de servir dans l’armĂ©e, il est mort dans les rues de Bat Yam. Il a contribuĂ© au pays et retournĂ© traumatisĂ© la maison, et vit ainsi dans la la routine quotidienne.
Sa famille n’imaginait pas qu’un instant de dĂ©tresse, une minute d’appels tĂ©lĂ©phoniques Ă  la police tuerait brutalement leur jeune fils, de trois coups de feu, pas aux jambes mais au haut du corps.

Yehouda n’avait aucune chance de survivre. Parce que la question qui se posait Ă©tait de savoir oĂč se trouvait l’aide sociale, oĂč se trouvait le systĂšme de santĂ© ? Au bout du compte, la personne qui l’a pris en charge est la police, il n’a pas Ă©tĂ© neutralisĂ©, il est mort ! Pourquoi ? Il faut une enquĂȘte rapide et approfondie sur ce qui s’est rĂ©ellement passĂ©. «Â