Une série d’engins explosifs a détoné ce mardi matin en plein cœur de Damas, à proximité immédiate de l’hôtel Four Seasons où séjournait le président français Emmanuel Macron, en visite officielle en Syrie. D’autres explosions ont également été signalées près du siège du ministère syrien du Tourisme, dans le même secteur de la capitale.
Une source sécuritaire, citée par l’agence Reuters, a confirmé qu’il s’agissait bien d’engins explosifs déclenchés dans la zone. Un témoin de l’agence présent sur place a entendu les déflagrations et vu d’épaisses volutes de fumée s’élever au-dessus des toits. Dans la foulée, les forces de sécurité syriennes ont bouclé les axes routiers principaux du quartier et renforcé considérablement leur dispositif, procédant à l’évacuation des environs.
Macron n’a rien entendu, déjà en route vers le palais présidentiel
Selon l’Élysée, le président français ne se trouvait déjà plus sur les lieux au moment des explosions. Il se dirigeait vers une rencontre avec le président syrien Ahmed al-Chareh, et n’a donc pas entendu le bruit des déflagrations depuis son convoi. Un journaliste de Reuters intégré à la délégation de presse présidentielle a confirmé n’avoir lui non plus rien remarqué ni entendu au cours des activités matinales du chef de l’État. La télévision d’État syrienne a par la suite diffusé des images montrant Macron accueilli normalement par le président al-Chareh, quelques instants après l’incident.
Ce déplacement constitue un moment hautement symbolique : il s’agit de la première visite d’un chef d’État d’Europe occidentale en Syrie depuis la chute du régime de Bachar el-Assad. Emmanuel Macron avait entamé lundi une visite officielle de deux jours dans le pays, accompagné d’une délégation d’affaires comprenant notamment les dirigeants de TotalEnergies et du groupe de transport maritime CMA CGM. Les discussions devaient porter sur la sécurité régionale ainsi que sur les opportunités d’investissement et de reconstruction en Syrie, un pays exsangue après des années de guerre civile.
Un bilan qui s’alourdit, un couvre-feu instauré
Selon un rapport syrien relayé en Israël, l’explosion des engins piégés aurait fait trois morts et plusieurs blessés, parmi lesquels des membres des forces de sécurité rattachées au président al-Chareh lui-même. Un couvre-feu a été instauré dans le secteur touché, et les routes environnantes sont restées fermées à la circulation plusieurs heures durant.
Un responsable sécuritaire a qualifié l’incident d’« acte criminel », sans pour autant établir de lien formel avec la présence du président français dans la capitale syrienne. Aucun groupe n’a pour l’instant revendiqué la responsabilité de l’attaque. La question de savoir s’il s’agissait d’une tentative visant délibérément la délégation française, ou d’un attentat survenu par pur hasard de calendrier, reste entière à ce stade et continue d’alimenter les spéculations sur place.
L’incident intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la nouvelle administration syrienne, qui cherche à démontrer sa capacité à assurer la sécurité de dignitaires étrangers alors qu’elle tente de sortir le pays de son isolement diplomatique. La visite de Macron devait justement marquer un tournant dans cette normalisation, avec en toile de fond la présence de capitaux français prêts à s’investir dans la reconstruction du pays.
Sur son compte X, avant l’incident, Macron avait affirmé être venu « exprimer l’engagement de la France envers le peuple syrien », plaidant pour « une Syrie souveraine, unie dans sa diversité et en paix avec ses voisins ». Des propos qui prennent, à la lumière des explosions survenues quelques heures plus tard, une résonance particulière.
Pour mieux comprendre les tensions qui traversent la nouvelle Syrie, notre article sur les propos provocateurs du président syrien Ahmad al-Chareh envers Israël éclaire le climat régional dans lequel s’inscrit cette visite. Sur les attentats visant la région de Damas ces dernières années, retrouvez également notre article sur l’élimination d’un haut dirigeant du Hezbollah près de Damas.






