Le journaliste vĂ©tĂ©ran et analyste du Moyen-Orient Ehud Yaari a rĂ©cemment fait une dĂ©claration troublante selon laquelle, juste de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière nord, l’armĂ©e iranienne est en train de s’implanter fermement dans le Golan syrien. Yaari a notĂ© qu’au cours des deux derniers mois, ces forces combinĂ©es ont assiĂ©gĂ© la ville de Deraa, bombardant occasionnellement la ville. A l’intĂ©rieur de la ville se trouvent des groupes rebelles qui refusent de se rendre. L’armĂ©e syrienne a l’intention d’exiler les rebelles dans la rĂ©gion contrĂ´lĂ©e par la Turquie au nord. Les tentatives russes de mĂ©diation ont Ă©chouĂ©.
Deraa revĂŞt une importance particulière car elle a Ă©tĂ© le théâtre des premières manifestations contre le rĂ©gime d’Assad en 2011.
La situation tendue menace d’exploser Ă tout moment. Un autre bombardement de l’armĂ©e syrienne sur Deraa dimanche a tuĂ© six rebelles. L’armĂ©e syrienne a refusĂ© de commenter les informations, mais a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© qu’elle perdait patience avec ce qu’elle a qualifiĂ© de « groupes armĂ©s et terroristes » dans le quartier.
La Syrie apparaissait comme une menace belliqueuse pour IsraĂ«l jusqu’au dĂ©but de sa guerre civile il y a dix ans. Mais Yaari affirme que mĂŞme dans son Ă©tat d’affaiblissement, c’est toujours une menace qu’IsraĂ«l hĂ©siterait Ă aggraver.
Bien que la Jordanie ait exprimĂ© sa volontĂ© de renouer ses liens avec la Syrie, une puissante menace irano-hezbollah Ă sa frontière n’attire pas le roi Abdallah selon Yaari. Il a affirmĂ© que les 4e et 7e divisions de l’armĂ©e syrienne sont dĂ©sormais essentiellement contrĂ´lĂ©es par l’Iran et le Hezbollah, ce qui amplifie encore la menace pour la Jordanie.
Yaari note que la situation est devenue encore plus complexe car IsraĂ«l ne peut pas dĂ©pendre du soutien amĂ©ricain sous l’administration Biden. La perspective d’une prĂ©sence militaire iranienne dominante dans le Golan est, bien sĂ»r, inacceptable pour IsraĂ«l, mais avec la Russie fermement ancrĂ©e dans la base aĂ©rienne de Khmeimim Ă LattaquiĂ©, Tsahal est limitĂ© dans sa capacitĂ© Ă agir contre la prĂ©sence iranienne.
« Les efforts israĂ©liens pour perturber, empĂŞcher ou retarder le dĂ©ploiement de l’Iran et du Hezbollah dans la rĂ©gion du Golan syrien n’ont pas Ă©tĂ© complètement couronnĂ©s de succès », a dĂ©clarĂ© Yaari. « Ils se sont insĂ©rĂ©s dans le système nerveux de l’armĂ©e syrienne – sa chaĂ®ne de commandement – et dans la vie quotidienne de la population locale.
IsraĂ«l est pris dans un Ă©quilibre dĂ©licat, pris entre la Russie, la Syrie, le Hezbollah et l’Iran. Yaari a averti qu’une attaque Ă la roquette du Hezbollah visant des villes israĂ©liennes pourrait ĂŞtre le match qui dĂ©clencherait un enfer majeur dans la rĂ©gion.
« L’Iran sait qu’une fois qu’il aura Ă©rigĂ© un avant-poste militaire dans la rĂ©gion, Tsahal n’hĂ©sitera pas Ă frapper », a-t-il expliquĂ©. « Si IsraĂ«l n’agit pas rapidement, l’Iran et le Hezbollah Ă©tabliront une prĂ©sence militaire significative dans le Golan », a-t-il conclu.
« Le rĂ©sultat sera qu’en raison de l’approbation tacite des autres puissances, par la ruse et la sophistication, l’Iran continuera Ă transformer le Golan syrien et le Houran dans le sud de la Syrie en une branche de la ligne de front libanaise », a Ă©crit Yaari. « Le Hezbollah et ses patrons seront dĂ©ployĂ©s du fleuve Yarmouk Ă la MĂ©diterranĂ©e. Poutine, malgrĂ© ses promesses, ne contrecarre pas ce plan et Assad ne rĂ©sistera certainement pas Ă ceux qui l’ont sauvĂ© d’un soulèvement qui a commencĂ© il y a une dĂ©cennie et qui ne s’est pas encore apaisĂ©.
L’analyse de Yaari Ă©tait Ă©tayĂ©e par un rĂ©cent rapport publiĂ© par un groupe de rĂ©flexion turc qui affirmait que l’Iran avait doublĂ© sa prĂ©sence dans le sud du plateau du Golan syrien, tout en construisant des infrastructures militaires dans la rĂ©gion, en particulier pour un futur conflit avec IsraĂ«l.





