Expert israĂ©lien du Moyen-Orient : la dĂ©marche des États-Unis, suivie de l’incursion turque, sert les intĂ©rĂŞts de la sĂ©curitĂ© israĂ©lienne.

Selon le NY Times, la dĂ©cision du prĂ©sident Donald Trump d’ouvrir la voie Ă  une invasion turque d’une large bande de terre du cĂ´tĂ© syrien de la frontière des deux pays a Ă©tĂ© prise Ă  l’improviste, lors d’un appel tĂ©lĂ©phonique avec le prĂ©sident turc Recep Tayyip ErdoÄźan. En une nuit, Trump a ouvert la porte Ă  un assaut turc massif sur les Kurdes syriens et les mĂ©dias sont consternĂ©s par cette trahison apparente d’un alliĂ© clĂ© qui avait sacrifiĂ© des milliers de personnes lors de la guerre contre ISIS.

Le commentateur politique israĂ©lien et expert du Moyen-Orient, Guy Bechor, n’est pas impressionnĂ© par le sort des Kurdes, qui selon lui collaborent avec le rĂ©gime syrien depuis plusieurs annĂ©es maintenant. De plus, Bechor considère que la dĂ©marche des États-Unis, suivie de l’incursion turque, sert les intĂ©rĂŞts de la sĂ©curitĂ© israĂ©lienne.

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DĂ©crivant la situation en termes de conflit Ă©ternel sunnite-chiite qui divise le monde islamique depuis 1 300 ans, une dĂ©cennie ou plus, Bechor a suggĂ©rĂ© samedi que cette invasion turque (sunnite), avec des milliers – bientĂ´t des dizaines de milliers de milices sunnites bien entraĂ®nĂ©es et bien armĂ©es mobilisent l’armĂ©e du prĂ©sident Bashar al-Assad ainsi que, surtout, les milices iraniennes satellites chiites (bientĂ´t le Hezbollah) qui ont reçu l’ordre d’abandonner le front sud avec IsraĂ«l et de se dĂ©placer au nord et construire des dĂ©fenses contre l’invasion.

En d’autres termes, l’action de Trump, qui a conduit Ă  celle d’ErdoÄźan, a ravivĂ© la guerre civile syrienne et le tourbillon qui entraĂ®ne la violence arabe dans toute la rĂ©gion. Et cela, en ce qui concerne IsraĂ«l, est une très bonne chose.

Le changement créé par le président Trump en retirant quelques dizaines de soldats américains a été si important que le président russe Vladimir Poutine, samedi, dans une interview accordée à Al Arabiya, Sky News Arabia et RT, a déclaré que «ceux qui sont illégalement présents à [ […] La Syrie devrait quitter la région », qui inclut tous les pays impliqués. En effet, Poutine a déclaré que Moscou se retirerait également de la Syrie si le gouvernement syrien décidait que les troupes russes devaient partir.

La gĂ©nĂ©rositĂ© dĂ©bordante de l’homme…

Le prĂ©sident Trump, pour sa part, rĂ©fute l’affirmation selon laquelle son geste avait Ă©tĂ© accompli Ă  la volĂ©e, insistant sur le fait que le retrait Ă©tait une rĂ©alisation de sa promesse de campagne:

«J’ai Ă©tĂ© Ă©lu Ă  la sortie de ces guerres sans fin ridicules, oĂą notre grand armĂ©e fonctionne comme une opĂ©ration de police au profit de personnes qui n’aiment pas les États-Unis», a-t-il tweetĂ© le 7 octobre. «Les deux pays les plus malheureux de cette dĂ©cision concerne la Russie et la Chine, car ils adorent nous voir enlisĂ©s, veiller sur un bourbier et dĂ©penser beaucoup d’argent pour le faire. Lorsque j’ai pris mes fonctions, nos forces armĂ©es Ă©taient totalement Ă©puisĂ©es. Maintenant, elles sont plus fortes que jamais. Les guerres sans fin et ridicules SE TERMINENT! Nous allons nous concentrer sur la grande image, sachant que nous pouvons toujours revenir en arrière! »

Dimanche matin, Trump a tweetĂ©, en rĂ©ponse aux attaques bi-partisanes sur sa dĂ©cision de quitter le nord de la Syrie: «Les mĂŞmes personnes qui nous ont conduits dans le Quicksand au Moyen-Orient, 8 milliards de dollars et plusieurs milliers de vies de l’autre cĂ´tĂ©, se battent maintenant pour nous y maintenir. N’Ă©coutez pas les gens qui n’ont pas la moindre idĂ©e. Ils se sont rĂ©vĂ©lĂ©s incompĂ©tents!

Il parlait plus prĂ©cisĂ©ment du vieux GOP, ainsi que de la sĂ©natrice Hillary Clinton (D-NY) et de la plupart des sĂ©nateurs dĂ©mocrates, qui ont soutenu en 2003 la dĂ©cision du prĂ©sident GW Bush d’envahir l’Irak et de se dĂ©barrasser d’un homme qui Ă©tait autrefois l’alliĂ© le plus fidèle, des USA, Saddam Hussein. En utilisant de l’argent empruntĂ©, l’administration Bush a dĂ©truit la minoritĂ© sunnite au pouvoir, transformant l’Irak en un alliĂ© proche de l’Iran chiite, alors mĂŞme que les sunnites se rĂ©organisaient en ISIS, semant la peur dans le cĹ“ur de chaque dirigeant occidental et musulman pendant une dĂ©cennie.

Becor affirme qu’en se retirant du nord de la Syrie – tout en maintenant ses 2 000 soldats amĂ©ricains environ dans l’est de la Syrie, en protĂ©geant les Kurdes et, plus important encore, les champs de gaz situĂ©s Ă  l’ouest de l’Euphrate – Trump rĂ©tablit l’Ă©quilibre religieux dans la rĂ©gion et affaiblit l’emprise iranienne sur les zones situĂ©es le long de la frontière israĂ©lienne.