Finale de l’Eurovision 2026 : Noam Batan monte sur scène ce soir — à quelle heure et comment voter pour Israël ?

Finale de l’Eurovision 2026 : Noam Batan monte sur scène ce soir — à quelle heure et comment voter pour Israël ?

Ce soir (samedi 16 mai, en sortie de shabbat), Noam Batan foule la scène de la grande finale de l’Eurovision 2026 diffusée en direct depuis la Wiener Stadthalle de Vienne sur Kan 11. Sa chanson : « Michelle », une ballade trilingue — français, hébreu, anglais — qui lui vaut d’être l’un des candidats les plus attendus d’une édition plus politisée que jamais.

L’émission commence à 22h00. Noam Batan et ses danseuses sont attendus sur scène aux alentours de 22h20 : il passe en troisième position dans l’ordre de passage, ce qui en fait l’un des premiers à se produire dans la soirée. Ce chiffre 3 a aussi une utilité pratique : c’est le numéro à composer pour voter en faveur de la chanson israélienne. Le vote n’ouvrira qu’après le passage de tous les candidats, soit vers minuit.

Une précision s’impose : les téléspectateurs israéliens ne peuvent pas voter pour leur propre représentant, conformément aux règles du concours. En revanche, amis et famille résidant à l’étranger le peuvent — et le moment est venu de le leur rappeler.

« Michelle », une chanson née dans l’ombre du 7 octobre

Batan a remporté le droit de représenter Israël le 20 janvier dernier en gagnant l’émission HaKokhav HaBa L’Eirovizion. « Michelle » n’est pas une reprise des Beatles, mais une composition originale co-écrite notamment par Yuval Raphael — la représentante israélienne de l’an dernier, deuxième de l’Eurovision 2025 à Bâle. C’est la première chanson israélienne depuis « Unicorn » de Noa Kirel à ne comporter aucune référence directe aux attaques du 7 octobre. Elle évoque, dans ses paroles mêlant les trois langues, la difficulté de tourner la page d’une relation toxique.

Noam Batan, artiste franco-israélien de 28 ans, s’était préparé à affronter une atmosphère hostile. Avant la demi-finale du 12 mai, il avait confié à la radio Kan Gimmel : « Ce sera comme entrer dans la fosse aux lions. Mais quand je verrai quelques drapeaux israéliens dans le public, j’aurai conscience d’avoir une nation entière derrière moi. » Il s’était même entraîné en répétant sur fond de huées enregistrées pour ne pas être déstabilisé.

La promesse n’était pas vaine. Lors de la première demi-finale, des cris « stop the genocide » ont résonné dans la salle au début de la performance — perceptibles en direct à l’antenne. La chaîne publique autrichienne ORF, qui diffuse le concours, avait d’ailleurs annoncé à l’avance qu’elle n’utiliserait pas de technologie pour atténuer les sifflets et qu’elle n’interdirait pas les drapeaux palestiniens. Batan a chanté jusqu’au bout. Israël s’est qualifié.

Une édition sous tension record

L’édition 2026 est celle du 70e anniversaire du concours, et elle entre dans l’histoire pour des raisons peu glorieuses : jamais autant de pays n’avaient boycotté l’Eurovision. L’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Islande ont annoncé leur retrait en décembre, après que l’Union européenne de radio-télévision (UER) a refusé d’exclure Israël de la compétition. Avec seulement 35 pays participants, c’est l’édition la moins fournie depuis 2003.

Plus d’un millier d’artistes — dont Peter Gabriel, Brian Eno et le groupe Massive Attack — ont signé une pétition intitulée « Pas de musique pour un génocide », appelant au boycott du concours. Du côté des participants qui ont maintenu leur présence, les déclarations hostiles se sont multipliées. La candidate suédoise Felicia avait affirmé à la télévision que la participation israélienne était inacceptable, avant d’être rappelée à l’ordre par l’UER.

La situation a aussi engendré des changements de règles notables : chaque téléspectateur ne dispose plus que de dix votes, et des mécanismes ont été mis en place pour détecter les tentatives de manipulation du scrutin. Ces ajustements font suite aux accusations d’ingérence de l’an dernier, après la deuxième place de Yuval Raphael au vote du public — résultat contesté par plusieurs diffuseurs.

La Finlande, favorite qui refuse de parler aux médias israéliens

Le concours se déroule cette année dans l’ombre d’une incongruité que la délégation finlandaise a rendue particulièrement visible. Le duo finlandais — Linda Lampenius au violon et Pete Parkkonen au chant — est l’un des grands favoris de l’édition selon les bookmakers. Leur chanson « Liekinheitin » (littéralement « lance-flamme ») a enflammé la Stadthalle en demi-finale.

Or, l’article de Srugim le signale avec une ironie à peine voilée : si jamais vous aviez envisagé de voter pour la Finlande, sachez que la délégation finlandaise a refusé d’accorder des interviews aux médias israéliens lors de la cérémonie d’ouverture du concours. Un choix politique assumé, à quelques jours de la finale, qui dit beaucoup sur le double langage qui traverse certaines délégations européennes.

À noter que la violoniste Linda Lampenius avait initialement qualifié la participation israélienne d’ »erreur » sur ses réseaux sociaux en février, avant de revenir sur ses propos en estimant, mi-avril, que la musique ne devait pas être mêlée à la politique.

Cinquième qualification en six ans

Pour Israël, cette finale est la cinquième qualification en six ans — un palmarès solide dans un contexte de plus en plus hostile. Depuis l’introduction des demi-finales en 2004, Israël s’est qualifié pour la finale à quatorze reprises. Le pays a remporté le concours à quatre reprises dans son histoire, la dernière victoire datant de 2018 avec Netta Barzilai.

Cette année, Batan arrive à Vienne avec un avantage symbolique certain : sa chanson, partiellement chantée en français, touche une large audience européenne. Et le fait qu’elle ait été co-écrite par Yuval Raphael — qui connaît la scène de l’Eurovision mieux que quiconque après sa deuxième place en 2025 — n’est pas anodin.

Les drapeaux israéliens ont été vus dans le public lors de la demi-finale. Des supporters en vêtements festifs aux couleurs d’Israël ont été filmés par les caméras du concours. Batan avait déclaré après la qualification : « Je me sens formidable. Quelle performance incroyable — mama’la! »

Ce soir, le résultat.


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