Le traitement dopé à l’IA d’une start-up israélienne montre des résultats prometteurs contre Parkinson, avec 36 millions de dollars levés et le soutien de Merck

La start-up israélienne de santé numérique Remepy a levé 36 millions de dollars pour faire entrer en essai clinique mondial de phase III une approche inhabituelle du traitement de la maladie de Parkinson : associer l’un des médicaments de référence de la maladie à une thérapie numérique personnalisée, pilotée par intelligence artificielle et délivrée via un smartphone.

Ce tour de table de série A a été mené par O.G. Venture Partners et M Ventures, le bras d’investissement stratégique du géant pharmaceutique allemand Merck KGaA. Ce financement porte à 62 millions de dollars le montant total levé par Remepy, et lui donne les moyens de faire avancer son programme phare contre Parkinson, baptisé Hybridopa, tout en élargissant ses partenariats avec de grands laboratoires pharmaceutiques.

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Un « médicament hybride » entre pilule et application

Hybridopa repose sur ce que Remepy appelle un « médicament hybride ». Plutôt que de traiter le logiciel comme un simple outil de bien-être ou de rééducation séparé, l’entreprise associe directement un médicament sur ordonnance à un programme thérapeutique numérique personnalisé. Dans le cas de Parkinson, Hybridopa combine un traitement à base de lévodopa avec une application délivrant des exercices adaptatifs moteurs, cognitifs, psychologiques, orthophoniques et de rééducation.

Cette approche s’attaque à un défi de longue date dans la prise en charge de Parkinson. Des médicaments comme la lévodopa restent centraux pour contrôler les symptômes, mais les patients ont souvent besoin, en parallèle, de kinésithérapie, de travail cognitif, d’orthophonie et d’autres interventions — des soins auxquels il n’est pas toujours facile d’accéder de manière régulière. Remepy tente d’intégrer une partie de cette approche pluridisciplinaire dans un traitement que les patients peuvent suivre chez eux, tout en poursuivant leur traitement médicamenteux habituel.

Les premières données cliniques ont attiré l’attention. Dans une étude pilote évaluée par des pairs et publiée dans la revue Brain Communications d’Oxford University Press, 42 patients parkinsoniens sous lévodopa ont été répartis de façon aléatoire entre l’application numérique DopApp de Remepy et une application placebo, pendant trois semaines. Trente-neuf d’entre eux ont mené l’étude à son terme conformément au protocole.

Les patients recevant l’intervention active ont enregistré une amélioration moyenne de 9,7 points sur l’échelle MDS-UPDRS, un outil de référence pour évaluer Parkinson, contre 1,95 point pour le groupe placebo. 65 % des patients du groupe actif ont franchi le seuil défini par l’étude comme cliniquement significatif, contre 15,8 % dans le groupe placebo. Les chercheurs ont également constaté des améliorations significatives des scores d’examen moteur, ainsi qu’une réduction des symptômes dépressifs.

L’imagerie cérébrale a fourni un signal supplémentaire intrigant : l’analyse par IRM fonctionnelle a révélé des changements de connectivité dans les réseaux cérébraux moteurs et limbiques, corrélés aux améliorations mesurées durant l’essai. Les chercheurs décrivent ces résultats comme une preuve préliminaire que des interventions numériques ciblées pourraient être capables de renforcer les effets des traitements classiques de Parkinson.

Encore au stade expérimental

Cette précision est importante : Hybridopa reste à un stade expérimental, n’a pas encore été approuvé par la FDA, et l’essai de phase IIa portait sur un échantillon restreint et une durée courte. Le véritable test viendra lorsque Remepy tentera de reproduire ces résultats sur une population de patients beaucoup plus large et diversifiée. L’entreprise indique que son programme mondial de phase III devrait débuter au quatrième trimestre, une partie du nouveau financement de 36 millions de dollars étant destinée à faire avancer le traitement vers cette étape déterminante.

Les ambitions de Remepy dépassent le seul cadre de Parkinson. L’entreprise a récemment conclu une collaboration stratégique avec Merck KGaA pour développer des « médicaments hybrides » sur d’autres pathologies, en commençant par des tumeurs rares. Pour les laboratoires pharmaceutiques, Remepy fait valoir que l’association de médicaments à des logiciels adaptatifs pourrait non seulement améliorer les résultats cliniques, mais aussi ouvrir de nouvelles façons de personnaliser des médicaments existants et de构 bâtir une nouvelle propriété intellectuelle autour d’eux.

L’entreprise israélienne a été fondée par une équipe mêlant technologie et neurosciences, dont l’entrepreneure en série Dr Michal Tsur et le professeur Amir Amedi, de l’université Reichman. Tsur avait déjà cofondé la société israélienne de cybersécurité Cyota aux côtés de Naftali Bennett, avant sa vente à RSA pour 145 millions de dollars, puis cofondé l’entreprise de technologie vidéo Kaltura.

Pour Remepy, la prochaine étape pourrait déterminer si les « médicaments hybrides » deviennent bien plus qu’un concept prometteur de la healthtech. Si un essai de phase III à grande échelle confirme les premiers résultats obtenus sur Parkinson, une start-up israélienne pourrait contribuer à faire évoluer le médicament sur ordonnance vers un modèle où le comprimé et le logiciel sont conçus pour fonctionner comme un traitement unique.


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